La journée de la femme : Portraits de femmes qui ont su être fortes!

Le 8 mars, c’est la Journée internationale de la femme! Partout sur la planète, on retrouve des femmes extraordinaires qui travaillent chacune à leur façon pour faire avancer des causes de toutes sortes. En l’honneur de cette journée, le groupe Amnistie internationale de l’Université de Sherbrooke, en collaboration avec le journal le Collectif, souhaite vous faire découvrir quelques femmes méconnues qui agissent ou ont agi pour faire avancer les droits de tous et chacun. Voici Viola Gregg Liuzzo, María Ysabel Cedano, Khadija Ismayilova, Patricia Gualinga, Nasrin Sotoudeh, Tep Vanny, Florence Nightingale et Maxima Acuña Atalaya.

Viola Gregg Liuzzo

Par Angéline Coutu-Drainville

Viola Gregg Liuzzo est une Américaine qui a milité pour que les hommes et les femmes afro-américain.es obtiennent le droit de vote. Vivant dans le Tennessee une bonne partie de son enfance, elle est consciente du fléau de la ségrégation raciale dès son plus jeune âge. La ségrégation raciale qui l’entoure lui fait prendre conscience qu’elle veut agir et faire quelque chose pour changer tout ça.

C’est lorsqu’elle rencontre, quelques années plus tard, Sarah Evans, une femme avec qui elle développera une grande amitié, qu’elle devient une militante active. Elle rejoint alors des associations et la NAAPC, un collectif qui milite pour les droits civiques.

En 1965, malgré l’opinion de son mari qui lui dit que cette bataille n’est pas la sienne, elle s’implique dans les marches qui vont de Selma à Montgomery. Le but principal des marches est de réclamer le droit de vote. Malheureusement, lors de l’un de ces évènements, elle se fait assassiner par des membres du Ku Klux Kan, qui n’appréciaient pas qu’une femme blanche se retrouve en compagnie de Noirs dans le même véhicule. Souvenons-nous de cette femme qui a travaillé fort pour que nous puissions vivre dans une société plus égalitaire.

Nasrin Sotoudeh

Par Marion Bouchard

Nasrin Sotoudeh est née le 30 mai 1963 à Téhéran. Avocate iranienne spécialisée dans les droits de l’homme, son travail s’axe autour des droits des femmes, de la maltraitance des enfants ainsi que la défense des opposants politiques. Militante, elle incarne la lutte pour la reconnaissance des droits de l’homme et la liberté en Iran. En 2011, le gouvernement iranien la condamne d’une peine d’emprisonnement de 11 ans accompagné d’une interdiction de quitter le territoire national, pour « activités mettant en danger la sécurité nationale » et « propagande orientée contre le régime ». Malgré les répressions de son pays, Nasrin Sotoudeh continue à se battre pour ses valeurs : elle fera de nombreuses grèves de la faim. Le 20 octobre 2012, elle se voit décerner le prix Sakharov « pour la liberté de l'esprit » par le Parlement européen, au côté de Jafar Panahi. Finalement graciée en 2013, Nasrin Sotoudeh reprend sa profession d’avocate. Fidèle à sa vocation, entre 2017 et 2018, elle défend les jeunes filles qui enlèvent leur foulard en public, obligatoire en Iran. Elle dénonce également l’application de l’article 48 du code de procédure pénale iranien de 2015 qui empêche le droit de recours à un avocat aux personnes accusées d’avoir violé la sécurité nationale. Nasrin Sotoudeh, protectrice des droits des femmes et des libertés individuelles, est à nouveau condamnée le 13 juin 2018 pour mise en danger de la sécurité nationale. Actuellement en prison pour une durée de 5 ans, elle continue de faire entendre sa voix par le biais des grèves de la faim qu’elle entreprend. Ses multiples condamnations montrent la situation de tous les citoyens de son pays, condamnés pour avoir contesté la répression du gouvernement iranien. Nasrin Sotoudeh, femme dévouée aux droits de l’homme et gardienne des droits des femmes en Iran, est un symbole du chemin qu’il reste à parcourir pour la reconnaissance des libertés en Iran.

