La course au rectorat

Par Émilie Lalonde

Jusqu’à la fin mars se tient la course au rectorat ou serait-il plus juste de dire le marathon au rectorat? En effet, il s’agit d’un long processus. Il y a la campagne de charme avant l’annonce officielle des candidates et candidats, il y a celle après, puis, il y a l’élection, la constitution de l’équipe et l’entrée en poste le 1er juin. Voici un aperçu des candidats et un retour sur le parcours de la rectrice actuelle.

Luce Samoisette 

En 2009, Luce Samoisette, professeure de droit fiscal à la Faculté de droit, est élue rectrice pour un mandat de cinq ans. Elle est la première femme de l’histoire de l’Université de Sherbrooke à obtenir ce poste d’influence. Il faut dire qu’elle a un parcours scolaire impressionnant. En effet, elle a complété un baccalauréat en droit, un diplôme de droit notarial et une maîtrise en fiscalité à l’UdeS. Puis, grâce à une bourse d’excellence offerte par la Chambre des notaires du Québec, elle a fait une maîtrise en droit à l’Université de Toronto.

Lors de son premier mandat, madame Samoisette s’est penchée sur de nombreux sujets, mais le refinancement universitaire et la formule de financement des universités constituaient l’un des enjeux primordiaux. Elle s’est toujours positionnée pour que l’UdeS offre des programmes et un enseignement de qualité à ses étudiants et étudiantes.

Toutefois, elle n’a pas été à l’abri des conflits. En effet, en 2011, une grève des employés de soutien a été déclenchée pendant quatre mois. La question salariale était au cœur de celle-ci. Cette protestation a engendré de nombreux coûts et plusieurs frustrations du côté de la communauté estudiantine. Un an plus tard, soit en 2012, l’UdeS a été touchée par le printemps érable. Plusieurs associations étudiantes à travers le Québec se sont soulevées pour contrer la hausse des frais de scolarité amenant son lot de tensions sur les campus.

Malgré tout, le collège électoral a renouvelé en 2014 le mandat de la rectrice pour trois années supplémentaires. En 2015, par contre, une autre grève étudiante survient. Cette fois-ci, elle a pour but de protester contre l’austérité. Toutefois, elle ne prendra pas autant d’ampleur qu’en 2012. Puis, tout récemment, les professeurs et professeures du SPPUS ont démontré leur mécontentement durant onze jours. Ce conflit a déclenché toute une tempête médiatique. Luce Samoisette a donc vécu huit années de mandat assez houleuses.

Bruno-Marie Béchard Marinier

Lorsque Luce Samoisette est entrée en poste la première fois en 2009, elle reprenait le flambeau de Bruno-Marie Béchard Marinier, dont elle avait été le bras droit pendant six ans. Cet ingénieur-professeur tente donc sa chance pour une seconde fois au rectorat de l’UdeS. Il a occupé le poste de recteur pendant huit ans, soit de 2001 à 2009. Alors que madame Samoisette était la première femme élue à l’UdeS, monsieur Béchard Marinier était le plus jeune recteur élu des Amériques.

Cette année, il présente sa campagne dont le slogan est Rebondir ensemble. Sur son site Internet, il mentionne que la base de sa campagne est constituée « d’une vision mobilisatrice et d’une solidarité renouvelée de notre grande communauté et de nos milieux d’enracinement à Sherbrooke, Magog, Granby, Bromont, Longueuil, Saguenay et Moncton. »  Monsieur Béchard Marinier a d’ailleurs contribué à la mise en place du campus de Longueuil et à l’ouverture de campus conjoints à Saguenay et à Moncton.

Pierre Cossette 

Pierre Cossette a effectué ses études en médecine à l’Université de Montréal, puis a continué son cheminement scolaire à l’UdeS en médecine interne. Il est présentement le doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé. Il occupe ce poste depuis 2010. Quand il a été questionné par les journalistes sur les approches de sa campagne, il a tout de suite parlé de budget. Il s’agit, pour lui, de l’enjeu le plus important, car c’est ainsi qu’une université peut avancer. C’est-à-dire en faisant des investissements intelligents.

Monsieur Cossette a été l’un des premiers à confirmer sa candidature. Il vise d’ailleurs beaucoup sur l’honnêteté dans sa campagne. En effet, il n’a pas de site web comme plateforme électorale, mais plutôt un blogue sur lequel il se penche sur divers enjeux.

Sébastien Lebel-Grenier 

Sébastien Lebel-Grenier est, pour sa part, le doyen de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke depuis 2011. Il est également professeur de droit et il s’est beaucoup investi dans les projets permettant de faire rayonner la faculté dans laquelle il enseigne, notamment en étant le directeur fondateur des programmes de common law et de droit transnational, puis en étant le cofondateur du centre de recherche Société, Droit et Religions de l'Université de Sherbrooke (SoDRUS).

Si monsieur Lebel-Grenier est élu, il désire mettre l’accent sur le développement de l’innovation. L’UdeS doit, selon lui, se projeter dans l’avenir grâce à des projets. Il convient que les dernières années ont été difficiles pour l’établissement, mais il croit qu’il est temps d’embrayer la machine.

Alain Webster

Alain Webster s’intéresse grandement aux sujets touchant l’environnement, dont l’écologie et la biologie. Il a enseigné à la Faculté d’administration et au Centre de formation en environnement. En ce moment, il occupe les fonctions de vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales et de vice-recteur au Campus de Longueuil. Il fait partie de l’équipe de direction de l’Université depuis 2007. Chacun des candidats est donc impliqué dans son milieu depuis bon nombre d’années. C’est de cette manière qu’ils arrivent à se distinguer.

Pour sa campagne, monsieur Webster désire adopter une vision pour la communauté universitaire basée sur quatre actions : exceller, mobiliser, créer et simplifier. Il croit qu’il est important d’encourager les nouveaux projets.

La ligne d’arrivée

Au cours des prochaines semaines, les candidats multiplieront les apparitions dans les médias, puisque la ligne d’arrivée de ce marathon est tout près. Le collège électoral se prononcera pour l’avenir de l’UdeS.


Crédit photo © La Tribune

Partager cette publication

Laisser une réponse