Par Sofie Lafrance

Le 11 septembre dernier, le monde entier se souvenait. À quel endroit étiez-vous quand vous avez vu ces images frappantes, troublantes et désespérantes? Comment comprendre que la simple évocation de la date du 11/09 puisse porter une charge historique et émotive si lourde? Que penser de ces tragiques événements avec tout le recul, les conclusions, les suppositions et les comparaisons que nous avons pu lui rattacher depuis? Tant de questionnements qui, après quinze années, ne semblent que s’accumuler sans ne jamais être résolus.

En politique, nous considérons que le 11 septembre 2001 représente la naissance réelle du XXIe siècle. Comme si, depuis la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS et la « fin » de la guerre froide en 1991, une période creuse de dix années s’était insérée. Pourquoi? Parce que durant ces années, l’environnement international est demeuré relativement stable, signe qu’il n’était qu’une question de temps avant l’apparition de ce nouveau phénomène : la guerre au terrorisme. Après tout, la guerre n’est-elle pas le moteur économique du monde?

À bien y penser, pourquoi ne pas se pencher sur cette période de 1991-2001 pour essayer de comprendre la suite des événements. Cette période de latence ou de sommeil international regorge de signaux précurseurs de la situation internationale actuelle et mérite probablement une attention beaucoup plus primordiale que nous le présumons. Voici ce nous ignorions jusqu’à présent du passé trouble des attentats du 11 septembre.

Saviez-vous que le symbole économique des États-Unis, le World Trade Center, a été victime d’un premier attentat terroriste en 1993? À l’époque, des explosifs avaient été disposés sur une rampe d’accès du stationnement souterrain de l’une des tours. L’explosion avait causé un cratère de 30 mètres de diamètre et de 60 mètres de profondeur et déclenché un grave incendie. Bilan : six décès, près d’un millier de blessés et une vague de terreur généralisée dans ledit gratte-ciel. Cet attentat avait alors été imputé au mouvement islamiste radical égyptien d’Omar Abdel Rahmane, condamné par le gouvernement américain à la suite d’investigations menées par le FBI.

C’est d’ailleurs à la suite de l’attentat de 1993 que des mesures de santé et sécurité avaient été adoptées, indiquant aux employés du World Trade Center de demeurer à leur poste de travail en cas d’urgence. À l’occasion du 11 septembre 2001, ces mesures désuètes de 1993 n’avaient connu aucune modification, les employés étant donc priés de demeurer à leur poste en attendant des consignes ultérieures. Le résultat, vous vous en doutez, seuls les individus ayant eu l’audace de prendre fuite ont survécu.

Les souches intégristes, bien que les puissances occidentales aient essayé de les atténuer, ont su profiter de la période tranquille de 1991-2001 pour se démultiplier en marge de la scène internationale. C’est l’insouciance accordée à ces mouvements qui a provoqué les réels dangers d’aujourd’hui. La prévention aurait dû être prise avec sérieux et mise en place, mais comment prédire que l’apogée prendrait une forme si meurtrière? Et ici, je ne parle pas seulement des événements du 11/09, mais bien de l’ensemble des interventions et des conflits asymétriques qui s’en sont suivis, mettant à feu et à sang l’ensemble du globe.

Donc, quelle est l’importance accordée aux événements du 11 septembre en 2016? Au-delà de se souvenir des pertes humaines, il faut considérer que cette date clé est le malheureux début de notre ère actuelle et que le sort n’est pas encore joué pour détourner ce négativisme en positivisme. Ce n’est, encore une fois, qu’une question de temps et de volonté, à nous d’y voir.


Crédit photo © SputnkikNews

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