María Ysabel Cedano

Par William Courchesne

Figure emblématique pour son pays, le Pérou, et directrice de DEMUS, un organisme revendiquant les droits des femmes sur leur corps, María Ysabel Cedano n’en est pas à son premier pas dans le monde du militantisme. Avocate de formation, Cedano milite fervemment pour les droits des femmes, des personnes issues de milieux plus pauvres, des Autochtones et de la communauté LGBTQ+ partout à travers son pays, encore profondément conservateur. Elle représente ceux qui ne le peuvent pas autant dans le monde juridique que dans les médias : malgré les critiques virulentes auxquelles elle s’expose, Cedano est une habituée des plateaux de télé, elle sort souvent dans les médias afin de défendre et de partager ses idéaux. Elle s’implique aussi en politique nationale pour influencer les débats de société, tant et si bien qu’elle s’est même déjà brièvement jointe au ministère de la femme, y voyant une opportunité tangible pour faire avancer ses combats. Obtenir compensation pour les femmes ayant subi une stérilisation forcée, lutter contre les féminicides et représenter les femmes qui n’ont malheureusement pas la possibilité de choisir ce qu’elles veulent faire de leur corps ou qui sont victimes de violences; voilà une liste non exhaustive de combat auxquels Cedano se livre quotidiennement. Viscéralement convaincue qu’elle peut changer les choses, elle ne recule (et ne reculera) devant rien pour faire avancer ses causes, malgré l’opposition persistante à laquelle elle doit faire face. Son objectif : provoquer un profond changement social. « [TRADUCTION] Je suis lesbienne, féministe, socialiste, fière et heureuse. Je souhaite que les gens apprennent à vivre ensemble dans la diversité sexuelle, que les nouvelles générations aient des références à la diversité sexuelle, culturelle et sociale et qu’elles se perçoivent telles quelles, avec les mêmes droits que moi. »

Khadija Ismayilova

Par Olivia de Briey

Khadija Ismayilova, connue comme Ismailova, est une journaliste d’investigation azerbaïdjanaise. À travers son métier, Ismailova se bat contre la corruption présente dans son pays. Les médias y étant contrôlés, des initiatives comme celle-ci sont aussi rares que risquées. Elle publie de nombreux articles au sujet du président et de sa famille afin de dénoncer les accords qu’ils signent avec des hommes d’affaires européens. En effet, le président, sa femme (pourtant ambassadrice de l’UNESCO) et leurs enfants s’arrangent pour que ces accords restent discrets. Le 5 décembre 2014, Khadija est arrêtée. La cour la condamne à sept ans et demi de prison pour le motif douteux d’avoir incité ses collègues au suicide. Lors de son procès, Ismailova rejette les accusations, les dénonçant comme politiquement motivées. La communauté internationale de journalistes la soutient et dénonce cette incarcération orchestrée par les politiques. Sous cette pression risquant d’entacher la réputation du gouvernement, Ismailova est alors libérée en 2016. L’année suivante, elle reçoit The Right Livelihood Award, prix international pour honorer les pratiques exemplaires pour les défis les plus urgents d’aujourd’hui.

De nombreux autres journalistes d’investigation azerbaïdjanais n’ont pas eu le même soutien que Ismailova, et demeurent toujours en prison. De son côté, Khadija Ismayilova continue son combat, bien qu’elle soit encore hautement surveillée.

Florence Nightingale

Par Andréanne Fortin

Florence Nightingale (1820-1910) est une infirmière ayant vécu au 20e siècle. Elle a joué un rôle majeur pour les soins infirmiers et elle a eu une influence importante dans l’amélioration des droits de la santé.

C’est avec sa petite lanterne, à travers les soldats blessés, et ses soins prodigués qu’elle a commencé à façonner certains droits de la santé. Sans qu’elles ne soient inscrites dans la pierre, ses actions ont éclairé plusieurs : l’homme devait recevoir des soins de qualité et il avait le droit d’être nourri, logé, écouté et de vivre dans un environnement salubre…

Une fois revenue du champ de bataille, ses travaux sur les déterminants de la santé ont permis d’établir une base des droits de l’homme. Certains étaient déjà la cible de ses interventions, tels que l’accès à l’eau potable. Deux siècles plus tard, le résultat de son travail est retrouvé dans les 17 objectifs de développement durable de l’ONU.

