Koriass : l’usage des bons mots

Par Émilie Lalonde

Le 20 octobre dernier, la pluie tombait et mes yeux étaient humides comme l’extérieur. Dominic Tardif, dans sa traditionnelle formule d’entrevue bière Clamato, recevait Koriass. Un artiste accompli, mais surtout un humain articulé et pertinent. Installé dans l’intimité de la taverne O Chevreuil, le chanteur a discuté durant une heure de sujets si actuels.

Accompli à travers les médiums

Cette année, Emmanuel Dubois de son vrai nom, brille autant pour ses réalisations musicales que pour son implication sociale. Nommé huit fois au gala de l’Adisq, le rappeur offre une autre façon de voir la culture hip-hop. Il ne vous servira pas en plat réchauffé les quelques clichés associés à ce genre musical. Non! Koriass se soulève plutôt contre la misogynie et contre la culture du viol.

Sa voix est puissante dans son dernier opus Love Supreme comme dans les articles qu’il signe pour Urbania. Dans le premier, il raconte à travers Blacklights la mort tragique d’une de ses amies d’enfance à la suite à une overdose et dans l’autre, il s’affirme féministe avec conviction. Peu importe le médium utilisé, le chanteur se dévoile sans pudeur. Prendre position ne l’effraie pas. Il contribue d’ailleurs à la meilleure visibilité du rap québécois en participant à l’Osstidtour débutant au mois de novembre aux côtés d’Alaclair Ensemble et de Brown.

Unis dans la littérature

Koriass ne cherchera pas à se promouvoir à tout prix. Il refuse les offres payantes si elles ne collent pas à ses valeurs. Justement, ces dernières sont reflétées grâce à la façon que le musicien a d’utiliser sa tribune. Le livre Sous la ceinture – Unis pour vaincre la culture du viol était, pour lui, une excellente façon d’aborder un sujet important. Il en a donc rédigé la préface avec Amélie Lancôt. Véronique Grenier, Judith Lussier, Simon Boulerice et tellement d’autres belles plumes ont également joint ce projet qui était sous la direction de Nancy B.-Pilon. L’ouvrage, sur les tablettes depuis tout récemment, incite au dialogue et à l’échange.

Cette semaine, des commentaires horribles ont été prononcés. Il est donc nécessaire de continuer à parler de la culture du viol. Cessons de blâmer les victimes. Sensibilisons-nous à ce problème sociétal et enfin, mettons-lui un frein.

Intéressant dans chaque mot

Évidemment, l’entrevue a couvert plusieurs autres éléments. Dominic Tardif y est allé de questions sur la famille, de prise de position face à des classiques du hip-hop. Koriass a répondu chaque fois avec honnêteté et humour. Le compte-rendu de cet entretien sera donc disponible mercredi prochain sur le site web de La Tribune.


Crédit photo © Montréal Campus

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