La télé sur demande

Par Laurie Marchard

Tou.tv, Netflix, Apple TV, Youtube, les illégaux descendants de Mega Upload, tous les moyens sont bons pour se farcir de la télé gratuite ou à peu près, et de la bonne télé en plus !

Combien de mes amis universitaires ne prennent pas le câble ou un quelconque service de télévision parce qu’ils écoutent leurs séries préférées en ligne. Plus besoin d’être scotchés devant notre écran à un moment précis pour suivre nos intrigues fétiches, plus besoin de nous abonner à des dizaines de chaînes pour avoir du choix, plus besoin de payer la facture à la fin du mois, plus besoin d’enregistrer les meilleurs moments de télé pour les revoir plus tard, même plus besoin de nous taper les annonces. Tout se fait en ligne, quand bon nous semble et où bon nous semble.

Les séries américaines affluent : How I met your mother, Dexter, Breaking Bad, Prison Break... Jurez que vous n’avez jamais jeté un coup d’œil à un épisode de ses séries ! Et on en vient vite accroc ! Ça gruge notre temps, notre vie sociale et nos études (par chance c’est encore le début de la session). Faut pas se leurrer, les séries américaines ont le tour avec le suspens. Sans doute commencent-elles à faire ombrage à nos séries et à nos films québécois !?

Rien n’en est moins certain... Tout s’exporte plus facilement maintenant. Ce qui est bon, touchant, surprenant ou nouveau fait jaser à travers le monde beaucoup plus facilement. Pensons notamment à la saga suédoise Millenium, qui a été reprise par les américains, et dont le héros est incarné par Daniel Craig, au film français Bienvenue chez les Ch’tis que les Italiens ont rebaptisé Benvenuti al Sud ou plus près de nous, à Starbuck et son homologue américain Delivery Man. Le talent, peu importe son origine, est reconnu. Le Québec n’est pas en reste dans toute cette ouverture des frontières télévisuelles et cinématographiques- là. Chaque année, des films, des réalisateurs ou des acteurs québécois sont nommés dans les plus prestigieux festivals du monde et remportent même souvent. Évidemment, pour les films, c’est plus facile de se démarquer. Mais, les séries ne sont pas en reste ! Les Invincibles a été adaptée en France et c’est maintenant au tour d’Unité 9 de peut-être être traduite en anglais.

Si les sites Internet et les applications qui diffusent des mégas séries à gros budget peuvent faire craindre un désintérêt pour les séries produites aussi, je crois aussi qu’ils peuvent raviver ce qui est bon et bien fait.

Mieux vaut s’inspirer d’un chef-d’œuvre suédois et développer de nouveaux genres de télé ici-même

que de stagner dans le même type de séries et de comédies en se contraignant à n’écouter que les trois mêmes chaînes (Radio-Canada, TVA et V) ou de consommer les minables blockbusters américains. Réinventer la roue, c’est ça qui fonctionne vraiment. Les concepts prémâchés ont leur effet de bons vendeurs, c’est vrai, mais rien ne vaut une nouvelle idée, une nouvelle approche ou un nouveau sujet. Pas surprenant que La Petite Vie ait obtenue 4.

Que crèvent les soaps sans intérêt et que soient acclamée les séries et les films qui en valent la peine, peu importe leur provenance. Mieux vaut s’inspirer d’un chef-d’œuvre suédois et développer de nouveaux genres de télé ici-même que de stagner dans le même type de séries et de comédies en se contraignant à n’écouter que les trois mêmes chaînes (Radio-Canada, TVA et V) ou de consommer les minables blockbusters américains. Réinventer la roue, c’est ça qui fonctionne vraiment. Les concepts prémâchés ont leur effet de bons vendeurs, c’est vrai, mais rien ne vaut une nouvelle idée, une nouvelle approche ou un nouveau sujet. Pas surprenant que La Petite Vie ait obtenue 4 098 000 téléspectateurs en même temps, soit 80% de la population du Québec disponible à ce moment-là !

Les seuls à qui ça fait vraiment mal cette histoire-là, ce sont les distributeurs de télé, mais j’suis pas inquiète pour eux, ils se reprennent en nous facturant 60$ de téléphone cellulaire par mois...


Crédit photo © protegez-vous.ca

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