L’augmentation du salaire minimum, cet éternel débat

Par Erika Aubin

Chaque année ou presque, la loi concernant le salaire minimum se remodèle et offre un nouveau taux horaire à ses salariés adhérents. Cette fois-ci, c’est le 1er mai que le salaire minimum est passé de 10,75 $ à 11,25 $ l’heure, une augmentation considérable de 50 cents. Les salariés avec pourboire eux voient leur salaire passer de 9,20 $ à 9,45 $.

Puis, chaque année, sans exception, l’augmentation annuelle du salaire minimum ravive un débat : la hausse est-elle trop élevée, pas assez ou convenable selon les besoins de notre société? Le taux horaire du salaire minimum est déterminé en fonction du cout de la vie et des ressources financières des entreprises. Le but est d’être juste pour tous, autant les employés que les employeurs.

La question est valable en considérant la situation des petites et moyennes entreprises (PME) et le fait que 350 600 Québécoises et Québécois reçoivent ce salaire. En ce moment, les opinions sont partagées concernant ce fameux taux horaire. Le Parti québécois et Québec Solidaire aimeraient voir le salaire minimum augmenté à 15 $ l’heure, mais ils ne s’entendent pas sur la façon de procéder. Le PQ désire augmenter progressivement le salaire afin d’atteindre le seuil du 15 $ l’heure alors que QS veut passer immédiatement à ce taux horaire. D’un autre côté, le premier ministre Philippe Couillard se dit contre cette hausse draconienne et considère le salaire minimum actuel convenable.

Les défenseurs du salaire à 15 $ de l’heure estiment que c’est le montant nécessaire à recevoir si l’on veut avoir un niveau de vie convenable. D’un autre côté, la ministre Dominique Viens, entourée du ministre des Finances et du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, croit que ce taux a été fixé trop arbitrairement. Augmenter le salaire à 15 $ l’heure serait très déstabilisant pour l’économie de la belle province et plus particulièrement pour les PME qui ont parfois de la difficulté à survivre contre la compétition.

En tant qu’étudiants, nous avons pour la plupart eu à travailler au salaire minimum. Si vous étiez parmi les moins chanceux, vous étiez rémunérés après chaque petit casseau de fruits ramassés. D’un autre côté, il existe encore des emplois qui ne sont pas obligés d’être rémunérés, comme des stages d’intégration professionnelle, mais c’est une autre histoire. Finalement, il est important de nous rappeler la chance que nous avons d’être munis de lois protégeant les travailleurs. Et si nous faisons un petit saut dans le temps, les salariés en 1886 recevaient la modique somme de 4,55 $ pour leur travail.


Crédit Photo © Jay Castor

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