« Je me sens comme dans un cauchemar » - Laurence Vincent-Lapointe

Par Jean-François Eddie

Après avoir échoué à un contrôle antidopage hors compétition, la canoéiste québécoise Laurence Vincent-Lapointe risque une suspension de quatre ans. La multiple championne du monde compromet sa participation aux Jeux olympiques à Tokyo en 2020.

Dévastée par les résultats

Canoë-Kayak Canada (CKC) a annoncé le 19 août dernier que Vincent-Lapointe avait échoué à un test d’urine en raison de la présence d’une substance interdite, le ligandrol. L’espoir de médaille aux prochains Jeux olympiques est ainsi suspendu momentanément, mettant un terme abrupt aux Championnats du monde présentement en Hongrie. L’athlète québécoise de 27 ans a rencontré les médias, en compagnie de son avocat Adam Klevinas, en début de semaine.

« Pourquoi aurais-je voulu tout risquer à un an des Jeux olympiques? Je sais que je peux être la meilleure sans aide artificielle. Pour moi, j’ai toujours considéré les dopés comme des tricheurs. Ces gens-là ne méritent pas de gagner dans le déshonneur. Mais voilà qu’un test me place dans une situation que je ne comprends pas. Je ne sais pas comment je suis arrivée là. J’aimerais me réveiller de ce mauvais rêve. »

Laurence Vincent-Lapointe devra attendre son audience à l’automne pour savoir si sa participation aux prochains JO est compromise. Visiblement sous le choc, l’athlète québécoise dit ne pas en croire ses yeux : « Je me sens comme dans un cauchemar. Je n’arrive toujours pas à croire ce qui m’arrive. Depuis que j’ai appris que mon test était positif, il y a quelques jours à peine, j’ai tout mis en œuvre, avec le support de CKC et dans un court laps de temps, pour trouver d’où provient cette substance interdite trouvée dans mon test et prouver que je suis innocente, honnête et une athlète propre. »

Contamination de supplément?

Après son test positif, Vincent-Lapointe estime qu’une possible contamination a eu lieu en raison d’un contact avec des suppléments alimentaires. L’industrie des suppléments étant peu réglementée, certains cas de contamination croisée ont déjà été observés chez des athlètes de haut niveau.

« Il y a une explication, a indiqué l’avocat. Nous sommes certains que ce n’est pas elle qui ait pris cette substance intentionnellement. Si on trouve l’origine et c’est une question de contamination, selon les règles, on peut avoir une suspension permettant de participer aux Jeux olympiques l’année prochaine. »

Par ailleurs, il existe toujours la possibilité d’un sabotage selon Vincent-Lapointe. Un adversaire aurait pu lui tendre un guet-apens afin de disqualifier l’athlète québécoise de la compétition. « Quand tu te retrouves dans une telle situation, tu penses à toutes les possibilités, a-t-elle dit. J’ose espérer que ce n’est pas du sabotage, car j’aime les gens avec qui je m’entraîne et j’aime les gens avec qui je compétitionne. »

Malgré la situation, CKC ont indiqué supporter la multiple championne du monde. Étant donné que la substance retrouvée est minime, il est peu probable que la faute soit intentionnelle, selon l’organisation.

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