La guerre médiatique du hockey au Québec

Pendant de nombreuses années, les partisans des Canadiens et des autres formations ont pu jouir d’une couverture complète du hockey sur les ondes de RDS pour suivre les moindres faits et gestes de leur équipe favorite. En novembre 2013, tout cela a changé lorsque la Ligue nationale de hockey (LNH) a décidé de vendre ses droits de diffusion à TVA Sports.

Par Matthew Vachon

Cette véritable guerre de tranchées alimente les débats dans tous les foyers québécois qui suivent le hockey. Quelle antenne nous permet d’écouter le meilleur contenu? Doit-on passer aux chaînes anglophones pour avoir les meilleurs experts? Qu’arrivera-t-il si les Nordiques de Québec sont de retour? Des questions légitimes qui continueront de faire couler beaucoup d’encre pendant encore longtemps.

Ainsi, dans le but d’ajouter de l’huile sur le feu, les lignes de cet article décortiqueront l’offre que TVA Sports propose à ses abonnés afin de déterminer si ce changement est pour le mieux.

Duo saisissant!

Pour débuter, il faut parler du duo de Félix Seguin et de Patrick Lalime. Ces deux hommes sont responsables de la description des différentes rencontres des Canadiens le samedi, en plus de s’occuper d’autres parties importantes de la LNH. Il s’agit d’un duo assez intrigant. Seguin fait un boulot honnête derrière le micro, mais on sent qu’il n’a pas toute l’expérience qu’un homme comme Pierre Houde à RDS possède. Sa diction est bonne et il suit relativement bien le jeu dans sa description. Avec le temps, il deviendra encore plus à l’aise. Pour ce qui est de Patrick Lalime à l’analyse, on sent que c’est un homme qui connaît son hockey, mais il lui arrive de connaître quelques ratés, ce qui fait en sorte que ses propos peuvent être difficiles à interpréter par moment.

Ensuite, au niveau des entractes lors des parties et des émissions sportives (par exemple Dave Morissette en direct), il faut bien évidemment parler des analystes et des animateurs. Pour faciliter la tâche, il ne sera question que de ceux qui sont à la couverture des parties des Canadiens de Montréal.

La grande tête d’affiche de TVA Sports est bien sûr Dave Morissette que l’on voit partout. C’est un animateur avec beaucoup d’énergie qui organise de belles discussions sur les différentes plateformes de la chaîne de Québécor. Morissette travaille très bien et on sent qu’il est adéquatement préparé. Il n’a peut-être pas une grande formation dans le domaine des médias, mais son charisme compense. Par contre, il est peut-être trop mis de l’avant par la chaîne et cela amène les gens à se lasser plus rapidement. Trop, c’est comme pas assez. Pour ce qui est de Louis Jean qui anime les entractes des rencontres, il fait un boulot honnête. C’est un homme avec une formation professionnelle qui s’exprime bien. Il lui arrive de faire quelques erreurs ici et là, c’est tout à fait normal. Jean fait un boulot colossal à l’animation, car il faut l’avouer, certains de ses panélistes ne lui rendent pas toujours la vie facile.

« Joueurnalistes » ?

On y arrive justement à ces fameux analystes de hockey. Et il y en a une panoplie! Sont-ils trop nombreux? Peut-être bien. Outre Patrick Lalime, il y a Michel Bergeron, José Théodore, Jean-Sébastien Giguère, Mathieu Dandenault, Patrice Brisebois, Enrico Ciccone, Alain Chainey et j’en passe. Ça fait énormément d’anciens hockeyeurs à l’analyse des rencontres et cela fait en sorte que les vrais journalistes, ceux qui ont de vraies formations pour faire de la télévision et qui apportent une vision différente, doivent céder la place à ces anciennes vedettes. Oui c’est plus vendeur que de dire qu’un professionnel sera sur le plateau d’une émission, mais il doit savoir s’exprimer clairement, ce qui n’est clairement pas le cas de certains analystes qui travaillent pour TVA Sports. Bien souvent, il faut prendre le temps de s’arrêter pour tenter de saisir le sens des propos énoncés. Au bout d’un certain moment, on abandonne ou en rit.

C’est pourquoi des experts comme Renaud Lavoie (ou encore Mikael Lalancette au niveau junior) doivent prendre plus de place. Les analyses de Lavoie sont souvent intéressantes et il demeure une personne du monde du hockey très bien informée.

Il faut garder à l’esprit que trop de « joueurnalistes », ce n’est pas nécessairement bon, car les amateurs ont droit à un contenu de qualité produit par des personnes qui sont qualifiées pour le faire. Le niveau de vocabulaire doit demeurer de qualité.

Technologie ou flop?

Au niveau des studios, TVA Sports a mis le paquet tout simplement. Tout semble à la fine pointe de la technologie et les installations sont spacieuses. Par contre, pour ce qui est de la logistique au niveau de la diffusion, ça semble extrêmement pénible. Plusieurs erreurs se produisent lors des différentes émissions. Mauvais logo pour des équipes, inversions des noms, mauvais tableaux, mauvaises associations de joueurs lors des différents sommaires, etc. Il s’agit de petits détails, mais qui font toute la différence entre une équipe professionnelle et une autre qui ne prend pas soin des petits détails. Jusqu’à maintenant, c’est l’un des plus gros points négatifs qu’il est possible de trouver chez la station de Québécor.

En somme, à la lumière de cette petite analyse, il est possible de constater que les spectateurs ne sont pas gagnants pour le moment. Il y a trop de petits détails qui dérangent encore pour dire que l’offre télévisuelle est désormais meilleure. TVA Sports doit continuer de prendre de l’expérience avant de prétendre offrir le meilleur contenu de hockey au Québec. Les ressources sont là pour y arriver par contre…

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