Par Anthony Lacroix

Le célèbre poète attendait en retrait, telle une «rockstar» en coulisse, pendant que Nicholas Giguère lisait sa biographie aussi fournie que celle d’un pape. Puis il avança tranquillement vers l’avant, micro casque et bouteille d’eau à la main, j’entendais Highway To Hell dans ma tête. Sa présentation était très humble, voire franche et dépourvue d’artifices; lui, qui avait habitué la scène sherbrookoise à un dandysme flamboyant, par le passé. Je suspecte l’absence de la bouteille de blanc vu l’heure précoce.

Il nous a présenté son recueil Les cendres bleues, lu dans le cours de Nicholas Giguère. Le recueil, c’est en fait un long poème fleuve intimiste, presque exutoire d’une expérience sexuelle de la petite enfance.  « Histoire », dont le seul témoin est la baie de Valleyfield, individu toujours silencieux contre la misère du monde. Ce recueil, il ne l’a pas écrit pour un lecteur, ni même pour lui-même au final.

C’était un jet de libération, presque un deuil d’une histoire d’amour terminée, mais jamais cicatrisée.

Comme quoi les dandys n’ont pas seulement que la veste en velours, mais le cœur aussi.

 


 

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