L’Austérité, une couleur à ajouter à la palette de 2015

Par Catherine Foisy 

Alors que l’Austérité tapisse les langues de toutes et tous depuis plusieurs mois, plusieurs sombrent encore dans l’ignorance en ce qui concerne le concept. L’automne en sol québécois est caractérisé par des moyens de pression plus hauts en couleurs les uns que les autres. Ces moyens de pression visent  à défendre les droits des travailleuses et travailleurs du secteur public québécois. 

 

Par définition 

Cette mesure généralement associée à la droite, est une mesure mise de l’avant par le gouvernement du moment, Philippe Couillard, bien qu’il soit loin d’être le premier gouvernement québécois à adopter ce genre de politique. Au sens large, on parlera d’une austérité libérale, puisque le gouvernement provincial au pouvoir est Libéral. Couillard et son équipe, souhaitant rétablir l ‘équilibre budgétaire du Québec et à en réduire la dette, propose une réduction des dépenses en coupant dans les services publics, une élimination de programmes, des gels en plus de coupes d’embauches.

Selon l’économiste Pierre Fortin, qui a comparé le degré d’austérité du Québec à celui de douze pays développés, le Québec aurait l’un des indices d’austérité le plus élevé (+1) derrière le Japon et l’Australie (+1.2).

Les répercussions sur le campus 

À l’Université même, plusieurs observent des détériorations des services offerts aux étudiants; augmentation des tarifs, diminution des heures d’ouverture, tout finit par y passer. Parallèlement, les coupures ont entraîné la fermeture de la faculté avec le plus grand déficit budgétaire l’an dernier, soit celle de théologie.

Avec les coupures budgétaires de l’ordre de plusieurs millions, plusieurs professeurs ont été remplacés par des chargés de cours. Non seulement il y a eu une coupe de professeurs, mais en plus, le nombre d’élèves par classe ne cesse d’augmenter. La facture des étudiants augmente peu à peu et 2015 marque l’instauration des FINO tel qu’il a été traité précédemment.

Les régions, donc l’Estrie, sont énormément touchées par les compressions budgétaires puisque celles-ci riment souvent avec la centralisation et la fermeture.

Les femmes, principales victimes de l’austérité 

Féministe ou pas, il est impossible de ne pas s’ouvrir les yeux: les femmes sont les plus touchées par les coupures massives dans les services publics, puisqu’elles y occupent 75% des emplois. Mais si ces femmes sont touchées par les mesures d’austérité de 2015 à titre de travailleuses, elles le sont d’autant plus à titre d’utilisatrices des services et des programmes sociaux, puisqu’elles en sont les principales récipiendaires. Serions-nous entrain d’assister à un retour à la maison des femmes?

Mais les mesures d’austérité ne s’arrêtent pas là, elles touchent le milieu de l’éducation, celui de la santé, des services communautaires, des centres de la petite enfance. Alors que la première répercussion est le manque de ressources, la baisse de ressources disponibles, l’austérité pourrait mener jusqu’à une récession économique selon le principe de la roue qui tourne. 2008 n’étant pas si loin, sommes-nous prêts à affronter une nouvelle crise économique?


© Cathie Lacasse Pelletier

Vous pouvez lire, en cliquant ici, l'éditorial de notre chef de pupitre Société relié à cet article.

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