Je m’en occupe, ou peut-être pas finalement…

Par Oumayma Anis

Vendredi le 6 décembre 2019, Le Collectif a assisté à la représentation à Sherbrooke du spectacle Je m’en occupe, de Philippe Laprise. Un spectacle à voir? Cette critique du spectacle vous le laissera savoir!

Crise de la quarantaine

Thème inspirant plusieurs de ses blagues, la crise de la quarantaine est selon Philippe Laprise l’occasion de s’asseoir et de prendre le temps de faire le point sur sa vie. Ai-je choisi le bon métier ? Suis-je un bon père ? Justement, abordons sa carrière.

Natif de Jonquière, il est né en 1976. La vie le conduit à l’École nationale de l’humour d’où il sort diplômé en 2002. Dès sa graduation, il performe dans les meilleurs bars et cabarets d’humour au Québec. Il se fait connaitre du grand public en 2005, alors qu’il performe sur la scène du Festival Juste Pour Rire ainsi que sur celle du Gala Méchant Malade. S’attaquant à un nouveau défi, il devient chroniqueur télé à l’émission Faisons l’humour au Canal Vox. Tous ses efforts sont récompensés en 2009 alors qu’il est sacré Découverte de l’année au Gala Les Olivier. L’année 2010 est une année charnière pour le stand up comic. En effet, il lance son tout premier spectacle solo Je peux maintenant mourir et joue le rôle de Phil dans l’émission Vrak La Vie, qui le fera connaitre des jeunes. En 2011, il anime l’émission Ça sent drôle! Il faudra attendre jusqu’en 2014 pour que l’humoriste parte en tournée à nouveau et offre un nouveau spectacle, soit Plus sexy que jamais. Depuis, il anime, il improvise, il joue et il repart en tournée pour son troisième spectacle Je m’en occupe! en 2018.

Un public bien trop inspirant

Philippe Laprise, qui est un improvisateur de talent, a beaucoup trop improvisé. Des interactions avec le public, c’est toujours apprécié, mais lorsqu’il y en a trop ça gâche le plaisir. D’autant plus que la surutilisation de l’improvisation donne l’impression que le spectacle est décousu, même si le comédien a pris la peine de répéter à multiples reprises qu’il avait une ligne directrice, cinq blagues pour les garçons et un rythme à suivre. D’ailleurs, ledit rythme sert très mal le spectacle. Il y a des longueurs là où il ne devrait pas y en avoir et il y a également énormément de répétitions lorsqu’il conte une anecdote. Les deux premières répétitions passent, la troisième moins, à la quatrième; on connait la chanson. Il aurait fallu qu’il y ait un entracte pour casser le rythme, permettre au public de souffler et à l’artiste de se recentrer et partir de plus belle. Deux heures sans entracte, c’est lourd.

Au-delà de ça, les sujets dont il s’inspire sont un véritable terreau fertile, mais l’exploitation est pénible. Personne n’a rien contre l’utilisation des stéréotypes dans un spectacle d’humour, mais en 2019, on ne peut pas juste se contenter de les dire et s’attendre à ce que tout le monde rie. Il faut qu’il y ait de la chair autour.

Au final, le spectacle est polarisant. C’est soit on aime ou on n’aime pas. Il y a des blagues très comiques, mais sur les deux heures, elles étaient peu nombreuses. Dans la salle, il y avait autant de personnes qui riaient à gorge déployée que de personnes qui se demandaient ce qu’elles faisaient là.

À vous de décider si vous prenez le risque ou pas.


Crédit Photo @ En Vedette

Partager cette publication

Laisser une réponse