La détresse psychologique à l’université: une problématique inquiétante

Par Stéphanie Bénard

 

Depuis plusieurs années, les troubles anxieux et la détresse psychologique sont en constante augmentation dans les universités du Québec. Avec l’arrivée de l’hiver, les étudiants sont plus propices à vivre de l’épuisement et, pour certains, des troubles de santé mentale.

 

La détresse psychologique est une problématique de plus en plus présente à l’Université de Sherbrooke et, bien souvent, peu connue de la communauté étudiante. Les 2e et 3e cycles sont particulièrement affectés par cet enjeu grandissant. Plusieurs causes peuvent menées à cet état de détresse. Notamment, le stress intense et la fatigue peuvent être des déclencheurs importants. La plupart des étudiants passent à travers quelques mois plus exigeants et finissent par s’en sortir mais, pour certains, la conséquence de cette détresse psychologique peut aller jusqu’à la dépression clinique et l’anxiété.

Bien qu’il s’agisse d’un problème répandu à l’ensemble de la communauté universitaire, les étudiants des cycles supérieurs sont proportionnellement plus touchés. La charge de travail très importante, la pression des pairs et du corps professoral, le manque de motivation et les situations personnelles difficiles peuvent mener à des conséquences importantes sur la santé mentale des étudiants.

Pour mieux comprendre la situation, nous nous sommes entretenus avec Steve St-Pierre à la Présidence du Regroupement des étudiantes et des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS). En date d’aujourd’hui, aucune donnée claire n’est disponible sur le nombre d’étudiantes et d’étudiants souffrant de troubles psychologiques, ce qui n’empêche pas cette problématique d’être présente sur le campus. Le REMDUS en a conscience et souhaite mieux comprendre les problématiques des étudiants des cycles supérieurs, entre autres au sujet des conflits entre les directeurs de mémoire et de thèse et les étudiants. Le rôle du REMDUS est d’abord et avant tout d’offrir un support aux étudiants qui en ressentent le besoin et de les appuyer dans leur démarche. Les représentants du regroupement sont présents pour offrir le soutien et l’accompagnement nécessaires et pour diriger les étudiants vers les bonnes ressources.

Avec les importantes coupures budgétaires imposées par le gouvernement, l’Université de Sherbrooke s’est vue dans l’obligation de réduire certaines ressources pourtant essentielles aux étudiants. Depuis quelques sessions, le montant à l’accès à l’aide psychologique a augmenté considérablement. Ce service autrefois gratuit est maintenant de 30 $ pour une consultation. Bien que ce montant soit remboursable par les assurances de la FEUS et du REMDUS, le service devient moins accessible puisqu’il y a une restriction à l’entrée et possiblement une barrière psychologique à ceux qui envisagent de consulter de l’aide. Il s’agit d’une situation inquiétante lorsque nous constatons que les troubles psychologiques sont en augmentation.

Il faut d’ailleurs noter que les causes de ces troubles psychologiques ne sont pas que liées aux études. Plusieurs étudiants vivent des stress importants hors de l’école, que ce soit une situation financière ou familiale difficile, ce qui peut avoir des répercussions directes sur leur parcours universitaire. Jusqu’où peut aller la responsabilité de l’université à venir en aide aux étudiants?

Il existe plusieurs ressources sur le campus, par exemple la Protectrice des droits, qui peut aider la communauté étudiante pour diverses problématiques. Il faut d’ailleurs noter que le nombre d’étudiants qui ont eu recours à ce service a bondi de 50 % au cours de la dernière année. Il existe aussi un service pour les étudiants aux besoins particuliers ainsi qu’un service de psychologie et d’orientation. Il est également possible de consulter les associations facultaires pour de l’aide.

Les universités auraient tout intérêt à se pencher davantage sur la question des troubles psychologiques. Malgré tout, il est crucial pour les étudiants d’en parler pour obtenir l’aide nécessaire avant d’atteindre un point de non-retour.


Cet article a été conçu parallèlement à cet éditorial de la chef de pupitre campus.


© Cathie Lacasse Pelletier

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