Keto et Paléo : comprendre l’alimentation faible en glucides

Par Jasmine Godbout

Diète, mode de vie, régime? Qui ne s’est jamais demandé ce qu’il devrait manger pour être plus en santé ou pour maigrir? À ce sujet, les termes « Keto » (ou « céto ») et « Paléo » se font de plus en plus entendre. Pour répondre aux questionnements sur ces types d’alimentation faible en glucides, Le Collectif s’est entretenu avec deux étudiants qui témoignent de leur expérience.

Keto, Paléo… grano?

Plutôt difficile à saisir au départ, un régime cétogène permet au corps humain d’aller puiser son énergie dans le gras plutôt que dans les glucides ingérés. En fait, une personne qui en suit un se nourrit presque exclusivement de gras et d’aliments riches, coupe de son alimentation les glucides (produits céréaliers, pâtes), les sucres (fruits, sucreries), de même que les produits transformés.

Les deux étudiants interviewés ont chacun leurs objectifs personnels, leurs convictions et posent un regard optimiste sur les modes alimentaires à faibles indices glycémiques.

Armelle Halindintwali suit la diète Keto depuis juin 2018; elle explique comment cela lui a permis de perdre 40 livres en trois mois. Cet accomplissement personnel la fait se sentir mieux dans sa peau. Elle souhaite faire comprendre cette alimentation, plutôt critiquée, au plus grand nombre de personnes possible.

Timothé Breton, lui, est un ancien étudiant en écologie à l’Université de Sherbrooke qui est Paléo depuis 4 ans, après avoir été végétarien. Il a même contribué au livre de Michèle Houde et du Dr. Bernard Aranda, « Le régime cétogène pour votre cerveau », publié en janvier 2018. Son objectif est simplement d’être en meilleure santé, et ce, en appliquant le plus possible le régime alimentaire (et le mode de vie) de l’humain de la période paléolithique pour éviter les maladies de la civilisation moderne.

Voici quelques questions et réponses des étudiants en rafale.

D’abord, qu’est-ce qui vous as poussé à suivre cette alimentation cétogène?

Armelle : C’est ma mère. Une stagiaire de l’hôpital où elle travaille a suivi la diète Keto et a perdu 70 lbs en un an. Au départ, je doutais que ça fonctionne, mais après avoir vu un docteur en parler aux nouvelles et m’être informée sur le sujet, j’ai décidé de l’essayer. Ce qui m’a convaincue, c’est d’avoir perdu pas moins de 15 lbs en un mois!

Timothé : Je suis tombé sur un livre à 1 $ dans une boutique de livres usagés. Je l’ai acheté, je l’ai lu et j’ai trouvé que les arguments décrits avaient bien du bon sens. C’est l’argument évolutif qui m’a convaincu, du fait que notre génome est encore pareil à celui d’il y a 40 000 ans et donc que nous sommes faits pour une alimentation d’il y a 40 000 ans. J’ai fait quelques recherches supplémentaires, en ai discuté avec ma mère, qui s’y intéressait déjà elle aussi, et qui l’a mise en application. L’alimentation paléo a permis à ma mère de mettre fin à ses migraines. J’ai enfin eu une preuve physique qu’être Céto, soit qui est beaucoup plus restrictif en sucre, ça fonctionne. Bref, les alimentations faibles en glucides peuvent avoir de réels effets bénéfiques sur les personnes atteintes de migraines, et probablement plusieurs maladies dites de civilisation, soit l’Alzheimer, le Parkinson, l’épilepsie ou le diabète.

Quels sont les effets sur votre corps et vos habitudes de vie?

A : Je suis passée de 216 à 176 lbs en trois mois, donc oui, j’ai perdu du poids. La première semaine m’a rendue malade; mon corps rejetait tout. Heureusement, ça s’est amélioré et maintenant j’ai beaucoup plus d’énergie. J’ai aussi réalisé qu’avant, je mangeais vraiment trop et mal. Quand j’arrêterai de suivre la diète Keto, je vais mieux manger, moins avaler de gras, de glucides et de sucre puisque j’ai appris à cuisiner de bons plats santé.

