Lancement du premier album de Laurence Castera à Montréal

Par Marina Riendeau

Le 22 février dernier, Laurence Castera, qui s’est surtout fait connaitre à La Voix en 2014, lançait son premier album solo Le bruit des mots au Petit campus de Montréal. Bien que le stress du chanteur était palpable, c’est un Laurence en humour et léger qui a présenté et expliqué le fruit d’un long travail que plusieurs attendaient. Pour faire patienter ses fans, il a sorti un premier single l’automne dernier qu’il a choisi brillamment, le morceau s’intitulant En attendant. Déjà plus que charmée par cette première pièce, j’étais impatiente de découvrir le reste de l’album. Pour une troisième fois, j’allais me laisser bercer par les mots de cet artiste à découvrir.

Malgré une salle trop peu remplie et souvent – trop – silencieuse, Laurence a livré avec émotions et sincérité la presque totalité de son nouvel album, sorti depuis à peine une semaine. Il s’adresse aux personnes devant lui, dans la ville qu’il appelle souvent sa ville adoptive, simplement et honnêtement, sans gêne. En passant par le processus de création, les rencontres faites sur le chemin et l’explication des chansons, il prend soin de n’oublier aucun détail et surtout aucun remerciement. La complicité avec ses musiciens est réelle et fait sourire.

Journal intime

L’artiste nous permet d’entrer dans le journal intime de sa vie en admettant que tous les mots qu’il écrit sont vrais, vécus et on le sent bien. Laurence s’ouvre sur la dépression dans laquelle il a sombré l’été dernier, d’où il a pris l’inspiration pour écrire la pièce Rien qui, je l’avoue, m’a arraché une ou deux larmes lorsqu’il l’a interprétée. Je salue le courage qu’il a de parler de cette épreuve dont personne n’est à l’abri; on n’en parle jamais trop, et le simple fait d’en parler – qui n’est pas toujours si simple – peut en faire réfléchir plus d’un.

Laurence explique également le sens de la pièce Le phare, qui parle de son père, entre autres. Alors que son paternel parlait de voile, un jour, lui-même grattait sa guitare et a appuyé sur l’enregistreur de son cellulaire afin de ne pas oublier son riff. À la fin de la pièce, sur l’album, il a repris intégralement cet enregistrement, et on entend son père parler de voile, avec un homme, en arrière-plan des notes de guitare.

Lors de la route Montréal-Sherbrooke au retour du lancement le 22 février en soirée, j’ai écouté sur repeat l’album en me concentrant sur les paroles de chaque chanson. L’aisance et l’adresse avec lesquelles Laurence manipule les mots font dresser les poils sur mes bras. Sa manière imagée et métaphorique d’écrire ses pièces de même que sa voix chaude et unique lui donnent tout son charme.

Est-ce mon amour pour la langue française ou simplement sa manière habile de jouer avec les mots qui me fait apprécier autant son œuvre? Je ne saurais dire, probablement un peu des deux, mais une chose est sûre, Laurence Castera mérite d’être écouté attentivement.


Crédit photo © LaurenceCastera.ca

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