Maxima Acuña Atalaya

Par Angéline Coutu Drainville

Maxima Acuña Atalaya est une environnementaliste et une agricultrice péruvienne. En 2011, Newmont Minig Corporation et la Compañía de Minas Buenaventura envisagent un projet d’extraction minière dans la région de Sorocho. Ce dernier aurait un immense impact pour les peuples autochtones vivant à cet endroit, car ils perdraient leurs terres d’origine. Vivant à proximité du lieu où le projet est prévu, la famille de Maxima Acuña se voit victime de plusieurs événements violents intentés par des travailleurs de la compagnie, car la compagnie se dit propriétaire du terrain.

En 2012, suite à ces péripéties, Maxima Acuña commence à militer pour empêcher la réalisation du projet. Les gens de la région organisent d’imposantes manifestations pour montrer leur mécontentement. Durant ces manifestations, plusieurs personnes sont emprisonnées dont Maxima Acuña. Elle devra rester en prison pendant plus de trois ans, malgré plusieurs demandes en appel de la décision et l’intervention de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, qui insiste pour que le pays protège les droits des populations qui vivent dans la région du projet. Encore aujourd’hui, le Pérou n’a pas donné de réponse à cette requête.

Lors de sa sortie de prison, le combat n’est pas terminé. Elle continue son travail acharné pour faire valoir ses droits et ceux des habitants qui vivent à l’endroit où est la mine. En 2015, sa maison est encore une fois détruite par la compagnie qui réaffirme qu’elle possède ce lopin de terre. Malgré toutes ces représailles, elle continue sa bataille. En 2016, elle reçoit même le Prix Goldman pour la récompenser pour tous les efforts qu’elle déploie pour protéger l’environnement et le droit des peuples autochtones qui habitent ce coin du pays.

Patricia Gualinga

Par Isabelle Morin

Défenseure des droits humains et responsable du peuple autochtone Kichwa de Sarayaku en Équateur, Patricia Gualinga est reconnue comme l’une des protagonistes qui a intenté des démarches auprès de la Cour interaméricaine des droits de l’homme où l’arrêt du 25 juillet 2012 déclare désormais « le droit à la consultation préalable, libre et informée de principe général du droit international ». Activiste à la défense des populations autochtones, elle lutte également contre le projet d’extraction de pétrole en sol de Sarayaku par l’entremise de compagnies chinoises et protège le Bosque Vivente, qui est également sur le territoire autochtone. « Les gouvernements placent les intérêts économiques au-dessus des droits des peuples autochtones, qu’ils continuent de violer, notamment par l’exploitation des ressources de nos territoires, » dit-elle.

Malgré les menaces de mort reçues à son égard l’an dernier, Gualinga continue de défendre son peuple et leurs droits.

#Droit de l’environnement #Droits des populations autochtones

Tep Vanny

Par Pascale Carrier

Cette jeune Cambodgienne défend les droits humains, les droits à la terre et lutte contre la corruption depuis une dizaine d’années à Phnom Penh. Elle milite par le biais de manifestations pacifiques qui sont souvent réprimées par les autorités.

En effet, les actions de Tep Vanny dérangent. Les manifestations de celle-ci tentent mettre fin aux expulsions forcées faites par des entreprises privées détenues par des sénateurs cambodgiens qui désirent construire des parcs immobiliers. Ces expulsions illégales qui ont lieu depuis 2000 ont forcé plus de 830 000 personnes à quitter les terres près du lac Boeung Kak à Phnom Penh selon la FIDH.

Tep Vanny est arrêtée le 15 août 2016 alors qu’elle manifeste. Elle est condamnée à deux ans et demi de prison. Les accusations d’actes violents qui pèsent contre elle sont sans fondement et inventées de toutes pièces.

Elle a un procès bâclé et n’aurait jamais dû se trouver derrière les barreaux. En août 2017, la Cour d’appel de Phnom Penh confirme sa condamnation et sa peine devant de nombreux militants indignés.

Elle est finalement libérée le 20 août 2018 après avoir été emprisonnée pendant plus de deux ans.

Pendant sa peine, elle est appuyée par Amnistie internationale et plus de 200 000 personnes à travers le monde réclament sa libération pendant la campagne Brave.

Plusieurs femmes activistes militant avec Tep Vanny ont subi le même type de représailles, soit des actes de violence physique ou verbale, des accusations mensongères et des peines d’emprisonnement injustifiées. Malgré les difficultés, ensemble, elles sont en mesure de faire une différence dans leur communauté et de rayonner partout au travers le monde.

Soutenons ces actions inspirantes.

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