Lancement de la revue Cavale : arts et littérature au menu

Par Émile Brassard

Le 6 décembre dernier, la revue Cavale lançait officiellement son 6e numéro jusqu’à ce jour, intitulé Sandwich. Pour l’occasion, écrivains, auteurs et artistes de Sherbrooke et d’ailleurs au Québec sont venus dévoiler leurs créations dans l’âtre du Refuge des Brasseurs.

Après des mois de travail et de relecture, la revue Cavale dévoilait enfin en début décembre son édition de l’automne 2017 : Sandwich. Produit final : un recueil d’arts, de littérature et de photographies réunis sous un travail d’édition et d’infographie de grande qualité et d’allure professionnelle. Si la publication en question a le don de se dévorer en une bouchée, bien que de prendre beaucoup de temps à digérer, le lancement officiel est venu surtout mettre en appétit toutes les personnes qui se sont déplacées pour l’occasion. En guise de plat principal, quelques lectures de textes paraissant dans la nouvelle édition de Cavale ont été lues avec force par leur auteur ou auteure respectif. Mais tout au long de l’évènement, à la forme plutôt conviviale et rassembleuse, créatrices et créateurs ont pu se réunir pour discuter et présenter une série d’œuvres variées d’art visuel.

Performance inusitée

Au départ, c’est l’artiste sherbrookoise d’adoption Pascale St-Pierre qui donne véritablement le coup d’envoi à la soirée avec un acte de performance bien unique, intitulé Introspection. Attablée devant son ordinateur portable au milieu de l’étage, avec une impassibilité à la fois banale et déconcertante, elle reproduit en temps réel la vidéo d’elle-même en train de manger un sandwich. Sauf que, tant sur l’écran que devant la trentaine d’individus déjà arrivés, elle n’avale aucune de ses bouchées : à chacune d’elles, elle mâche calmement avant de recracher le contenu dans son assiette. Au travers de sa performance, elle-même inscrite dans le processus créatif, multidisciplinaire et autoréflexif Presque de l’artiste, Pascale a su attirer l’attention du public avec ce projet qui se veut particulièrement communicatif, interactif et expérimental.

Visite guidée des artistes

Parmi les arts visuels affichés dans le Refuge, be pop, signée nafleri, sautait immédiatement aux yeux. L’œuvre d’envergure, au style indéniablement cubiste avec ses personnages musiciens éclatés et les couleurs vives, rend hommage au style bepop en jazz, incarné par le mythique Charles Mangus, où le respect de règles artistiques côtoie continuellement la transgression et la liberté inextinguible du free jazz. L’artiste souligne cependant que l’impression de cette œuvre numérique ne rend pas parfaitement compte de l’éclat des couleurs.

Plus loin, deux plus petites toiles faites à l’encre de Chine et à la peinture acrylique mettaient en scène Arnold et The Real Dream Catcher. Dans la première, on y voit Schwarzenegger expirant une grande fumée douce de son cigare, tirée de l’idée d’un fumoir. Dans la deuxième, il s’agit d’une figure enfantine tenant dans sa main un filet à papillons, à l’intérieur duquel est capturée une partie de la galaxie. L’artiste, Jessica Lintz, explique que ces deux œuvres ont été produites dans le cadre de l’Inktober 2017, défi international qui s’est déroulé pendant tout le mois d’octobre dernier. Le concept? Réaliser chaque jour un dessin en utilisant de l’encre, en suivant ou non le thème proposé, et le présenter sur les réseaux sociaux. L’initiative, qui réunit depuis huit ans des milliers d’artistes de partout sur la planète, permet de se faire connaitre en tant que dessinateur ou peintre, en plus de promouvoir la pratique de ce type d’activité artistique.

Finalement, ma visite s’est arrêtée sur quatre photographies de l’ex-enseignant en adaptation scolaire Serge Rondeau. Ce fervent adepte de la photo, autodidacte et passionné depuis plus de 30 ans, cherche avant tout à communiquer ses idées, aujourd’hui par le biais de l’image. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas le beau ni juste des paysages, c’est le « thrash », la « scrap », la rue, les tempêtes, les nuages, etc. Pour lui, pas question de retouche : il veut présenter les choses telles quelles, sous un angle inédit et extraordinaire. Il cherche à faire découvrir la banalité, la laideur, l’invisible dans l’espace d’un court instant (moins d’un centième de seconde). Sa vision de la photographie, démocratique et éphémère, vient d’un besoin intrinsèque de créer, d’échanger et d’apprendre.


Crédit Photo ©  Cavale

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