Je suis cynique et j’ai peur de parler, même dans un journal étudiant indépendant!

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Ça se peut-tu, avoir l’impression d’avoir si peu d’options dans nos choix de candidats parce que, d’une façon ou d’une autre, on a l’impression de voter pour un parti de bullshit ou un parti de novice qui a encore la couche aux fesses…

Laurie Marchand

Plus que jamais je suis indécise quant à mon vote. J’ai l’impression de pouvoir élire ou bien des véreux ou bien des rêveux… On fait juste interchanger 2 lettres pi on y est. Mais ça fait pas bin bin avancer quoi que ce soit cette situation-là. Et l’entrée en jeu de PKP dans tout ça, moi, ça me fait un peu peur en fait. S’il faut que les plus grandes entreprises médiatiques jouent aux fesses avec les partis politiques, ça va sentir le pet t’à l’heure! Pi encore, on se ferait de beaux grands leurres de prétendre que la situation n’est pas déjà comme telle !

On sait que les journaux, les chaînes de radio et surtout la télé ont beaucoup d’influence sur l’opinion publique. C’est pas moins vrai lors des élections. PKP peut très bien faire ses petites CDP (commande du patron) que Jean Charest a déjà décrites par le passé… Reste à savoir si elles existent réellement ces CDP-là, mais moi, ça me rend un peu mal à l’aise quant à l’objectivité des propos qui peuvent être énoncés en ondes.

Et en ce moment je suis moi-même mal à l’aise, mais pour des raisons personnelles. Oui, personnelles, parce que j’ai l’impression que si je brasse la cage, si je dis à voix haute des choses que je déplore, je risque de me mettre à dos un possible futur employeur. Parce que j’en ai entendu des histoires de jeunes journalistes/éditorialistes étudiants qui ont perdu des emplois fraîchement acquis parce que le boss en haut était pas d’accord avec leurs textes écrits dans un journal étudiant!

Quand la presse, même indépendante, même jeune, même supposément irrévérencieuse mâche ses mots, c’est qu’il y a un contrôle, une grosse main invisible répressive qui se fait sentir comme un nuage gris au-dessus de nos têtes. C’est à croire que les médias ont de la facilité à fouiller le passé des gens pour trouver des squelettes, mais aussi à passer l’éponge si c’est ce qui convient le mieux aux intérêts personnels du boss…

Vous comprenez qu’en impliquant les médias dans la politique, on tombe facilement dans cette game-là, subtile, mais présente, de parler de ce qui fait notre affaire et de taire le reste.

Pendant ce temps-là, moi j’écris un petit édito propret, qui fera à peine de remous, en espérant que les lecteurs sauront lire entre les lignes, mais que ces entrelignes-là me fermeront pas des portes en pleine face.

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