La température : à planifier dans votre prochain entraînement!

Par Léonie Faucher

Avec l’arrivée du printemps, plusieurs athlètes pensent à ranger les skis pour un nouveau sport printanier. Bien que l’entraînement dans une salle de sport bénéficie d’une température et d’une humidité constantes, ce n’est pas le cas de la pratique sportive en extérieur. En effet, la température influence l’entraînement et les performances. Ainsi, quelques degrés suffisent à bouleverser une session de sport, comme l’a découvert Le Collectif en s’entretenant avec Éric Goulet, enseignant à l’Université de Sherbrooke, spécialiste en thermorégulation.

Le sport à -20°C, c’est possible?

L’avènement du printemps apporte la chaleur et fait disparaître les froides journées d’hiver durant lesquelles l’entraînement peut paraître inadapté vu la température peu clémente. Néanmoins, Éric Goulet, enseignant à la Faculté des sciences de l’activité physique, dément le mythe populaire selon lequel le froid rend la pratique sportive hivernale dangereuse pour le corps de l’athlète. En effet, quoique les cardiologues du sport recommandent de ne pas faire de sport en bas de -5°C, puisque le corps réagit en diminuant, entre autres, le flux sanguin, donc l’affluence de l’oxygène dans le corps, Éric Goulet stipule que, bien que l’air soit sec et peut davantage irriter la gorge, le froid n’a pas d’incidence sur la santé physique.

Des précautions à prendre, tout de même!

Certes, cela ne veut pas dire qu’aucune précaution ne doit être prise, car l’hiver, la clé de l’entraînement réside dans l’habillement. D’ailleurs, l’enseignant mentionne que, selon la forme physique et les capacités, l’athlète se vêtira pour ne pas avoir froid et sa performance ne sera pas affectée. Cependant, si la température corporelle baisse par une exposition au froid causée souvent par un habillement inadéquat pour l’intensité de l’activité exercée, la performance diminuera également. En choisissant le bon habit, en protégeant les extrémités (orteils, doigts, tête et gorge) et en s’échauffant à l’intérieur pour réchauffer le corps avant l’effort, le sport, même dans un environnement froid, est convenable.

La température optimale existe-t-elle?

Supprimons la croyance populaire qu’il puisse faire soit trop chaud ou trop froid pour pratiquer un sport. Tout dépendant du sport et de la forme physique, des conditions seront plus propices, mais n’empêcheront pas la pratique. Éric Goulet donne l’exemple d’un marathonien qui pendant environ deux heures fournira un effort intense : celui-ci performera le plus dans un environnement entre 14-16°C, puisque sa température corporelle n’augmentera pas trop vu le temps plus frais. Par contre, si une personne souhaite courir dans ces conditions pendant quinze minutes, il lui faudra un habillement plus chaud que le marathonien, car ce dernier est acclimaté à cette condition. De plus, l’important, selon l’enseignant, est de moduler l’exercice en fonction de la température extérieure, réduire l’intensité si nécessaire en conservant une perception de l’effort modérée, et d’écouter son corps si l’hypothalamus (partie du cerveau contrôlant la température corporelle) envoi des signaux comme la fatigue, des vertiges, des nausées, des frissonnements, etc.  

L’été, le sport caniculaire

Lorsque la chaleur prend d’assaut les journées estivales, les athlètes doivent s’acclimater. Ce processus prend en moyenne entre trois à quatre semaines pour que le corps s’adapte à la situation de chaleur du sport extérieur. Alors, pour bien la tolérer, l’athlète devra s’entraîner pour s’habituer, même si l’exercice semblera plus difficile aux premiers essais et que la performance sera réduite, puisque le corps n’est pas encore acclimaté. Éric Goulet poursuit l’exemple du marathonien en illustrant que les coureurs québécois se déplacent au marathon d’Hawaii chaque année dans des conditions de plus de 30°C, ces derniers doivent s’acclimater plusieurs jours à l’avance pour avoir une meilleure performance. Ensuite, la pratique sportive durant les périodes chaudes peut être plus difficile, car « plus c’est chaud, plus c’est humide, que tu sois un athlète d’élite ou récréatif, la performance est affectée à la baisse. L’humidité est ce qui a le plus d’effets négatifs sur la performance », comme le mentionne Éric Goulet. La chaleur extérieure et l’humidité augmentent la température interne du corps; si celle-ci dépasse plus de 1,5°C, cela devient trop chaud. L’enseignant propose pour l’été un moyen efficace pour réduire la température corporelle : la slush! Effectivement, la température diminue d’environ 0,5°C aux 45 minutes, ce qui permet au corps de refroidir sa chaleur corporelle suffisamment avant une pratique sportive dans un environnement chaud.

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