La dictature du bonheur : entre réalité et pensée positive

Par Laurence Poulin

Alors que novembre est déjà presque chose du passé, que la neige tombe et s’accumule, le visionnement du documentaire La dictature du bonheur de Marie-Claude Élie-Morin, présenté par Télé-Québec, est fort probablement tombé à point pour bien des gens. Novembre est le mois des blues, mois du Movember, mais aussi mois de la noirceur qui nous prépare aux prochains mois d’hiver.

La pensée positive à tout prix

Les discours sur la recherche du bonheur et la pensée positive sont omniprésents dans notre société, et ce, toutes générations confondues. Dans son documentaire, la journaliste Marie-Claude Élie-Pilon commence en parlant du discours populaire voulant que « la recette du bonheur et du succès est en nous, que nous sommes les seuls responsables de notre bonheur et qu’il suffit de travailler sur soi pour s’attirer santé, richesse et abondance ».

Cette culture du self-help est bien répandue. Moi-même, adhérente à la pensée voulant que le positif amène le positif, me suis questionnée sur ce qui fait qu’on s’empêche souvent de vivre et d’accepter les moments de tristesse, de remise en question ou de dépression, alors que nous sommes au cœur de la « dépression saisonnière ».

Celle-ci  nous donne l’occasion de nous pencher sur ce qui est réellement à la source de notre bonheur, de notre réalisation personnelle. Selon la sociologue Madeleine Pastinelli, « l’individu est libre de définir ses aspirations, ce qui est pour lui une vie bonne, ce qui est pour lui une vie réussie. Il n’y a plus de balises ni d’objectifs clairs qui seraient les mêmes pour tout le monde. L’individu doit le définir pour lui même. L’individu a besoin du regard des autres sur lui-même, sur sa propre vie, de la tape dans le dos […] pour se rassurer que sa vie est réussie et que ses choix sont les bons ».

Alors que la fin de session universitaire est déjà à nos portes, c’est peut-être ce qui pousse professeurs et chargés de cours à nous rappeler à toutes les occasions l’importance de prendre soin de notre bien- être physique et mental pour bien passer au travers de cette période plus difficile.

Cette période dite le blues de novembre, nous la vivons tous :  étudiants, professeurs, chargés de cours et membres du personnel. Elle se ressent et se perçoit dès le changement d’heure du début du mois. Les listes d’activités et de conseils pour passer au travers de ce sentiment s’additionnent et se multiplient. Selon Guy Thibault et Pierre Zwiebel de Kino-Québec, pour près de 3 % à 5 % de la population, « les mois de grisailles riment avec déprime ».

Alors que la fin de session universitaire est déjà à nos portes, c’est peut-être ce qui pousse professeurs et chargés de cours à nous rappeler à toutes les occasions, l’importance de prendre soin de notre bien-être physique et mental pour bien passer au travers de cette période plus difficile. Aussi quétaine que ça puisse l’être, célébrons ensemble les petites victoires, nos petites victoires.

La pensée positive au travers de la maladie

Alors que novembre est aussi le mois rituel de la pousse de la moustache en l’honneur de la cause du cancer de la prostate et de la santé mentale et physique masculine, il est pertinent de jeter un regard sur une pensée erronée assez répandue, également soulevée dans ce documentaire. Soit que le stress serait une des causes principales du cancer. Celle-ci s’ajoute à celle voulant que le cancer se manifeste lorsqu’il y a un déséquilibre, lorsque l’on n’est pas au diapason avec soi-même. Ces pensées peuvent causer bien des questionnements et remises en question pour ceux ou celles atteints. Pourtant, bien trop souvent, cette maladie touche des gens à la fleur de l’âge ou encore au meilleur de leur forme, sans que l’on puisse comprendre la réelle cause.

Nous sommes tous confrontés à cette maladie, de près ou de loin dans notre entourage. Selon la Fondation québécoise du cancer, le cancer est la première cause de mortalité au Québec depuis l’année 2000. En moyenne au Québec, toutes les 10 minutes, quelqu’un apprend qu’il est atteint d’un cancer et toutes les 25 minutes, quelqu’un en meurt.

Selon Josée Savard, psychologue en oncologie à l’Hôtel-Dieu de Québec, il est impératif de se défaire des fausses croyances. « Les gens se sentent responsables d’avoir développé leur propre cancer assez souvent ». Toutefois, une majorité d’études démontrent qu’il n’y a aucun lien entre le stress et une incidence accrue de cancer.

Cliquez ici pour visionner le documentaire La dictature du bonheur


Crédit photo © Gabrielle Gauthier

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