Par Léonie Faucher

Une pilule qui remplacerait les effets du sport est en cours d’élaboration : un rêve qui se réalisera pour tous ceux pour qui la pratique sportive est un calvaire. Quoique cela semble une utopie, des chercheurs américains développent bien en ce moment une pilule ayant de tels effets. Avaler une pilule remplacera-t-il l’effort physique dans les prochaines années?

Pourquoi le sport est-il important?

Par définition, le sport offre plusieurs bénéfices connus et partagés, comme une meilleure circulation sanguine, une augmentation de la puissance musculaire du cœur, une meilleure oxygénation des muscles et des organes, une souplesse et une coordination plus importante. D’ailleurs, le sport aide à réduire les risques de cancer, de mal de dos, d’obésité morbide, de dépression, de stress et d’anxiété, notamment. Le questionnement qui persiste est : est-ce que la pilule comblera tous les aspects émis?

La pilule, c’est quoi exactement?

Que ce soit par flegme ou par raisons médicales, il ne manque pas d’excuses pour éviter l’exercice physique; c’est ce que les chercheurs ont remarqué et ont tenté de supprimer par l’élaboration de cette pilule capable d’apporter les mêmes avantages que le sport en restant inactif! En effet, les chercheurs du Stalk Institute for Biological Studies, basé en Californie aux États-Unis, ont trouvé un moyen de pallier la problématique : la pilule 516. Cette dernière pourra, selon les chercheurs, reproduire les performances des athlètes de haut niveau tout en permettant au corps d’évacuer des graisses indésirables plutôt que des hydrates de carbone (glucides), nécessaires au bon fonctionnement du cerveau.

Le responsable du projet, Ronald Evans, a déclaré dans le Washington Post ceci : « Notre objectif est de comprendre ces circuits. Nous prenons ce concept et essayons de développer un médicament qui peut nous aider à déjouer le système qui est activé naturellement pendant l’exercice », explique Ronald Evans, puisque faire de l’exercice déclenche un processus chimique à un niveau moléculaire dans le corps de l’athlète qui aide à prendre du muscle et à maigrir. Bref, le but de cette étude est de reproduire le cheminement moléculaire que l’exercice physique a sur le corps et l’enfermer dans une capsule. Lorsque prise, elle permettra au corps de faire du sport sans remuer le petit orteil!

Récepteur visé

Si ce projet se concrétise, les premiers bénéficiaires seraient les personnes âgées, les victimes de maladies cardiovasculaires et les personnes vivant avec un handicap limitant leurs mouvements. Effectivement, la protéine CT1, présente dans les molécules sécrétées par le sport, encourage le cœur à grossir et à pomper davantage de sang, comme il ferait en réponse à une activité sportive. Donc, la CT1 peut réparer des dommages au cœur, restaurer la fonction contractile et améliorer le flux sanguin, permettant une meilleure condition aux victimes de problèmes cardiaques. Puisque ces personnes sont limitées dans leur pratique sportive, la pilule représente un nouveau type de traitement pour l’insuffisance cardiaque,  comme l’explique dans un communiqué le cardiologue Duncan Stewart, qui a participé à ces travaux : « Cette thérapie expérimentale est très excitante, en particulier parce qu’elle est prometteuse dans le traitement des insuffisances cardiaques gauche et droite. Actuellement, le seul traitement pour l’insuffisance cardiaque droite est une transplantation. Et, bien que nous ayons des médicaments susceptibles de réduire les symptômes de l’insuffisance cardiaque gauche, nous ne pouvons pas résoudre le problème. De plus, l’insuffisance cardiaque gauche entraîne souvent une insuffisance cardiaque droite au fil du temps. » D’ailleurs, les personnes âgées, les personnes vivant avec un handicap et les déficients cardiaques pourront bénéficier de ce processus en premier, mais il pourra également servir aux jeunes athlètes voulant mieux performer!

Résultats souhaités

La molécule mimant les effets du sport sans la nécessité de l’effort a été testée sur des souris et le résultat fut concluant : une amélioration de l’endurance chez l’animal de 70 %. Parfait pour ceux éprouvant des maladies cardiaques, pulmonaires ou autres n’ayant pas une pratique physique suffisante. De plus, les pronostics des chercheurs démontrent que la voie moléculaire activée par la course à pied, la voie PPARD, empêche l’utilisation des glucides comme sources principales d’énergie du muscle pendant l’exercice, glucides qui sont essentiels au bon fonctionnement du cerveau humain. Alors, en misant sur la redirection du glucose vers le cerveau grâce à la molécule PPARD, cela permettrait une meilleure utilisation des glucides du corps pour les récepteurs de la pilule et augmenterait leurs facultés cardiovasculaires et cognitives avec la réorientation des glucides.

Points négatifs

Or, l’exercice physique permet également l’augmentation de la fonction cognitive, la solidité des os et l’amélioration de la fonction cardiovasculaire et il serait irréaliste de penser que des pilules miraculeuses puissent substituer complètement la pratique sportive, du moins dans l’immédiat. Les pronostics des scientifiques sont que si la pilule est mise en marché, elle permettra simplement de perdre du poids et perdre du muscle, puisqu’aucun effort ne sera fourni pour embellir la masse musculaire. Oubliant les bienfaits du sport comme la prévention des maladies cardiovasculaires et la lutte contre la dépression, la pilule exposerait à des risques de maladies. Effectivement, des tests à hautes doses réalisés sur des souris démontrent que la pilule engendrerait des risques de cancer selon le New Yorker, puisque les tests ont prouvé une aggravation du cancer chez les souris testées. D’ailleurs les versions expérimentales de cette pilule ont été rejetées par l’Agence Mondiale antidopage (AMA) et la Food and Drug Administration (FDA), puisqu’elles étaient considérées comme dangereuses.

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