L’Accorderie : pour une communauté plus juste et unie

Par Judith Doré Morin

L’expression « le temps, c’est de l’argent » prend tout son sens au sein d’une Accorderie. En effet, ces coopératives de solidarité proposent à leurs membres d’offrir et de recevoir des services en échange de temps.

En 2002, animées par un désir de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la Fondation Saint-Roch ainsi que la Caisse d’économie Desjardins développent la première Accorderie. Depuis, des initiatives citoyennes ont permis la création de quatorze organisations semblables dans la province. Ce concept solidaire gagne même la France en 2011, où près d’une trentaine de communautés bénéficient actuellement de ce système d’échange et d’éducation à la coopération.

S’accorder avec soi et avec les autres

Pour les Accordeures et les Accordeurs, il n’y a pas de problèmes, mais que des solutions. Chaque Accorderie évolue au rythme de la créativité de ses membres. Chacun est invité à y apporter sa contribution, que ce soit pour assurer son fonctionnement ou proposer de nouvelles activités. Par l’entremise de services individuels, collectifs et associatifs, les participants sont amenés à développer leurs compétences dans le respect de leurs limites personnelles et de la capacité de chacun.

Tous les services sont équivalents. Sauf exception, offrir une heure de son temps permet d’ajouter une heure à son compte personnel. Les heures accumulées sont ensuite employées afin de profiter de l’un des nombreux services proposés par les Accordeures et les Accordeurs : travaux d’entretien et de jardinage, animation d’ateliers, comptabilité, accompagnement, gardiennage, et plus encore. Le service est rendu sur une base volontaire en fonction des disponibilités et des habiletés des membres de l’Accorderie.

Les Accorderies sont ouvertes à tous les individus âgés de plus de quatorze ans, quels que soient leurs revenus. Ces coopératives favorisent la mixité sociale, de même que le développement d’un sentiment d’appartenance à sa communauté. Les membres peuvent donc tous profiter de rencontres enrichissantes, en plus de réaliser d’importantes économies ou d’accéder à certains services qu’ils n’auraient pas pu se permettre autrement.

Une richesse insoupçonnée

L’Accorderie de Sherbrooke, qui célébrera prochainement son cinquième anniversaire, rassemble plus de 500 individus. En plus de pouvoir offrir plus de 300 services, ses membres peuvent également prendre part à divers projets collectifs afin d’accumuler des heures supplémentaires. Le café de quartier Baobab, qui ouvrira bientôt ses portes dans le quartier d’Ascot, constitue un projet d’envergure porté par les Accordeures et  les Accordeurs de Sherbrooke. L’organisme y établira d’ailleurs ses locaux. Les membres pourront y organiser divers ateliers et activités culturelles en tout genre, en plus d’y acquérir une expérience professionnelle hors du commun. Les résidents et les résidentes pourront s’y rassembler et venir y savourer des repas sains à faible coût.

Les participants ont accès à l’ensemble du réseau québécois, lequel s’étend notamment à Gaspé, Trois-Rivières, Longueuil et Rimouski. Ceci se révèle notamment utile pour ceux qui souhaitent trouver un hébergement temporaire lors de leurs périples à travers la province ou pour ceux voulant faciliter leur intégration au sein d’une nouvelle communauté.


Crédit Photo @ L'Accorderie

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