La liberté d’expression sous forme de scrutin

Par Catherine Foisy 

Aux dernières élections fédérales, qui avaient lieu le 2 mai 2011, le taux de participation était de 61,1 %. Malgré ce taux légèrement plus élevé que celui des élections précédentes d’octobre 2008 (58.8%), il est possible d’observer une baisse du taux de  participation qui, à son plus fort, était de 79,4 % en 1958. Mais comment peut-on expliquer cette baisse de plus de 20 % alors que l’accessibilité au vote est à son apogée? 

 

Le premier conseil élu par les puissances coloniales en territoire canadien était Le Conseil de Québec, en 1657. Avant ce jour, les figures de pouvoir étaient nommées par la France et la Grande-Bretagne.

La Confédération

Presque 200 ans plus tard, lors des premières élections tenues suite à la Confédération de 1867, seuls certains privilégiés pouvaient exercer leur droit de vote. Par privilégiés, on entend l’homme de race blanche d’origine anglo-saxonne. De 1867 à 1885, pour voter, il fallait être un homme de plus de 21 ans, Britannique de naissance ou par naturalisation. C’est en 1885 que le gouvernement de MacDonald fit adopter une loi donnant ainsi le contrôle du droit de vote au Parlement du Canada.

Le droit de vote des femmes

En 1867, L’Acte de l’Amérique du Nord britannique exclue les femmes de la lutte électorale. En 1873, les femmes propriétaires de la Colombie-Britannique sont les premières à pouvoir participer aux élections municipales. Avant 1916, seule la plupart des femmes propriétaires avaient le luxe de voter au municipal. Les premières femmes obtinrent le droit de vote en 1916 sur la sphère provinciale, au Manitoba. En 1918, l’ensemble des femmes canadiennes obtint ce privilège au fédéral. Chez les Québécoises, celles-ci peuvent participer aux élections que depuis le 25 avril 1940, soit 24 ans plus tard que chez les Manitobaines. Entre 1918 et 1940, les femmes votaient donc aux élections fédérales, mais ne pouvaient faire de même aux élections provinciales.

De 1960 à aujourd’hui

En 1960, une nouvelle loi électorale permet à un plus grand nombre de personne de voter. C’est notamment le cas des autochtones vivant sur des réserves qui jusque là, ne pouvaient le faire. C’est en 1970 que l’âge minimal pour voter tombe à 18 ans. En 1992, le Parlement apporte des modifications à la loi pour que les personnes atteintes de déficiences puissent voter plus facilement. Depuis 2002, les incarcérés ont également plus de facilité à le faire. Et cette année, avec la possibilité de recevoir sa trousse d’élection à la maison, il est maintenant possible de faire son devoir de citoyen sans même franchir le porche de son chez soi.

Les élections fédérales de 2015 sous forme de défi

Alors qu’il est aujourd’hui assez simple de voter, comment s’explique le taux de participation de 61,1 % aux dernières élections? Le droit de vote qui jadis était un privilège est aujourd’hui un devoir. Pour essayer de convaincre la population de faire le grand saut le 19 octobre prochain, un défi circule présentement un peu partout dans les réseaux sociaux. Ce défi fut lancé par Magali Picard, vice-présidente exécutive pour le Québec de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Daniel Boyer, président de la FTQ est l’un de ceux qui ont relevé ce défi. Somme toute, ce qui ressort le plus, c’est le désir d’une société plus juste et égalitaire, verte et pacifique.

Maintenant, place à la relève.


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© Cathie Lacasse Pelletier

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