Par Alexandre Cadieux

L’ancien premier ministre québécois, Jean Charest, est maintenu sous les projecteurs depuis quelques semaines. La possibilité qu’il se présente à la course de la chefferie a fait énormément parler dans les médias. Le «kid» de Sherbrooke est, selon plusieurs, un candidat idéal pour enfiler les souliers d’Andrew Sheer.

Un retour aux sources pour l’ancien premier ministre québécois

M. Charest a été le chef du parti conservateur progressiste du Canada de 1993 à 1998. En plus de posséder l’expérience de chef de parti, M. Charest possède un atout considérable pour ce poste. Maitriser le français est primordial pour percer au Québec en élection fédérale. Nous l’avons vu aux dernières élections, l’élocution de Yves-François Blanchet lors des débats et des parutions publiques ont charmé les Québécois. Contrairement à M. Sheer, qui avait de la difficulté à exprimer les points de vue de son parti lors des débats. Jean Charest serait donc un bon candidat pour ce poste par son expérience politique et sa maitrise du français et de l’anglais. Parmi les candidats présentés, il serait probablement le candidat le mieux outillé pour faire face à Justin Trudeau.

Un appui mitigé au Québec

 Cependant, il y a anguille sous roche pour l’ex-premier ministre du Québec. Une très grande majorité des Québécois n’ont pas oublié les accusations de corruptions portées contre le gouvernement de Jean Charest. À l’aube du résultat de l’enquête Machûrer, il est important de rappeler que M. Charest est toujours innocent jusqu’à preuve du contraire. Il en demeure tout de même que plusieurs faits troublants aient été rapportés sur des haut placés du Parti libéral, notamment l’ancien argentier Marc Bibeau, qui fait face à des allégations de trafic d’influence et de dons électoraux illégaux. Il y a donc fort à parier que les Québécois seront plus au moins susceptibles de vouloir voter pour lui. Même si M. Charest est déclaré non coupable par l’UPAC, le lien de confiance entre M. Charest et le Québec sera dur à rétablir.

Pour ce qui est du cynisme politique?

Pour l’instant, Jean Charest est toujours innocent. Cependant, il est difficile d’imaginer M. Charest occuper à nouveau un poste de gestion au sein du gouvernement canadien ou québécois. Plusieurs transactions monétaires louches sous le gouvernement Charest ont été rapportées. Il est tout de même ahurissant qu’un homme faisant face à de telles accusations de corruption envisage de se présenter comme chef de parti politique. Une telle action ne peut qu’augmenter la méfiance et la haine envers les élus politiques au Canada. Une course à la chefferie du Parti conservateur progressiste de la part de Jean Charest ne pourrait qu’augmenter le cynisme politique au Québec. À une époque où on assiste à un essoufflement de la démocratie, il est primordial de tout faire pour conserver la confiance des électeurs.


Crédit Photo @ Radio-Canada

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