La longévité artistique

Par Benjamin Le Bonniec

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15 juillet 2015, il n’est que 17h et les Plaines d’Abraham sont déjà noires de monde. Pour cause, après 30 ans d’absence, The Rolling Stones sont de retour au Québec afin de donner l’ultime concert de leur tournée nord-américaine. Pendant plus de 3h, jeunes et moins jeunes joueront des coudes pour se frayer un passage au plus près de la scène. Plus de cinquante années de carrière au compteur, et les « papys rockeurs » attirent toujours autant les foules. Dans le milieu de la musique, même si le cas de la bande à Mick Jagger apparaît hors du commun, ce phénomène de longévité en carrière n’a rien d’anodin. De nombreux artistes actifs depuis les années 60 ou 70 persévèrent encore et toujours dans un domaine où pourtant la concurrence peut se révéler ardue. Hormis The Rolling Stones, le Québec accueillait d’ailleurs l’été dernier un autre monstre sacré du rock, les mythiques AC/DC, qui ne donnaient en effet pas moins de deux concerts devant plus de 60 000 personnes.

Dans ces deux cas, qu’il s’agisse d’Angus Young, de Mick Jagger ou de Keith Richard, les années sont passées par là, les visages sont marqués, mais l’énergie perdure. Qu’ils soient aussi fringants sur scène se révèle extraordinaire, sachant que pour beaucoup de ces musiciens, l’alcool à outrance, la dépendance aux drogues, les rythmes effrénés des tournées et des fêtes qui en découlaient aient été un véritable mode de vie. Pour nous simples mortels, la question réside autour de ce qui motive ces dinosaures de la musique à poursuivre une carrière pourtant déjà largement couronnée de succès. La passion de la musique, l’argent, l’ego, l’insatiable ambition, l’inspiration perpétuelle sont autant de réponses que nous serions en mesure de donner. Chaque artiste a les siennes, chacun de ces groupes détient un plan de carrière bien distinct. Quand on regarde par exemple la carrière de Neil Young, on se demande comment celui-ci fait pour se renouveler autant musicalement à travers ses albums, pour continuer à tourner à travers le monde grâce à des prestations remarquées.

Il y a quelques jours, David Bowie annonçait un trentième album, Keith Richard en sortait un à la fin de l’été. Dans le même temps, Bob Dylan ou Patti Smith sont en pleine tournée européenne. La liste restera exhaustive tant les cas se révèlent nombreux, le phénomène semblant s’inscrire dans une logique plus ou moins généralisée. Pour nous, amateurs ou mélomanes, les satisfactions sont palpables même si la lassitude guette. Mais quand on voit à quel point certains artistes ayant passé la soixantaine sont capables de faire muer leur musique jusqu’à se révéler aussi dans le coup que de jeunes groupes nés dans les années 2000, on ne peut qu’adhérer et espérer qu’il en sera de même pour les groupes de notre génération.


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