Le Café The Singing Goat : Entrevue avec Catherine Migneault et Jean-François Vachon, copropriétaires

Par Sofie Lafrance

C’est à la tombée du jour, à la suite d’une journée achalandée, que les copropriétaires du Café The Singing Goat, Catherine Migneault et Jean-François Vachon, m’ont chaleureusement accueilli dans leur charmant restaurant. J’étais alors fébrile de réaliser une entrevue qui me rejoignait autant, soit sur les commerçants locaux de Sherbrooke qui rendent cette ville si unique et sur la « bouffe » végétarienne.

Santé, culture, communauté

Avez-vous entendu parler du Café The Singing Goat, situé au croisement de la rue Galt Ouest et Alexandre? C’est un café de quartier, où le menu végétarien, végétalien ou cru saurait séduire même le plus carnivore d’entre vous.

Difficile d’ignorer ces trois aspects : santé, culture, communauté, que le Café The Singing Goat rend si réels et tangibles. Au-delà d’être un restaurant de quartier, il s’agit d’un lieu de rassemblement et de partage. « C’est un lieu social, communautaire, un point d’impact sain pour le quartier. C’est à travers des rassemblements que c’est possible, soit en rencontrant de nouvelles personnes, en suivant des ateliers, en apprenant à faire son jardin… c’est se faire du bien autant au niveau émotionnel et spirituel que physique », explique Catherine.

Pourquoi accorder une attention particulière à la rue Alexandre, dont la réputation est connue de tous depuis plusieurs années? La réponse semble évidente pour Jean-François. « La rue Alexandre, de ce que j’ai pu en entendre, était très vivante dans les années 1980 et début 1990, chose qui s’est dégradée depuis. Par contre, on ressent une recrudescence sur cette rue, on peut penser au Café général, au restaurant mexicain El Tabernaco et à toutes les petites boutiques qui y prennent vie. »

« On ne peut pas travailler en vase clos, ajoute Catherine, chaque commerçant a sa propre particularité et nous avons tous quelque chose à nous apporter mutuellement. Nous sommes également conscients que nous sommes tous dans le même bateau, donc nous en profitons pour collaborer ensemble à la place de nous considérer comme compétiteurs. »

Le végétarisme

C’est sans grande surprise que les deux copropriétaires ont adopté un mode de vie végétarien depuis plusieurs années. « À l’été de mes 20 ans, j’ai passé six mois dans un centre de méditation près de Shawinigan. C’est à ce moment que j’ai à la fois découvert le végétarisme indien et un mode de vie tout à fait différent du nôtre. Je travaillais dans les cuisines parce que… j’aime ça manger! J’aime ça cuisiner! », s’esclaffe Catherine en riant.

Considérant la part grandissante de population végétarienne/végétalienne et l’ouverture d’esprit face à ce nouveau mouvement alimentaire, il en est à se demander si les restaurants devront s’adapter à cette demande dans un futur rapproché. Catherine soutient : « Ce que j’ai réellement hâte de voir, c’est la grande cuisine, la fine gastronomie végétarienne reconnue. Les gens considèrent souvent que ce que les végétariens mangent pour compenser, soit les légumineuses, ce n’est pas noble. » Elle spécifie toutefois que le régime végétarien n’est effectivement pas fait pour tous. L’avenir réside dans le choix et la variété offerte aux clients.

Jean-François souligne également que « les mentalités sont plus ouvertes à essayer les options végétariennes et qu’au final, ce n’est qu’une question de goût et d’assaisonnement adéquat. »

Un café local plus qu’écologique

En plus d’être un restaurant où la nourriture est délicieuse, le Café The Singing Goat s’investit à produire le moins de déchets possible et à avoir des fournisseurs estriens locaux. « L’été, nous avons un jardin communautaire, où la moitié de la production va au Café et l’autre aux personnes du quartier qui s’y impliquent » explique Catherine. « Nous prônons la récupération, nous faisons notre propre compost, nous avons des plats et verres compostables pour les take-out, nous faisons nos propres pousses… » Tout y est.

Le Café encourage également les agriculteurs et fournisseurs locaux, soit le Potager d’Émylou, les Sherbiculteurs, le Domaine de Courval, la Maryse et ses pots, la Boulangerie Dufeu, etc. « C’est sûr que l’hiver, c’est plus difficile de mettre la main sur des produits d’ici, mais nous cuisinons les légumes de terre, les pommes de terre, les carottes… En même temps, on a hâte que ça arrive et on aime vivre selon le calendrier des récoltes! »

Le Studio Goat

Au-dessus du Café se trouve le nouveau Studio Goat, un lieu de rassemblement qui permet à la population locale de s’investir dans le Café estime Jean-François. « J’ai toujours eu ce désir de vouloir rassembler des gens, de m’impliquer dans la sphère culturelle, de donner aux autres une tribune, une occasion pour eux de s’exprimer. » Il a d’ailleurs contribué à la création de la troupe de théâtre universitaire. « L’implication, ça fait que tu restes vivant toi-même, que tu restes jeune. Au-delà du revenu, le Café nous permet d’exprimer qui on est. »

creditsinginggoatarticlesofie

Crédit photo © Singing Goat

D’ailleurs, le Studio Goat est une salle qui peut être louée pour des 5@7, des rencontres, des réunions, dont la capacité, si optimisée, peut être de 30 personnes. Le Studio a une programmation ponctuée d’ateliers, d’événements, de conférences et de spectacles.

Le 24 septembre prochain se tiendra la troisième édition de Sakalinge (https://www.facebook.com/events/1835605950006457/), une friperie communautaire où tous et toutes apportent les vêtements dont ils veulent se défaire pour les troquer contre d’autres. Il y a également des soupers spectacles mensuels, la prochaine invitée est Mireille Pruneau (https://www.facebook.com/events/1299106626767730/), le 23 septembre!

Enfin, sur le sujet de la population étudiante de Sherbrooke, Catherine et Jean-François sont catégoriques. « On aime ça les avoir toute la journée pour qu’ils viennent étudier, pas seulement pour diner, on ne veut pas qu’ils pensent qu’ils nous dérangent s’ils restent pendant de longues heures! » La balle est donc dans votre camp, de toute façon, ne ressentez-vous pas l’envie pressante d’aller l’essayer?!


Crédit photo © Singing Goat

Partager cette publication