L’âge du pain à l’ère du confinement !

Au lendemain de la conférence de François Legault et de son équipe, où ils avaient fait l’annonce de la fermeture de plusieurs établissements, l’état d’urgence sanitaire était décrété au Québec. À la télévision comme sur les médias sociaux, on assistait à une ruée au papier hygiénique dans les épiceries : Apocalypse now ! Ce sera certainement l’une des choses les plus saugrenues dont nous allons nous souvenir. Toutefois, il y a un autre item qui a fait l’unanimité dans les supermarchés : la farine. Il n’y a pas si longtemps, on pouvait voir des étagères de farine vide. Mais que s’est-il passé ? Le pain ! Les gens ont renoué avec le pain fait maison. Le Collectif a eu la chance de s’entretenir avec un actionnaire du Moulin de Promelles à ce sujet.

Par Simon RD

Qui n’a pas vu passer sur Instagram et Facebook des photos de miches de pain faites maison, qui avaient l’air tout simplement savoureuses (#nofilter) ? Des pains confectionnés par de nombreux apprentis boulangers, qui ont décidé de passer l’ennui du confinement dans un art traditionnel culinaire amusant et thérapeutique : allez, tout le monde au pétrin !

Le pain artisanal est redevenu tendance depuis un bout et il faut le souligner. Cependant, le confinement semble avoir donné un élan majestueux à la population et ainsi motivé beaucoup de personnes à suivre cette tendance. Moi-même, œuvrant dans les cuisines depuis un bon moment, j’ai remarqué que mes collègues de travail s’étaient mis les mains à la pâte.

La demande pour la farine a bel et bien explosé. En Estrie, par exemple, un des actionnaires du Moulin de Promelles, Yoann Paridaens, producteur local de farine bio, a constaté une augmentation significative de la demande pour son produit primaire. Pour lui, l’engouement pour le pain maison a certainement fait bondir la demande à son moulin : « Depuis les quatre dernières semaines, au Moulin de Promelles, la production de la farine a quadruplé, dû à la forte demande de farine pour les gens à la maison. »

M. Paridaens souligne que cette frénésie est bien accueillie pour la ferme et le moulin à Coaticook : « Ça nous touche grandement. Beaucoup de gens viendront nous visiter après le confinement. »

Yoann tient d’ailleurs à souligner que son équipe et lui font actuellement leur possible pour fournir à la demande, mais que leur entreprise reste encore bien artisanale. En raison de cette hausse de la demande, ils vont recevoir bientôt les équipements pour offrir à tous les gens de la région de l’Estrie la meilleure farine.

La crise sanitaire, qui a forcé le Québec à l’isolement « volontaire », a bel et bien permis aux gens de prendre du recul et de réfléchir sur leur mode de vie effréné d’avant le confinement. Le pain artisanal ne serait-il pas justement un symbole de renouveau ? Le dessin d’une société qui réfléchit à un changement ? Reste à voir pour « la suite du monde », mais il est indéniable qu’au Québec, les gens reprendront contact avec des traditions culinaires très intéressantes.

D’ailleurs, sur les réseaux sociaux il n’y a pas juste le pain maison qui fait les manchettes dans les fils d’actualité et les articles journalistiques : il y a aussi la cuisine, en général, à la maison. Tout le monde est devenu chef. Plusieurs vidéos culinaires sont partagées, plusieurs personnalités de l’industrie de la restauration partagent leurs recettes en direct sur Facebook et, bien sûr, Ricardo accompagne les gens tous les matins en direct de chez lui pour cuisiner des classiques simples et savoureux ! Les Québécois ont du temps, ils font à manger et redécouvrent quelque chose de culturel qui est rassembleur.

Enfin, après le confinement, tout porte à croire que la société aura évolué culinairement et culturellement. Un retour aux traditions culturelles et culinaires est fort à parier, et ce, pour le bien commun. Faire la production culinaire pour soi, c’est avoir le pouvoir de manger ce qu’on veut, sainement. Cuisiner, c’est un pouvoir que le peuple québécois se sera donné durant le confinement et qui se donnera pour une culture culinaire québécoise distincte.

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