Je découvre les sports - Le tchoukball, le plus collectif des sports collectifs

sports-tchoukball-credit http_--www.laregion.ch-une-medaille-made-in-taiwan--« Un pour tous, tous pour un ». La célèbre devise suisse représente à merveille le tchoukball, sport dont ils sont les créateurs. Basé sur des prémisses humanistes, ce jeu rapide et technique mise sur le plaisir et la participation de tous, au détriment du désir de dominer l’adversaire.

Par Jean-Philippe Ouellette

L’histoire débute à la fin des années soixante, alors que les Beatles et les Rolling Stones trônent au sommet des palmarès. À Genève, le Dr Hermann Brandt s’intéresse aux traumatismes dus aux sports collectifs. Son constat est sans équivoque: les sports modernes sont trop violents et forcent leurs acteurs à exécuter des mouvements inadaptés à leur physiologie.

Loin de se démonter, il décide de façonner un jeu social et amusant, sans l’aspect agressif des autres sports d’équipe. Il développe les règles avec l’objectif particulièrement ambitieux de « contribuer à l’édification d’une société humaine valable ». Le tchoukball met ainsi moins de l’avant l’élitisme, au profit du plaisir de jouer et de la communication entre les joueurs. Soyons clairs: si un sport collectif peut se targuer de se tenir loin de tous les problèmes de violence, de dopage et d’individualisme, c’est bien le tchoukball.

Un sport plein de rebondissements

Les parties opposent deux équipes mixtes de sept joueurs chacune, sur un terrain de 14 mètres sur 24 mètres. Habituellement joué dans un gymnase, le tchoukball se pratique aussi dans le sable. Les joueurs cherchent à envoyer le ballon, similaire à celui du handball, sur deux cadres (trampolines) disposés de chaque côté du terrain.

Un point se marque lorsque le ballon touche le sol hors du demi-cercle avant qu’un adversaire ne l’attrape. Un joueur peut aussi donner un point à l’adversaire s’il rate le cadre ou si le ballon rebondit à l’extérieur des délimitations. Notons qu’il est possible de faire des tirs sur chacune des trampolines puisqu’aucune d’entre elles n’est dédiée à une équipe en particulier. Toutefois, il est interdit de toucher un cadre plus de trois fois de suite.

L’important, c’est de participer

Les équipes se voient octroyer un maximum de trois passes avant de tirer, excluant celle d’engagement. Le ballon change de camp si le seuil de passes est excédé ou s’il se retrouve au sol. Une fois en possession, le joueur ne peut faire que trois pas et n’a pas le droit de dribler. Ces limites forcent les joueurs à redoubler de créativité et de vitesse lors des échanges, qui mènent la plupart du temps à de spectaculaires lancers en suspension.

Le tchoukball demande beaucoup de cardio puisque les joueurs ont constamment à se positionner à l’endroit optimal pour recevoir le ballon. Contrairement à la majorité des sports collectifs, les contacts et les agressions corporels sont interdits. Les joueurs de tous les calibres jouent donc au meilleur de leurs capacités.

L’accessibilité du tchoukball est son pire défaut et sa plus grande qualité. En effet, de nombreuses écoles l’intègrent à leurs cours d’éducation physique sans avoir l’organisation nécessaire, ce qui peut diminuer son attrait. Toutefois, cela permet de démocratiser un sport adapté à un public varié qui est parfois, quoique pas toujours, rebuté par la violence du canon sportif occidental.

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