La primaire de droite des républicains

Le retour sur le devant de la scène politique de Nicolas Sarkozy, président de la République française de 2007 à 2012, ne faisait aucun doute. La question était plutôt de savoir quand il officialiserait son retour. Celui-ci se laissait désirer à point tel qu’il a laissé d’autres personnages politiques émerger sur la scène nationale. Le plongeon de Nicolas Sarkozy, qui avait pour objectif avoué un véritable tsunami politique où ne ressortirait que sa seule candidature crédible pour 2017, n’a pas eu l’effet escompté. Aujourd’hui, plusieurs se pressent au portillon de la primaire de droite qui désignera dans un an le candidat unique pour les prochaines élections présidentielles. Voici, en désordre, les quatre plus sérieux candidats à l’investiture.
Joël Vaudeville

Nicolas Sarkozy ou le batailleur
60 ans, président des républicains

L’ancien président de la République est un vieux routier de la politique française. S’étant réellement révélé aux Français et aux Françaises lors de son passage à Beauvau, ministère de l’Intérieur, il espérait un couronnement lors de l’annonce de son retour en politique à la fin de l’été 2014. Après tout, il peut prétendre à un match de revanche contre François Hollande qui l’a délogé de l’Élysée en 2012. Après une courte période de grâce dans les sondages d’opinion, un sentiment anti-sarkozyste a secoué le paysage français. Il est aujourd’hui bien en selle à la tête de la défunte UMP, premier parti de droite de France, qu’il a renommé « Les Républicains ». Il prône un virage à droite pour concurrencer le Front national, parti de Marine Le Pen, en revenant sur ses positions passées notamment sur le droit du sol. Monsieur Sarkozy, 60 ans, prétend avoir changé, mais ses sautes d’humeur et ses déclarations à l’emporte-pièce semblent indiquer le contraire. Il est un candidat sérieux pour la primaire de droite. Il conserve cependant une menace réelle sur sa candidature : les affaires judiciaires se multiplient pour monsieur Sarkozy et une inculpation pourrait mettre fin à son ambition de revanche.

Alain Juppé ou le revenant
69 ans, maire de Bordeaux

« Le meilleur d’entre nous », comme le disait Jacques Chirac, est la preuve vivante qu’une deuxième vie est possible en politique française. Le maire de Bordeaux, 69 ans, ancien premier ministre impopulaire lors du septennat du président Chirac, a fait l’objet d’inculpations graves liées à des fraudes à la mairie de Paris que l’histoire appelle dorénavant l’« affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris ». Le québécophile s’est alors exilé dans la belle province pour y enseigner, mais surtout se faire oublier des Françaises et Français. De retour aux affaires depuis 2006, il caracole dans les sondages avec autour de 60 % d’opinions favorables. Partisan d’une ligne modérée et d’une ouverture aux électeurs du centre, il a fait polémique lors de la crise grecque en tenant une ligne dure et proposant un Grexit assumé. Il plaît à gauche, et clive dans son propre clan. Si la primaire de droite est effectivement ouverte aux électeurs centristes, alors tout est possible pour Alain Juppé.

Bruno Lemaire ou l’aspirant
46 ans, député de la première circonscription de l’Eure

Bruno Lemaire fait office d’outsider dans le microcosme des républicains. L’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin et ministre de l’Agriculture lorsque Nicolas Sarkozy était aux responsabilités a défié son ancien patron lors de la course à la chefferie de la défunte UMP. Fort de 30 % des suffrages, lui à qui l’on donnait que des miettes face à l’ancien président, il s’est révélé un acteur politique désormais incontournable. Âgé de 46 ans, il incarne le renouveau de la droite française. Bruno Lemaire n’a pas annoncé sa candidature à la primaire, mais les rumeurs lui imputent une nette envie d’être le candidat de la droite lors des présidentielles de 2017. Plusieurs verraient sa candidature comme un positionnement en vue des présidentielles de 2022. À tout prendre, Bruno Lemaire n’a rien à perdre à gagner en visibilité.

François Fillon ou le mal-aimé
61 ans, député de la deuxième circonscription de Paris

L’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a cela de particulier qu’il n’est pas apprécié des militants du parti Les Républicains. Fidèle soldat par le passé à la longue feuille de route, il voyait en la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012 le signe que le destin l’avait nommé successeur. Après sa tentative infructueuse en 2013 de prendre la tête de l’UMP face à Jean-François Copé, son étoile a pâli. L’imbroglio qui a suivi la parité entre les deux candidats a tourné en vaudeville l’ancien parti de droite. Plusieurs le trouvent terne, mais aucun ne remet en cause son intégrité ainsi que ses compétences. Candidat avoué pour les primaires de 2016, il peut compter sur quelques fidèles lieutenants qui proviennent de l’Assemblée législative et du Sénat.

Partager cette publication