T : Je suis moins malade, mon énergie est surtout beaucoup plus stable au courant de la journée, j’ai moins de pics de fatigue, et la récupération se fait plus rapidement puisque je mange beaucoup d’aliments riches. Puisque 80 % de notre santé dépend de notre alimentation, j’intègre un mode de vie plus sain en faisant du sport au quotidien dans la mesure du possible.

Tout semble bien aller, mais avez-vous des craintes par rapport à votre santé (carences, taux de cholestérol trop élevé)?

A : Non, parce que je sais que je ne suivrai pas la diète Keto sur un plus long terme, une fois que j’aurai atteint mon objectif personnel. De toute façon, je sais que certains restent en santé après 2 ou 3 ans et même plus. Je ne vois aucune différence sur ma santé physique ou mentale et je ne suis pas encore allée consulter de médecin.

T : Je n’ai pas de craintes, car l’humain a évolué et a survécu pendant 300 000 ans avec cette alimentation. Si on regarde nos ancêtres, ils étaient plus en santé grâce à leur alimentation non transformée. Je ne vois pas pourquoi il y aurait un problème.

Conseillez-vous d’adopter ce type d’alimentation?

A : Oui, c’est une bonne façon de perdre du poids si rien d’autre ne fonctionne. Il faut énormément de motivation et être fort mentalement, aimer les légumes verts et être prêt à changer ses habitudes. Par contre, je le déconseille aux personnes qui n’aiment pas le gras, qui ont des problèmes de santé ou des troubles alimentaires.

T : Oui, je le conseille à tous, car selon les effets que j’ai pu observer en l’adoptant, je sais que c’est bon. Fun fact : L’ancien Guide alimentaire canadien conseille exactement de consommer le contraire de ce que je mange. C’est un peu mieux avec le nouveau, mais il reste peu de points communs.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile?

A : Surtout ma première semaine. Le processus est un défi pour le mental et je me créais de la pression. Je suis devenue accro à la balance au début, car j’avais un objectif à atteindre avant la fin de l’été. Je calculais tout le temps mon poids et les quantités que j’avais à manger avec une application sur mon cellulaire, une sorte de paranoïa. Voir tout ce que mes amis et ma famille mangeaient me rendait folle et j’avais des envies incontrôlables. Je n’ai jamais fumé, mais j’imagine que c’est un peu comme vouloir arrêter la cigarette, puisque ton cerveau demande des glucides et du sucre au lieu de la nicotine.

T : Le plus difficile a été de changer mes habitudes. J’avais toujours faim pendant les deux premières semaines parce que mon corps était encore sur le métabolisme des glucides, alors qu’il n’en a plus. Ce qui me manquait le plus au début, c’était une toast au beurre d’arachides. Une fois que ton corps a métabolisé le gras, c’est épique, t’as une montée d’énergie folle! Maintenant, ma faim est plus stable et le goût du sucré est tout à fait différent : manger une pomme est plus satisfaisant que manger du gâteau, qui est devenu trop sucré pour moi.

D’un point de vue éthique, le fait de devoir ingérer plus de viande me dérange à cause de mon impact sur l’environnement. J’évite encore la viande rouge, remplie d’antibiotiques, donc je mange du poisson et du poulet bio, lorsque c’est possible. L’alimentation paléo est très critiquée par la communauté végane, mais si je ne mangeais pas de viande, je souffrirais de carences alimentaires.

Conseils pratiques

Tous deux conseillent de bien se renseigner sur le sujet avant de commencer, de boire de grandes quantités d’eau, de cuisiner soi-même et de préparer à l’avance ses repas pour la semaine. Il faut être motivé, le faire pour les bonnes raisons et surtout, savoir dire non.

Quelques sources 

Partager cette publication

Laisser une réponse