Par Ariane Gauthier

Après avoir fait au minimum deux années d’études collégiales, vous êtes-vous déjà questionnés sur la pertinence du diplôme que vous avez en main? Il est logique d’avoir le réflexe de se comparer aux autres provinces du reste du Canada. Constatation: nous sommes les seuls au pays à avoir une étape de la sorte dans le cheminement postsecondaire.

Implantés dans toutes les régions du Québec depuis 1967, les cégeps sèment le doute année après année quant à leur utilité au sein du parcours scolaire, le débat revenant souvent sur la table, même en 2015. Certes, en regardant le modèle adopté par le reste du Canada, il peut être tentant de vouloir s’y fondre. D’un autre côté, les cégeps avantagent sur plusieurs points les étudiants québécois en les aidant à s’adapter au rythme des études supérieures et en leur permettant d’en apprendre plus sur eux-mêmes.

D’abord, le cégep permet de rencontrer de nouvelles personnes et par le fait même, de se dégêner grâce aux nombreuses activités parascolaires, sans parler des équipes sportives. On y agrandit donc notre cercle de connaissances. Certains proviennent de petites écoles secondaires, et le fait de fréquenter un plus grand milieu peut être un choc au début, ce qui demande un certain temps d’adaptation. Lorsqu’on entre à l’université, la marche est moins élevée. Mais bien au-delà du fait qu’on y travaille nos compétences sociales, le cégep offre une préparation pour nous permettre d’être plus avisé. Dans les faits, l’encadrement est toujours présent au cégep, mais l’est assurément moins qu’au secondaire. On apprend, au collégial, à gérer l’autonomie qu’on gagne tranquillement et cela permet d’avoir de meilleures méthodes de travail. Ce sont des compétences utiles qu’on acquiert au fil de nos bons et moins bons coups, ce qui forge notre caractère. On sort très fort probablement plus mature du cégep que nos voisins les Ontariens, par exemple, lorsqu’ils graduent du High School.

Le cégep donne l’opportunité à ceux qui ont des questionnements par rapport à leur futur d’explorer différents domaines. En arrivant à l’université, les étudiants qui sortent du collégial sont plus orientés vers le type d’emploi qu’ils souhaitent faire. Certains cours du cégep permettent de cibler ses préférences, afin de faire un choix de programme plus judicieux à l’université. D’autres développent des compétences cruciales pour bien fonctionner en société. Par exemple, les cours de philosophie permettent de se former une pensée critique et de prendre la peine de se pencher sur des enjeux et d’en regarder les deux côtés de la médaille. En fait, le cégep permet de grandir en tant qu’individu et de mieux se connaître soi-même.

De plus, ces établissements d’études regroupent les programmes techniques et n’existent pas seulement que pour les programmes pré-universitaires. En plus d’offrir ces cours qui forment les techniciens de demain, les cégeps offrent aux étudiants des cours de base qui leur serviront tout au long de leur vie.

Il convient donc de dire que le système d’éducation québécois offre à ses étudiants des outils afin d’arriver plus préparés à l’université. Ce premier volet d’enseignement supérieur est utile pour y apprendre à planifier son temps, chose utile tant à l’université que sur le marché du travail. L’exception que constitue le modèle québécois semble aux premiers abords une anomalie, mais c’est en fait un réel avantage, qui doit être considéré. En ces temps durs pour l’éducation, les cégeps ne font pas exception à la règle. Universitaires, le cégep semble déjà être loin, mais j’ose espérer que cette période de votre vie demeurera ancrée en vous.

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