La diversité culturelle à travers l’alcool

Par Stéphanie Bénard

Chaque année, des étudiants du monde entier choisissent de poser leurs valises à Sherbrooke le temps d’une session, et parfois même de plusieurs.

La diversité des programmes et le paysage magnifique n’ont que tôt fait d’attirer une jeunesse internationale dans cette belle ville. Il ne suffit que d’un tour en autobus pour se sentir à l’étranger avec les nombreux accents français qui se mêlent à la foule.

La communauté étudiante de l’Université de Sherbrooke peut surtout se vanter sans retenue de sa vie de campus bien agrémentée. Tout le monde a déjà eu conscience, de près ou de loin, des fameux 5@8 qui ont lieu chaque semaine dans plusieurs facultés. Un petit tour rapide m’a vite permis de constater que plusieurs cultures se côtoient lors de ces soirées.

Un récent sondage mené par CROP pour l’organisme Éduc’alcool nous a permis de découvrir que les francophones du Québec boivent plus d’alcool que les anglophones et que les allophones. Je me suis ainsi questionnée sur la relation des étudiants avec l’alcool en fonction de leur origine. Bien que ce soit un aspect propre à chacun, il faut savoir que les habitudes de consommation d’alcool diffèrent entre les personnes originaires de l’Occident et celles de pays musulmans ou asiatiques. Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la culture et l’origine ethnique peuvent ainsi influencer la consommation d’alcool en fonction des normes sociales. Par exemple, les pays africains et asiatiques consomment de l’alcool avec tempérance, contrairement aux pays occidentaux et à la Russie où les boissons coulent plus facilement.

Sur le campus, toutefois, rares sont ceux qui ne boivent rien lors des soirées festives universitaires. Au final, boire ou ne pas boire, ce n’est pas la question. À mon avis, l’important c’est que tous les étudiants soient confortables avec leur consommation d’alcool.


Sensibiliser la communauté étudiante un collant à la fois

Depuis le mois de juillet, il est possible de voir circuler sur le campus principal de l’Université de Sherbrooke des autocollants avec le slogan « Alcool ≠ Consentement ». D’où proviennent-ils et quel message tentons-nous de passer à travers cette affirmation?

Il n’a pas fallu longtemps pour découvrir que cette initiative tient ses origines de la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS). L’idée a débuté avec une pétition parrainée par le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). Cette action lancée sur le campus se voulait de sensibiliser les étudiantes et étudiants à la notion de consentement et d’agression sexuelle. En effet, selon la Fédération, les trois-quarts des agressions sont commises sous l’effet de l’alcool. Ces agressions par intoxication ont lieu alors que le jugement de l’individu n’est pas éclairé, ni nécessairement libre.

Problématique ciblée?

Il faut savoir que ce n’est pas une problématique propre à l’Université de Sherbrooke, mais plutôt une problématique qui touche l’ensemble de la communauté universitaire du Canada et des États-Unis. Il existe dans notre société une culture importante autour de la consommation d’alcool et de la sexualité, et la notion d’agressions sexuelles demeure malheureusement trop taboue. Plus de 80 % des agressions ont généralement lieu les huit premières semaines qui suivent la rentrée scolaire, et elles sont surtout commises lors des activités d’intégration. Durant cette période, les fêtes avec alcool sont plus nombreuses et la plupart des personnes ne savent pas discerner la notion de consentement.

La FEUS a ainsi décidé de mettre en place une campagne de sensibilisation auprès de ses membres. La Fédération souhaite que les étudiantes et étudiants puissent montrer leur appui à la cause. L’utilisation des autocollants fut choisie pour permettre à tous d’afficher leur opinion et de les apposer sur leur verre lors des 5@8 hebdomadaires. Ainsi, les collants étaient visibles lors des soirées étudiantes sur le campus, notamment pendant le Défi têtes rasées de LEUCAN. Cette initiative a amené les étudiantes et étudiants à en parler et à se questionner sur cette problématique. Certains sont même venus se confier directement au local de la FEUS et ils ont ainsi pu être référés vers les bonnes ressources sur le campus.

Actions à venir

Les différents Services à la vie étudiante à travers le Québec ainsi que les associations étudiantes des campus universitaires devraient se rencontrer prochainement pour monter une campagne à l’échelle du Québec et, ainsi, consolider leurs efforts. Cette problématique liée au consentement n’est pas seulement propre à l’Université de Sherbrooke. Pour preuve, il y a déjà eu une campagne sur le sujet qui a circulé sur les médias sociaux et dans laquelle la notion de consentement était expliquée avec l’illustration d’une tasse de thé.

Si vous vous questionnez sur le sujet, il existe de nombreuses ressources dans la région de l’Estrie, notamment le CALACS et SHASE Estrie.

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