« Tout ce qui n’est pas trié à terre atterrit en mer ». Chaque année, plus d’un milliard de pailles en plastique sont jetées chaque jour dans la mer, où elles mettent 100 ans à se dégrader. Selon les données, 89 milliards de bouteilles en plastique sont vendues chaque année, et combien parviennent à être recyclées ? Très peu. Qui n’a jamais, lors d’une après-midi à la plage, aperçu le goulot d’une bouteille dépassant du sable ?

 

Par Ilona Garaix

 

C’est le constat inquiétant de la plupart des océanographes, qui recensent de plus en plus de déchets plastiques, qu’ils soient tangibles ou sous forme de microplastique, dans l’estomac des poissons et des mammifères marins. 

 

Bien que la pollution des océans soit une problématique inquiétante, personne ne s’attendait à ce qu’a découvert, un jour de 1997, l’explorateur Charles Moore. Lors d’une expédition, il s’est retrouvé face à un véritable continent de plastique, formé par une agglomération de déchets flottants sur la mer et qui ne cesse aujourd’hui de s’étendre. Ce qu’on appelle le 7e continent n’est malheureusement pas le seul de son espèce, plusieurs autres ont été recensés depuis.

 

D’où vient ce « continent » ? 

Selon les estimations scientifiques, plus de 80 000 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans nos océans. En 2050, ce poids devrait dépasser le nombre d’individus marin. Il aurait été facile de penser que ces déchets étaient jetés par les bateaux, pourtant 80 % à 90 % des déchets qui se retrouvent dans nos océans proviennent des continents acheminés par les fleuves, drainés par les pluies, ou emportés par le vent. Les fleuves représentent cependant la majeure partie de l’acheminement des déchets dans la mer. 

 

Une fois acheminés dans la mer, les déchets se trouvent entrainés par des courants marins, et, à cause de la rotation de la Terre, tourbillonnent et s’enroulent dans ce qu’on appelle des « gyres océaniques », causant ainsi l’agglutination des déchets dans ces gyres, à la rencontre de plusieurs courants marins. « Le continent de plastique » est l’appellation donnée au gyre du Pacifique Nord, situé au large d’Hawaii et de la Californie, autrement connu sous le nom de Great Pacific Garbage Bag ou 7e continent.

 

Peut-on parler d’un véritable continent ?

Sa surface serait égale à 1,6 million de km2, soit d’une superficie supérieure à celles de l’Allemagne, de la France et de l’Espagne réunie. Il s’agit seulement de la surface visible, si l’on compte les microplastiques éparpillés plus loin de l’épicentre, cette surface est doublée. Il ne s’agit pas d’une masse compacte, l’image de continent n’est donc pas la plus exacte, car certains déchets sont très éparpillés. 

De plus, il serait faux de parler d’un 7e continent, ou « du continent de plastique », car plusieurs autres zones du même genre ont été découvertes, notamment à Bali ou au large de la plage de Saint-Domingue, en République dominicaine. 

 

Quelles sont les conséquences de telles agglomérations ? 

Plusieurs expéditions scientifiques ont étudié ces zones extrêmement polluées. Les expéditions ayant étudié celle du Pacifique Nord ont relevé, au sein des organismes filtrants de l’océan comme le plancton, un taux de plastique similaire à celui contenu dans les steaks hachés emballés, soit 5 grammes. Le plastique à usage unique est donc nocif à tous les niveaux. Le plastique peut être en suspension jusqu’à 30 mètres de profondeur et serait souvent confondu avec une proie rencontrée par hasard par les espèces marines. Les poissons et oiseaux marins meurent emprisonnés, étouffés, ou meurent de faim, car ils ont l’estomac rempli de plastique. En moyenne, si l’on rapporte le taux de plastique trouvé dans l’estomac des oiseaux à taille humaine, cela représenterait huit kilos. Cette agglutination de déchets favorise également la prolifération des araignées d’eau, nocives pour l’écosystème marin.

 

Les impacts du plastique se font ressentir sous plusieurs formes, les plus gros déchets en suspension dans l’eau forment des sortes d’îlots, où tout un écosystème se développe parfois. Les poissons absorbent alors les toxines et les perturbateurs hormonaux présents dans le plastique. Ce qui peut influencer sur leurs instincts et la période de ponte, par exemple. Ce plastique absorbé a un impact sur l’ensemble de la chaine alimentaire. 

 

Que peut-on faire alors ? 

Les expéditions scientifiques estiment qu’il est impossible, en termes de moyens, de déblayer ces zones. Alors afin qu’elles ne grandissent plus, continuons à nous mobiliser. Lorsque vous pouvez le faire en toute sécurité, ramassez les déchets que vous trouvez, qu’il soit à proximité d’un cours d’eau ou non, car il y a toujours un risque qu’il termine sa course dans l’océan. L’Université de Sherbrooke est déjà bien réputée en termes d’écologie. Suivons le mouvement, sensibilisons autour de nous. Il existe de nombreuses astuces et alternatives zéro déchet très faciles à mettre en place : car il n’y a pas de petits gestes, mais il n’y a qu’une seule planète. 

Archives

Partager cette publication

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *