Le Collectif fête ses 40 ans

Par Laurence Poulin

Le Collectif fête cette année ses quarante années comme Journal des étudiants et étudiantes de l’Université de Sherbrooke. Avant cela, en décembre 1955, paraissait le premier numéro du Journal des étudiants de l’Université de Sherbrooke. En mars 1956, c’est devenu L’Estrien puis le Vert et Or en mai 1956. À sa onzième parution, on changea de nom pour Le Campus Estrien. En septembre 1971, ce fut remplacé par le nom Presse-Campus. Il a disparu après 4 ans pour devenir Caucus. C’est donc en 1977 que Le Collectif a bel et bien vu le jour sous sa forme actuelle. Outre les noms qui se sont enchainés, le journal des étudiants de l’UdeS a vu l’histoire défiler sur ses pages.

Premiers articles du Collectif

Dans sa présentation, au Volume 1, N° 1, l’équipe présentait ses objectifs et ses structures administratives et formelles. Les sections étaient quelques peu différentes que celles actuelles. On pouvait y retrouver les sections suivantes : le politique, le culturel et le social. Celles-ci ont pris un tournant quelque peu différent pour s’adapter à la réalité étudiante en ajoutant entre autre la Page sportive après quelques éditions.

Déjà dans sa quatrième édition, on tenait à faire un premier bilan sur les buts que s’était fixé le Journal.

On y indiquait la volonté de refléter la collectivité étudiante dans ses contradictions afin de favoriser le dialogue entre les membres et contribuer à la prise de conscience des problèmes et des enjeux collectifs de la vie étudiante. C’est encore aujourd’hui ce que s’efforcent de faire tous ceux qui passent par Le Collectif.

Revendicateur et humoristique à la fois

Tel que présenté dans la chronique Campus de la présente édition, Le Collectif était hautement engagé et davantage revendicateur. Voici quelques exemples de titres des premières éditions :

  • Un plan « quinquennal » de développement de l’Université ou l’Université deviendrait-elle communiste ?
  • Projet de relance de l’ANEQ : Mettre à bas l’élitisme
  • On occupe à l’Université Laval
  • On dénonce l’immobilisme des Prof. de Droit!
  • Le Combat des Femmes : Les factions d’extrême-gauche sont divisées sur la question

Outre ces exemples, le journal faisait également preuve d’un ton assez humoristique et ironique pour faire passer certains messages sérieux. Un exemple est extrait de l’article ayant pour titre : Dilemme laitier sur le Campus. L’auteur, Mathieu Lefaivre voulait exposer le dilemme entre l’achat de lait ontarien (Sealtest) à la Coop de l’Université ou encore de lait Québon de Granby à la Cafétéria. En voici un extrait : « Ou j’encourage J.A. Hubert (pouah! concessionnaire étranger) et la coop agricole de Granby, ou j’encourage ma coop (oui, oui, la mini-épicerie du Centre social) et Sealtest… Que boire ?... Je pense que je vais me mettre à la bière… Molson ? ». Il faut croire que certaines choses ne changent pas!

En 2008, la fin du Collectif ?

Dans un éditorial ayant pour titre Le Collectif : 1977-2008 ? signé Joël Lagrandeur on annonçait le manque de collaborateurs et de Chef de pupitre et le manque de gens présents aux assemblées d’élections de ces postes malgré le haut taux de lectorat. Ce ne fut que sept semaines plus tard que Le Collectif fut son grand retour avec un éditorial, Trépas prorogé de Sarah Saïdi. Elle y expliquait que le journal avait renouvelé son équipe et croyait qu’il avait encore sa place au sein de la communauté étudiante. On y disait ceci : « Ce n’est ni un endroit où l’on fait l’éloge de l’Université ni un endroit réservé aux membres d’une faculté. C’est un espace privilégié que vous avez pour vous exprimer et vous informer […] ». Autre phrase encore d’actualité : « Comme son nom l’indique, il se veut rassembleur, il vous aime et il vous veut tous autant que vous êtes! »

Le Collectif : Un instrument fort en devenir

Comme il était mentionné dans un numéro spécial d’août 1978, l’équipe faisait un bilan de sa première année d’activité. On écrivait ceci à propos du journal, dans un article ayant pour titre Le Collectif : Un instrument fort en devenir : « Si nous voulons que le journal Le Collectif soit un véritable instrument dans les mains des étudiants, il faut de ces mêmes étudiants pour bâtir cet instrument, tout comme aussi il faut pour s’en servir ». On lançait alors appel à la participation pour offrir « un journal de qualité et un organe efficace dans son rôle d’information auprès de la masse étudiante ». Cela est d’autant plus vrai aujourd’hui en 2017. Ce qui fait vivre le journal, ce sont les étudiants et étudiantes qui y contribuent. Qui plus est, la relation efficace et soutenue avec les différents regroupements et associations étudiantes. À ce sujet, notre équipe est à l’ébauche d’un plan concret pour solidifier ce lien-là. Soyez à l’affut d’ici les prochains jours!

La fin pour L’Heuristique, journal des étudiants de l’ÉTS ?

Alors que notre journal célèbre, il est en deuil pour la liberté d’expression et la liberté de presse pour ses collègues du journal L’Heuristique de l’École de Technologie supérieure. En effet, puisque leur financement leur est octroyé directement par l’Association des étudiants de l’ÉTS, cela les a mené à un combat interne avec le CA de l’AÉÉTS sur le contenu du journal. En raison de publications au contenu dénoncé, voire censuré par certains membres du CA de l’AÉÉTS, s’en est suivi une série d’évènements menant dernièrement à l’octroi d’un droit de veto sur le contenu par le CA, à une volonté de dissoudre l’Heuristique et à la décision de ce CA de ne plus financer le journal. Le rédacteur en chef s’est donc vu obligé de démissionner le 11 janvier dernier. Le CA de l’AÉÉTS compte donc rendre le journal indépendant, puis le laisser se fermer de lui-même, faute de fonds. Il importe de préciser que le contenu dénoncé concernait, entre autres, des articles portant sur la dénonciation d’irrégularités quant à certains votes de grèves, le déroulement de certaines négociations au sujet du projet de la Maison des étudiants ou encore concernant l’attitude du président de l’AÉÉTS et de ses déclarations à l’égard des violences sexuelles qui selon lui n’étaient qu’une problématique « très anecdotique ».

Le Collectif tient à affirmer sa solidarité avec l’équipe de L’Heuristique et s’oppose à la censure et aux décisions de l’AÉÉTS au nom de la liberté de presse.


Crédit photo © Université de Sherbrooke

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