Edito_LaurieT’es nouveau, t’as pas d’amis sur le campus. Compte pas juste sur Tinder pour t’en faire!

Laurie Marchand

À une autre époque, l’époque pré-Tinder, mais post-Doyoulookgood, les gens voulaient faire des rencontres en vrai. J’étais de ceux-là!

J’me souviens de la première fois où j’ai mis les pieds dans un local universitaire. C’était pas le lundi matin 8 h du premier jour d’école. Non, en fait je m’étais pointée à un entretien d’embauche pour faire partie de l’équipe du journal avant même que les cours soient commencés. Ça m’intéressait un peu, j’avais une belle plume, et surtout une minuscule banque d’amis à Sherbrooke. C’était ma chance d’avoir « une gang ».

J’étais terrifiée à l’idée d’être confrontée à des journalistes plus chevronnés que moi, plus charismatiques. Les mains moites, chaussée de mes iconiques grandes bottes brunes (neuves à l’époque), j’ai attendu dans le corridor du bloc E1 que mon nom soit appelé.

J’ignorais alors que j’entrais dans un local qui deviendrait ma deuxième demeure à Sherbrooke, mon pied-à-terre sur le campus. Un bureau modeste, certes, mais ô combien pratique pour y déposer mon sac à dos lors des 5 à 7.

Puis, je me suis complètement attachée à mon local dont j’ai barbouillé les murs, où j’ai piqué plusieurs sommes, où j’ai mangé des dizaines de pointes de pizza, où j’ai surtout eu moult fous rires!

Et des fous rires, ça arrive jamais seul. Ça arrive à deux, en gang, avec des gens qui ont bien voulu donner un peu de leur temps pour imprimer un journal feuilleté un peu, beaucoup peut-être!? Mais au-delà du lectorat attentif à la rentrée qui baisse chaque fin de session, au-delà des scoops, des ouï-dire et des fausses rumeurs liés au travail de journaliste, j’ai réellement fait des rencontres fantastiques au Collectif. Je me répète souvent que la fille aux mains moites a dont bien fait de rester plantée dans le corridor comme une nouille pendant une heure pour faire partie de la belle équipe du journal. J’y aurai appris à la dure les rouages du métier de chef de pupitre et de rédactrice en chef. J’aurai multiplié les erreurs, mais surtout les connaissances.

J’aurai aussi eu la chance de me déplacer un peu partout au Québec pour voir comment les autres journaux procèdent. J’y aurai encore fait d’autres merveilleuses rencontres.

Je tire maintenant ma révérence en aillant appris plus que jamais à travailler sous pression, dans les plus brefs délais et avec les moyens du bord, mais je tire surtout ma révérence avec des tas d’amis, des gens intéressants, des gens colorés et accessoirement, une ligne à ajouter dans mon CV.

Alors mon implication, qui était au départ plutôt une quête d’amis (mais pas dans la barre de recherche de Facebook), s’est avérée être la plus grande trouvaille que j’aurais pu faire à l’Université. J’ai mis la main à la pâte pour créer quelque chose, mais en fait c’est moi que je façonnais.

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