Par Jean-Philippe Ouellette

Vous avez une conversation animée avec votre beau-frère qui estime que Brendan Gallagher se fait discret autour du gardien adverse. En quelques gestes sur votre tablette, un graphique apparait et vous montre les tendances de positionnement du vigoureux attaquant en zone offensive. L’image le prouve sans aucun doute, vous aviez bien raison. Quelques jours plus tard, un passionnant match de hockey vous retient devant votre écran en fin de soirée. Vous écoutez rarement des matchs mettant en scène des équipes de la conférence de l’Ouest et un joueur que vous ne connaissez pas attire votre attention. Vous effleurez du doigt le joueur en question et vous avez instantanément accès à son profil. Magie noire? Non. Bienvenu dans le futur monde de la diffusion sportive.

En 2006, l’arrivée de la haute définition a permis d’améliorer considérablement la captation des parties de hockey. Lors de la Coupe du monde de soccer de cet été, la diffusion des matchs en 4K a été mise à l’essai, avec des résultats probants. L’augmentation de la résolution des moniteurs annonce une image encore plus claire et la possibilité d’ajouter plus aisément du contenu sans nuire à la visibilité. Si l’on considère en plus l’amélioration constante des caméras et de la fiabilité des statistiques recueillies, on est en droit de s’attendre à une nouvelle révolution dans le milieu des médias sportifs.

Les gérants d’estrade ont de quoi se réjouir, car l’émergence des tablettes et des autres deuxièmes écrans s’accompagne d’une profusion d’informations. La transition est d’ailleurs déjà amorcée : les chaines sportives utilisent des systèmes informatiques pour compiler les données statistiques qu’elles présentent en onde et hors d’onde. Pensons aux analyses de jeux lors des entractes qui utilisent abondamment l’infographie ou à TVA Sports qui offre sur son application la possibilité de choisir parmi plusieurs angles de reprises.

Un retard à rattraper

Loin derrière des concurrents qui offrent plus de contenu interactif, la Ligue nationale de hockey s’affaire à se mettre à jour technologiquement. Conjointement avec l’arrivée en force des statistiques avancées dans les prises de décisions, les systèmes de suivi de ce qui se passe sur la glace ont maintenant la cote au sein du royaume de Gary Bettman.

Depuis quelque temps, les équipes de hockey partageant des arénas avec des équipes de la NBA testent SportVu, un logiciel de repérage utilisé au basketball et au soccer. Pour l’instant, le système n’est pas aussi fiable sur les patinoires que sur les parquets, puisque le programme ne peut différencier les hockeyeurs lorsqu’il y a des mêlées dans les coins ou devant le but. Afin de contrer cette faiblesse, quelques équipes de la LNH vont, cette année, intégrer des puces aux uniformes de leurs joueurs dans le cadre d’un projet pilote. Le positionnement des joueurs, leur vitesse de déplacement, la puissance de leurs tirs et la distance qu’ils ont parcourue pourront donc bientôt être colligés et consultés en direct par les organisations… et par les médias.

La technologie au service des diffuseurs

Ironiquement, la LNH a été l’une des premières ligues professionnelles à utiliser ce type de gadgets. En 1996, la chaine américaine Fox a créé une rondelle dotée de capteurs de chocs et d’émetteurs infrarouges. La rondelle FoxTrax servait à diffuser à l’écran des animations facilitant le suivi du disque. Sur papier, l’idée était excellente. L’exécution de ce balbutiement de réalité augmenté a toutefois été discutable. De longues trainées rouge-orangé apparaissaient lors des tirs, ce qui empêchait l’intégration harmonieuse de l’outil à l’action. Après avoir abandonné le projet en 1998, Fox a continué à mettre au point des systèmes de tracking FoxTrax, qui sont présentement utilisés dans le cadre des courses de NASCAR et des matchs des Ligues majeures de baseball.

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