La pelouse du voisin n’est jamais plus verte

Vie de rêve, conditions de travail excellentes, perspectives d’avenir encourageantes et beaucoup, beaucoup d’argent. Voilà ce que promettent les passeurs de frontières aux populations qui souhaitent quitter leur pays vers un endroit prospère. En réalité, ce qui attend ces populations, ce sont des rêves brisés, des vies de misère et des conditions de travail exécrables.

Par Marc-Alexis Laroche

Profession de choix

Par définition, un passeur de frontières offre aux gens de traverser une frontière de manière clandestine en promettant peu de risques de se faire attraper. Ce dernier offre ses services en échange d’un paiement. Bien souvent, ce paiement se fait par argent comptant, mais de plus en plus, puisque le passeur offre ses services à des populations extrêmement pauvres, il est prêt à offrir du financement. En fait, ce n’est pas par gaieté de cœur qu’il le fait, mais plutôt parce qu’il est affilié à un réseau à l’intérieur du pays de destination, ce qui lui permet de récolter beaucoup plus d’argent une fois que les gens ont commencé à travailler. Le montant chargé par les passeurs peut varier, mais ces derniers réussissent à amasser une petite fortune. Si les clients ne payent pas, le réseau les menace de les tuer ou bien de s’en prendre à leur famille dans leur pays d’origine. Il faut comprendre que les gens qui souhaitent traverser les frontières le font bien souvent dans le seul but de gagner de l’argent afin de le renvoyer à leur famille.

Phénomène répandu

Malgré ce que l’on pourrait croire, les passeurs de frontières sont actifs à plusieurs endroits. On les retrouve entre autres au Mexique, à Cuba, au Maroc, en Tunisie, en Turquie et en Libye. Tout récemment, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) annonçait que 2014 avait été une année record au niveau de l’immigration clandestine. Selon elle, l’année 2015 devrait dépasser ces chiffres si l’on en croit les dernières statistiques.

Méthodes particulières

Les destinations convoitées par les immigrants clandestins prennent de plus en plus de mesures afin de stopper ce phénomène en pleine expansion. En Espagne, l’immigration clandestine provient majoritairement du Maroc. Les autorités ont installé trois barrières géantes tout au long de la frontière. Leur processus d’action est simple : ils attendent que les migrants et leur passeur escaladent les trois barrières afin qu’ils soient épuisés. Une fois cela fait, ces derniers reçoivent une sévère correction de la part des agents frontaliers qui, bien souvent, cassent les jambes et les bras des migrants afin qu’ils ne puissent plus jamais escalader les barrières.

Dans l’état de Californie aux États-Unis, on instaura en 2004 un programme nommé Minutemen. L’objectif est simple : recruter des membres de la société civile qui savent se servir d’une arme, et de préférence, qui ont de l’expérience au combat afin d’assister les forces de protection de la frontière. En fait, des citoyens sont appelés à défendre le territoire américain et lorsque la situation dégénère, ils sont obligés d’appeler les agences frontalières. Toutefois, en 2014, on dénombrait plus de 300 émigrés décédés en voulant traverser la frontière vers les États-Unis. Certains sont morts par déshydratation, d’autres ont été assassinés. Cependant, le président américain Barack Obama a récemment fait preuve d’ouverture quant aux conditions des immigrants clandestins sur le territoire américain. Par décret présidentiel, celui-ci voudrait instaurer une mesure qui permettrait aux enfants d’immigrants clandestins de recevoir la citoyenneté américaine. Néanmoins, cette mesure pourrait s’avérer que temporaire, puisque le règne d’Obama à la présidence est tout près d’achever, les prochaines élections présidentielles ayant lieu en 2016.

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