Par Stéphanie Bénard

Depuis les journées de la rentrée, sur le Campus principal de l’Université de Sherbrooke, il a été possible d’observer du vandalisme sur les affiches de la nouvelle campagne promotionnelle de la Ligue d’improvisation universitaire de Sherbrooke (LUIS).

En effet, les affiches apposées sur les différents babillards des facultés ont été cachées en partie par des collants qui dénoncent des images et des propos sexistes. Pour promouvoir la Ligue pour la saison 2015-2016, la LUIS a choisi comme slogan « L’impro, ça t’attire? » et illustre des parties du corps de joueurs féminins et masculins comme des épaules, des pectoraux ou des pieds.

Les faits

Les premières observations de vandalisme ont eu lieu lors des journées de la rentrée, au Centre sportif. Croyant au départ à un acte isolé, les membres de la LUIS ont par la suite constaté que le mouvement s’était répandu sur de nombreuses affiches à travers le campus.

Lorsque nous avons interrogé la Ligue d’improvisation, ils ont répondu que « [leur] publicité a été critiquée sans vouloir faire de mal à la LUIS en tant que tel ». À leur avis, « il faut comprendre que l’utilisation du corps, ici, était seulement un clin d’œil comique. Ce genre de critiques ne font que nuire au mouvement féministe, nous donnant l’air d’une bande de frustrées ».

La mention « Sale pub sexiste » a ainsi été apposée sur les affiches, entre autre dans le couloir du Service à la vie étudiante. Après une courte recherche, nous avons pu constater que ces autocollants proviennent d’une initiative de la section femme de l’ASSÉ, qui vise à dénoncer les publicités jugées sexistes.

Du sexisme?

Malgré un slogan qui rapporte à des connotions sexuelles, pouvons-nous vraiment qualifier de sexistes les publicités présentées par la LUIS? Lorsque nous nous attardons à la définition de ce terme, nous pouvons constater que le sexisme touche ce qui a « une attitude discriminatoire envers les personnes du sexe opposé ». Or, sur les affiches de la Ligue d’improvisation, l’utilisation du corps des hommes est tout autant exploité que celui des femmes. Il faut d’ailleurs noter que les collants ont été apposés sur les affiches représentant la gente féminine seulement.

Un groupe ou un individu isolé

Nous avons questionné le Mouvement féministe de l’Université de Sherbrooke à ce sujet, et les membres ne voyaient aucun inconvénient à l’affichage des publicités de la LUIS sur le campus, puisque les deux sexes sont représentés également. Selon eux, « ce n’est pas un enjeu féministe, mais bien un enjeu entourant l’image du corps dénudé comme technique de marketing. Concernant les collants, [ils pensent] qu’ils ont lieu d’être lorsque des publicités sont réellement sexistes, ce qui n’est pas le cas avec les affiches de la LUIS ». Voilà une réflexion qui porte à s’interroger sur la nature même des propos tenus.

D’un point de vue éthique, il est possible de remettre en question l’utilisation du corps par la LUIS pour promouvoir ses activités, mais rien ne semble réellement sexiste de prime abord.

Qui peut bien vouloir s’en prendre à cette campagne? C’est une question irrésolue, mais qui demeure à suivre au cours des prochaines semaines.

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3 pensées sur “La LUIS accusée de sexisme : où est réellement la limite?”

  1. Cet article est complètement biaisé. De plus, le manque de recherche de son auteure est désolant. En effectuant une simple recherche sur google il est possible d’accéder au dépliant de l’ASSÉ sur les autocollants « sale pub sexiste. » Tout d’abord, les affiches peuvent être qualifié de sexiste puisque qu’on utilise le corps d’une femme pour faire le promotion d’une activité. Les affiches de lieu rentrerait même dans la catégorie du démembrement ou on s’abstient de montrer la tête de la femme pour se concentrer sur son corps. Le fait que la LUIS est produit également des affiches avec des corps d’hommes ne diminue en rien la reproche. La symétrie est trompeuse, car la nudité masculine n’est pas utilisée dans le même sens pour inviter à la consommation. Dans le cas présent, les affiches masculines jouent avec l’humour, concept absent des affiches féminines. Le plus aberrant est qu’après avoir reçu une critique la LUIS ne semblent même pas remettre en question ses actions. J’ai même vue des affiches encore debout avec l’autocollant arraché. Pas très fort…

  2. Le corps humain est, du moins du point des humains, l’un des objets les plus esthétiques, complexes et fascinants de notre coin de la Voie Lactée. De plus, le corps humain est remarquablement neutre, dans le sens où, au-delà de considérations politiques et religieuses, il n’est qu’un amas de cellules agencées selon une certaine structure. Si l’on ne peut utiliser quelque chose de beau et de neutre en publicité, quelle image est-elle valable?

  3. C’est très rare que je commente sur des articles en ligne, mais je crois que dans ce cas-çi c’est important de faire la remarque. C’est bien de montrer la partie d’une annonce amenant à une certaine critique. Je crois toutefois qu’il serait dans l’intérêt de tous de montrer la totalité des annonces pour illustrer les deux côtés de la médaille et non l’unique partie posant problème.

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