Par Jean-Simon Demers, collaboration spéciale 

Malgré le nuage gris de la pandémie qui planait au-dessus de Melbourne, l’Open d’Australie, premier tournoi Grand Chelem de l’année2021, nous a donné du tennis de grande qualité. Une quinzaine hors de l’ordinaire qui s’est soldée par le sacre de deux grands champions. 

L’automne dernier, les dirigeants de Roland-Garros et du US Open avaient instauré une bulle sanitaire autour des tournois, mais sans quarantaine obligatoire. Cette fois-ci, les joueurs arrivant en Australie devaient s’isoler pendant quatorze jours. Ils pouvaient tout de même sortir s’entraîner pendant un maximum de cinq heures par jour. Toutefois, 72athlètes ont reçu une interdiction ferme de sortir de leur chambre ayant voyagé avec des personnes infectées. C’est le cas de la finaliste américaine Jennifer Brady, qui a dû se contenter d’un entraînement à l’intérieur de sa chambre d’hôtel.   

Osaka confirme, le Joker se rapproche 

La Japonaise Naomi Osaka, championne en 2019 et numéro 3 mondiale, a confirmé qu’elle était une grande joueuse qui laissera certainement sa marque dans l’histoire du tennis. Elle a réussi son plus grand test en demi-finale en terrassant Serena Williams6-3 et 6-4. Williams, qui a besoin d’un seul titre en Grand Chelem pour rejoindre Margaret Court (24 titres) au sommet de l’histoire, reste bloquée à 23titres depuis 2017. À 39ans, il y a lieu de se demander si elle aura d’autres chances de toucher au record.

 Source: TPN

Osaka, 23ans, a remporté son quatrième titre du Grand Chelem en ne perdant qu’une seule manche pendant le tournoi. La jeune championne avait fait parler d’elle à l’automne avec sa prise de position en faveur du mouvement Black Lives MatterÀ chaque match qu’elle avait disputé au US Open2020, elle était arrivée sur le court affichant le nom d’une victime de la brutalité policière sur son masque. Sept noms différents, sept victoires et le grand trophée. 

Chez les hommes, malgré une blessure en troisième ronde, Novak Djokovic a fait ce qu’il fait année après année à Melbourne: gagner. C’était déjà son neuvième titre en Australie et son 18eGrand Chelem. Il ne lui en manque que deux pour rejoindre au sommet ses éternels rivaux Roger Federer et Rafael Nadal. 

Celui surnommé le Joker a renverséen grande finale3Daniil Medvedev en trois manches de 7-5, 6-2 et 6-2. Medvedev, numéro3 mondial, est défait pour une deuxième fois en finale d’un tournoi majeur après sa défaite face à Nadal au US Open de 2019. 

Les Canadiens à surveiller cette saison 

Lors du tournoi australien, les Canadiens n’ont pas obtenu les résultats espérésAucun représentant unifolié n’a pu se qualifier pour la deuxième semaine d’activité. Néanmoins, les représentants du pays possèdent tous un potentiel d’excellence à surveiller dans les années à venir.  

Il y a tout d’abord ljeune prodige Bianca Andreescu. Elle est arrivée sur le circuit comme une tornade en 2019Commençant l’année au 152erang mondial, elle s’est rapidement imposée grâce à sa force de caractère et son jeu varié. Elle a terminé l’année au 4erang en remportant au passage le prestigieux US Open devant Serena Williams. Les blessures la suivent malheureusement depuis. Les tournois de 2021 marquaient son retour après 15mois sans compétition.  

Nous devrions voir progresser la Lavalloise de 19ans Leylah Annie Fernandez dans les prochaines années. La gauchère a remporté le tournoi de Roland-Garros chez les juniors en 2019. Maintenant dans le top-100 chez les seniors, elle fait tranquillement sa place sur le circuit de la WTA ayant même remporté en 2020 le tournoi d’Acapulco. 

Chez les messieurs, trois Canadiens sont présents dans le top-20. Le vétéran Milos Raonic fait toujours frémir ses adversaires avec son service dévastateur. Le finaliste de Wimbledon en 2016 est toutefois lui aussi ralenti par les blessures depuis quelques années. Son parcours s’est arrêté au 4etour en Australie contre le grand Djokovic. Raonic espère rebondir cette année et ajouter à ses huit titres gagnés sur le circuit. 

Denis Shapovalov devient la sensation du tennis canadien en 2017 lorsqu’il bat Rafael Nadal à Montréal. Le gaucher est reconnu pour son gracieux revers à une main, parfois en sautantShapovalov espère entrer dans le top-10 cette année, lui qui est maintenant 11e mondial. Il n’a pas triomphé depuis son seul titre à Stockholm en 2019. 

Le tombeur de Shapovalov en Australie est son ami et compatriote Félix Auger-Aliassime. Plus jeune membre du top-20 mondial, le Québécois joue un style agressif et n’hésite pas à varier son jeu pour déstabiliser l’adversaire. À 20ans, il a déjà sept finales à son actif. Il cherche toujours à franchir la barrière psychologique qui le prive encore de son premier titre chez les professionnels. 

Pour le reste de la saison, malgré plusieurs incertitudes liées à la pandémie mondiale de COVID-19, il sera intéressant de suivre la progression de nos Canadiens. Ils sont maintenant bien établis et respectés sur la scène mondiale. Après Bianca Andreescu, reste à voir si nos espoirs masculins pourront enfin remporter les grands honneurs et réécrire l’histoire du tennis canadien.

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