Par Thomas Goudreault

Une soirée d’hiver, un ensemble composé d’artistes québécois et d’une jeune femme de Québec s’est dirigé vers Sherbrooke. Accompagné d’un artiste solo montréalais, ils avaient la mission d’envoûter la Petite Boîte Noire en ce 8 mars 2019.

SAENS

Après des études en théâtre et cinéma à New York, SAENS a débuté une carrière en musique inspirée de ces domaines. Même sans connaissances préalables, l’instrumentation riche et dramatique laisse transparaître ces influences. En effet, il dit écrire ses chansons à partir d’une perspective visuelle et cinématographique, rappelant l’ambiance souvent angoissante des films de David Lynch ou encore celle très unique de Jean-Marc Vallée. Ainsi, ses compositions traduisent son combat avec la santé mentale, évocatrices des défis quotidiens et des aléas de la vie. Sa musique est riche et franchement pleine de potentiel. On note des influences d’artistes tels que Chet Faker ou encore Bon Iver, surtout par son timbre vocal, mais aussi par ses paroles mélancoliques et son instrumentation électronique texturée.

Ghostly Kisses

Après une arrivée en douce dans la pénombre d’une des plus appréciables salles de la ville de Sherbrooke, Margaux Sauvé, chanteuse et fondatrice du groupe Ghostly Kisses, avait le défi de faire passer une belle soirée à une salle éclectique, regroupant tous les âges. Maîtrisant le violon depuis ses cinq ans, la chanteuse est évidemment très talentueuse, mais elle et son groupe sont aussi d’excellents compositeurs. Ainsi, tout comme sa première partie, Ghostly Kisses est un groupe capable de créer une musique emblématique des ambiances lourdes d’hivers enneigés ou encore de journées de pluie. Cependant, certaines chansons, comme The City Holds My Heart, permettent de retrouver ce plaisir d’enfant de sauter dans les flaques d’eau et d’avoir du plaisir malgré les lourdeurs de nos émotions. Le groupe est parfaitement capable de créer une ambiance calme et douce, mais qui donne tout de même envie de taper du pied au rythme de la batterie.

Embryonnaire, mais satisfaisant

Somme toute, malgré la qualité incroyable des artistes en studio, le spectacle sortit peu de l’ordinaire. Sans vraiment d’attraits visuels ou encore d’effets de lumières grandioses, les deux parties du spectacle sont restées très sobres. Cela n’est absolument pas gage d’un mauvais spectacle, mais ici, cela n’aida pas le spectacle à se sortir de sa torpeur. Par son manque d’expérience, SAENS semblait avoir beaucoup de gêne sur scène, cela a affecté sa performance selon moi. Ghostly Kisses, la grande partie du spectacle, malgré leurs deux EP et le fait qu’ils n’en étaient pas à leur premier rodéo, le groupe a vraiment semblé coincé sur scène et n’a pas joué beaucoup plus longtemps que le premier artiste. Il semblait y avoir une difficulté à se relever d’un manque d’aisance sur scène. Enfin, le spectacle semblait inachevé, ou tout du moins embryonnaire et en évolution, mais fût tout de même une belle addition à une semaine difficile avec toutes ses tempêtes. Somme toute, l’auditeur ne fût probablement pas envouté, mais ce fut une belle soirée. Je recommande fortement d’écouter ces deux artistes de chez nous, car ils sont extrêmement talentueux et produisent du très bon contenu.

Cette tournée québécoise se déroule après la sortie de leur deuxième EP, The City Holds My Heart. Ce dernier sera suivi en 2019 d’un autre EP.


Crédit Photo @ Ghostly Kisses

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