Incursion dans le milieu controversé du graffiti

Culture_BenjaminLe Bonniec_Incursion dans le milieu controverse du graffiti_19 fevrier 2015_Credits Jean-Francois Dupuis PhotographeRencontre au cœur de la sphère du graffiti sherbrookois. Tête-à-tête avec Guillaume Cabana dImpair Collectif, cofondateur du festival dart urbain Amalgam.

Par Benjamin Le Bonniec

Fort de trois premières éditions hautes en couleur, le festival d’art urbain Amalgam revient une nouvelle fois cette année. Plein de promesses à l’horizon pour cet évènement dont les objectifs sont clairs : promouvoir le street art, embellir le centre-ville de Sherbrooke et agir en faveur d’une limitation des actes de vandalisme lié au graffiti. C’est en 2012 que Guillaume Cabana et Vincent Cloutier lancent leur projet de réunir, pour quelques jours, plusieurs artistes afin de faire découvrir cet art aux yeux de tous, ceci dans une démarche positive en faisant prendre des couleurs au Centro tout en redorant le blason d’un art souvent décrié. Dans le milieu du graffiti, les frontières entre le vandalisme et l’art sont parfois difficiles à cerner.

À l’origine, c’est en toute illégalité qu’une poignée d’artistes de rue tentait de se donner une visibilité artistique en multipliant les actions « coup de poing » à travers le centre-ville. « On était assez offensif à l’époque dans notre démarche. Nos sorties étaient vraiment planifiées, on visait des places en choisissant des dates particulières pour éviter les risques de se faire prendre, tout en se positionnant dans des endroits stratégiques. » Mais petit à petit, la ville de Sherbrooke s’est inscrite dans une volonté de limiter ces actes de vandalisme, « c’était l’une des villes au Canada où il y avait le plus d’argent concédé à la répression des actes de vandalisme lié au graffiti. » Le milieu est souvent réputé pour s’exposer à des actes illégaux par l’atteinte à la propriété privée, sans compter que ça coûte cher aux contribuables tellement les coûts de nettoyage sont dispendieux. Désireux de contribuer à un embellissement du centre-ville, « c’est laid un mur gris sous un pont », Guillaume se voit progressivement confier par la mairie une mission d’ordre public visant à limiter ces actes frauduleux.

Dès lors, des interventions dans les écoles se multiplient. Aussi, lui-même artiste, il se retrouve à donner des cours de graffiti dans les écoles et les maisons des jeunes. « Mon objectif était que le graff devienne une échappatoire pour les jeunes en difficulté; en échange ils devaient respecter des conditions fixées. Je voulais les aider! » De plus, des contrats avec des écoles ou des organismes publics, sur commande ou en toute liberté de création, sont signés favorisant une visibilité grandissante à l’échelle locale, mais aussi à Montréal.

C’est donc dans une double approche qu’est apparue petit à petit l’idée d’un festival pour limiter le vandalisme lié à l’art urbain tout en offrant une visibilité à une forme d’art en pleine effervescence. Bien qu’ils bénéficiaient du soutien du conseil municipal, « c’est en toute indépendance et en étroite collaboration avec l’association du Centro que nous agissons grâce à des autorisations légales pour laisser la place aux artistes de s’exprimer. » Le 4 février dernier, le Comité consultatif centre-ville 2020 dévoilait au Théâtre Granada le plan directeur du futur aménagement de l’aire urbain du cœur de la ville. L’objectif est clair : dynamiser l’environnement de la rue Wellington pour en faire un lieu attractif pour la population. Dans cette optique, l’avènement pour une nouvelle année d’un festival lié à la promotion de l’art urbain et favorable à un embellissement de l’aire urbain se révèle être une véritable opportunité tant la ville regorge de jeunes artistes talentueux au service de la communauté.

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