La murale #Sherbylove

Par Vicky Constantineau et Marie-Andrée Prévost-Boisvert

En juillet dernier, on a décidé de venir s’installer à Sherbrooke. Ce n’était pas une décision logique, et ce n’était pas par obligation non plus. C’était juste un choix. On choisissait de se déraciner de deux villes qu’on aimait bien, sans trop savoir pourquoi. On n’arrivait pas tout à fait à se justifier ce que Sherbrooke avait de plus à offrir que Montréal ou Québec, mais on sentait que notre place était ici. Pour convaincre notre entourage qu’on ne se trompait pas, on a fait une liste des pour et des contre. On s’est bien vite rendu compte que la liste des pour grossissait beaucoup plus rapidement que celle des contre : le lac des Nations, le mont Bellevue, le Centro, le domaine Howard, le parc Lucien-Blanchard, le campus universitaire, la quantité incroyable de gens sympathiques, les nombreux commerces locaux de Wellington, les murales qui embellissent la ville chacune à leur façon.

Tous ces éléments-là, c’est la partie rationnelle de notre décision. Celle qu’on était capable d’exprimer. Entre nous, on savait qu’il y avait « autre chose ». Un aspect plus important qu’on n’arrivait pas à nommer. Pis ça, on pense que c’est le fameux Sherbylove. Notre Sherbylove, c’est entendre le train chaque matin, un peu trop tôt, sans vraiment pouvoir le détester; c’est voir grossir ses mollets à vue d’oeil tellement il y a des côtes partout; c’est augmenter son budget de café pour encourager les commerçants indépendants; c’est aussi accepter le petit mal de tête inévitable d’un lendemain de 5@8.

Le Sherbylove,c’est pas juste une histoire de hashtag, c’est quelque chose que tu vis. D’ailleurs, la nouvelle murale sur Wellington exprime tellement bien ce sur quoi on avait de la difficulté à mettre des mots. On comprend que c’est un sentiment partagé par toute la population, et pas seulement par notre génération. Avant d’arriver ici, combien de fois on s’est fait répéter : « Tu peux pas comprendre, c’est le Sherbylove. » Maintenant, le Sherbylove s’explique par lui-même. Impossible d’y être indifférent. C’est plus fort que toi, tu te mets à le ressentir.


Crédit photo © Simone Lirette

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