Jumeler force et mental pour réussir - Entrevue avec Nicolas Boulay

Crédit photo © Andrée-Anne Roy

Par Andrée-Anne Roy

La saison des Alouettes débute sous peu et qui dit début de saison dit également camp préparatoire. C’est à ce moment que les joueurs donnent leur 100 % pour impressionner les entraineurs et se frayer un chemin jusqu’à l’alignement partant. C’est le cas de quelques anciens du Vert & Or, Samuel Giguère, Jean-Christophe Beaulieu et de Nicolas Boulay. Le Collectif a eu la chance de rencontrer Nicolas Boulay sur le terrain synthétique des Gaiters de Bishop’s. C’est avec un grand sourire au visage malgré une récente blessure qu’il nous a parlé de football.

 S’il n’est pas certain de pouvoir se prêter au jeu pour le deuxième match préparatoire de la saison, il est confiant d’avoir sa place dans l’alignement. Le retour sur le terrain suite à une longue saison morte permet également les retrouvailles de l’équipe. Mine de rien, on retrouve des joueurs de plusieurs coins de l’Amérique au sein des Alouettes.

Boulay explique qu’il faut toujours être prêt en arrivant au camp; il faut connaître ses jeux, regarder ses tapes. « Une grosse partie du camp est mental », nous affirme-t-il, puisqu’il faut être solide pour ne pas se plier devant la compétition.

Il faut dire que le camp de cette année a été mieux géré et que les journées à deux entrainements étaient suivies de jours de repos et qu’avec les matchs préparatoires entamés, une seule pratique n’est exigée par jour. On le ressent principalement dans la liste de blessés qui a nettement diminué en comparaison aux dernières années.

Ligue universitaire VS ligue canadienne de football

Lorsqu’on lui demande quelle est pour lui la plus grande différence entre sa carrière avec le Vert & Or et celle avec les Alouettes, il compare le tout comme « passer d’un sprint à un marathon ». On parle de passer d’une saison de 13 matchs potentiels à 23! « Je m’entraine beaucoup, mais je dois réussir à finir le marathon », nous dit-il. C’est pourquoi il adapte son entrainement avec l’aide de son préparateur physique David Lavoie (ancien du Vert & Or).

En arrivant dans la nouvelle ligue, « tout le monde est gros et fort. Peu de gens arrivent à la ligue canadienne en étant des partants dans l’alignement, sauf parfois les joueurs de ligne. Il faut travailler fort et faire sa place pour pouvoir avoir du temps de jeu. »

Les camps sont toujours difficiles à gérer pour les athlètes, mais le focus demeure de mise. « L’an passé, je n’étais pas partant, ni deuxième. Tout ce que j’avais, c’était mon mental. Je devais être préparé pour qu’au moment d’appeler mon nom, je sois prêt. »

Ce qu’il manque au Vert & Or?

Boulay nous explique que même si un programme est bon et que le système de jeu l’est aussi, les équipes regroupent des individus. En fait, on oublie souvent que le football est un sport d’équipe avant tout et que chaque individu y apporte ses forces et ses faiblesses et peut ou non bien paraitre dans un système. Toutefois, les combines (séries de tests de classement) mettent de l’avant ce que les recruteurs veulent voir et permettent à ceux qui ne réussissaient pas de se démarquer durant la saison, de montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Les bons joueurs sont donc plus faciles à aller chercher de cette manière.

« Le Vert & Or a vécu des montagnes russes dans les dernières années, on a eu de bonnes saisons et de moins bonnes. » La solution selon Boulay? Être capable de performer dans les matchs importants. « On réussit à battre les bonnes équipes, mais pas dans les bons contextes. » Les matchs à l’extérieur sont difficiles à remporter, mais il faudrait se défoncer autant qu’aux matchs à la maison et selon lui, on n’y arrive pas.

« Il faudrait peut-être upgrader le swag de Sherbrooke! », lance-t-il en riant.

Truc de pro

Afin d’inspirer les joueurs du Vert & Or, Boulay propose quelques conseils. « Les recruteurs adorent les gens qui sont rapides. La vitesse, c’est dur à enseigner, la force c’est un peu plus facile. Le test de 40 verges, c’est le plus important. Si j’avais à refaire quelque chose, je concentrerai surement 7/8 de mon temps à ma vitesse et peut-être 1/8 de mon temps à ma force. »

Nicolas Boulay et les Alouettes entameront la saison régulière le 24 juin à Winnipeg, suivi d’un match à domicile le 30 juin contre Ottawa. Rendez-vous sur leur site pour le calendrier complet.

La saison morte achève pour les joueurs du Vert & Or et on ne peut que leur souhaiter force et courage alors qu’ils commenceront leur camp préparatoire à la mi-août.


 

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