Par Virginie Roy

Le lancement du deuxième numéro du Climatoscope a eu lieu le 28 octobre dernier. Cette revue de vulgarisation scientifique souhaite contribuer à la lutte aux changements climatiques par le biais d’articles multidisciplinaires.

Avec ce projet, l’équipe « voulait permettre aux savoirs scientifiques de faire leur chemin vers les citoyens pour qu’ils puissent voir la multiplicité de problèmes, mais aussi avoir des zones d’espoir », explique la directrice du Climatoscope, Annie Chaloux.

Parue pour la première fois en septembre 2019, la revue a pour principale mission de vulgariser les connaissances scientifiques sur les changements climatiques, et ce, pour un public averti.

« C’est sûr que ce n’est pas une lecture qui va se faire rapidement sur le coin d’une table, déclare la directrice, mais sans être universitaire, un citoyen qui connaît un peu la réalité des changements climatiques ne va pas trouver sa lecture trop aride. »

Bien que les chercheurs en changements climatiques aient la volonté de transmettre leurs connaissances au plus grand nombre possible, le message peine à se rendre au grand public selon l’équipe du Climatoscope, notamment en raison du peu de publications en langue française.

« On a décidé de franchir le pas et de s’investir dans la production d’une revue annuelle francophone qui permet de brosser un portrait des avancées scientifiques », ajoute la directrice du projet.

Multidisciplinarité

Biologie, génie, géomatique, gestion, philosophie, politique et santé : le domaine d’étude des auteurs de cette deuxième parution démontre bien l’aspect multidisciplinaire du Climatoscope.

« Les changements climatiques touchent toute notre vie comme individu, comme citoyen, comme employé, comme organisation. On doit donc faire face à cet enjeu-là sous de multiples dimensions », soutient Annie Chaloux.

Elle a d’ailleurs été agréablement surprise de lire un article comme Moins travailler pour moins polluer : la nature occupationnelle de la transition écologique. « Comment ça se fait que des ergothérapeutes s’intéressent aux changements climatiques ? », s’est-elle posée comme question à la lecture de l’article. « Leur texte est hyper intéressant et ça nous permet d’élargir notre vision. »

Le développement du volet communication environnementale se fait à vitesse grand V depuis quelques années, comme démontré dans le texte de Charles-Antoine Millette et Pénélope Daignault, et ravit la professeure Chaloux. « C’est intéressant de voir que tant du côté science sociale que science plus dure, il y a un intérêt marqué pour ces questions-là », note-t-elle.

Les auteurs qui signent la vingtaine de textes de la revue proviennent d’un peu partout à travers la francophonie, ajoutant au décloisonnement des disciplines. Cette diversité de provenance permet, entre autres, de présenter des réalités différentes et même d’en faire des comparaisons, selon la directrice.

Bien qu’une équipe de professeurs de l’Université de Sherbrooke soit à l’origine du projet, Le Climatoscope ne souhaite pas qu’être associé à l’UdeS. « C’est plutôt une revue qui a comme objectif d’aller chercher les meilleures expertises sur les changements climatiques dans la francophonie », spécifie Annie Chaloux.

Et cette expertise, l’équipe de la revue la recherche également en dehors du champ professoral ou de chercheurs puisque la communauté étudiante est aussi invitée à soumettre des textes. Comme le précise la directrice, « ça permet d’aller chercher de nouveaux savoirs auxquels les professeurs n’ont pas nécessairement pensé ».

Processus de sélection

Dès le mois de janvier, l’appel de soumission de textes est ouvert à tous. Les personnes intéressées proposent un paragraphe expliquant l’article qu’elles aimeraient voir apparaître dans le prochain numéro.

« Le comité scientifique cherche ensuite les textes les plus variés sur le plan du contenu et ceux le plus d’actualité », explique Annie Chaloux. Si une thématique est acceptée de prime abord par le comité du Climatoscope, des évaluateurs externes et indépendants s’occupent de la sélection finale. « Parfois, ils demandent des modifications importantes et l’auteur n’a pas nécessairement le temps de les effectuer », poursuit la directrice et membre du comité scientifique.

La pandémie a bien sûr bouleversé un peu les cartes : certains textes ont dû être retirés parce que les chercheurs étaient aussi pris avec la pandémie, donc plus le temps de produire un article. « Même si l’appel de textes était terminé, on a réajusté pour assurer une certaine constance », dit Annie Chaloux. La revue a aussi connu certains délais, provoquant le report de la publication de fin septembre à fin octobre.

Le fil conducteur de ce deuxième numéro ? Les bouleversements. Comme l’exprime l’équipe dans l’introduction de la revue, « année 2020, année remplie de bouleversements. Bouleversements climatiques, bouleversements sanitaires, bouleversements économiques. Certainement, il y aura un avant et un après 2020. »

« La pandémie est venue ajouter une couche de plus, mais elle n’a pas transformé le fond de ce qui était dans le deuxième numéro, remarque la directrice Chaloux. Avant la pandémie, on était dans un momentum au niveau de la crise climatique. »

Les bouleversements rattachés aux impacts des changements climatiques commençaient à avoir un réel écho sur les citoyens, selon Annie Chaloux. « La pandémie a pris tout le monde de court, mais là, le temps a fait son œuvre et les gens sont prêts à remettre l’épaule à la roue. »

Elle considère que la crainte du transport collectif, par exemple, est l’un des grands enjeux mis de l’avant au cours de la pandémie. « C’est quand même anormal que l’on soit toujours en sardine dans les transports collectifs, avec ou sans pandémie, confie-t-elle. Si l’on veut que les gens choisissent ce type de transport et que l’on arrête l’étalement urbain et l’accroissement du parc automobile, il faut aussi se questionner sur le confort et la sécurité du modèle actuel. »

Les deux numéros du Climatoscope sont disponibles gratuitement en ligne. « Beaucoup d’étudiants s’intéressent aux questions environnementales, et maintenant, ils ont accès à une brochette de chercheurs qui s’intéressent à ces questions-là. S’ils réfléchissent à faire des études supérieures, ils ont une panoplie de thématiques qui peuvent être développées, une quantité de chercheurs qu’ils pourraient aller rencontrer », conclut Annie Chaloux.


Crédit Photo @ Le Climatoscope

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