Le culte de la responsabilité médiatique

Par Catherine Foisy 

Toute information n’est pas accessible à tous; les médias sont le pont entre les évènements, quels qu’ils soient, et le récepteur d’information, nous. Les médias détiennent énormément de pouvoir et peuvent choisir l’information qu’ils souhaitent acheminer. Mais le lecteur, quant à lui, en détient tout autant. 

 

Le sensationnalisme traditionnel 

Il ne prend que quelques minutes pour sélectionner quelques phrases d’un discours qui s’échelonne sur plusieurs heures afin de le partager dans la blogosphère ou dans les journaux avec un titre des plus sensationnalistes. Le récepteur ne sait pas forcément faire la différence entre ce que l’annonceur véhicule comme information versus ce qu’il reçoit, et avec tout ce qui circule sur le net, c’est encore plus difficile d’y arriver. L’auteur qui se cache derrière cette information n’est pas forcément de mauvaise foi, parfois il s’agit tout simplement d’un manque d’informations sur son sujet, ou encore, d’un manque d’objectivité de la part de ses intervenants. L’information n’est pas nécessairement fausse, elle peut n’être qu’incomplète, et souvent, il en est ainsi par choix.

Un classique québécois est très certainement le Journal de Montréal, ou son penchant de Québec, le Journal de Québec. Le sensationnalisme pur et dur, des titres qui souhaitent choquer, des articles qui vont jouer avec les sentiments, des articles qui s’apparentent davantage à une communication affective (les sentiments) que cognitive (la tête) ou encore conative (l’achat d’un produit). En période de campagne électorale, par exemple, le JDM sera le premier à publier des sondages menés par la firme de recherche Léger Marketing. Mais quel est le motif de publication de telles statistiques?

Les réseaux sociaux 

Pensons à tous ces grands titres qui défilent sur les réseaux sociaux; ils ne sont pas tous faux, mais à y croire, tout se peut. Pensez à vérifier la provenance des articles, il est trop facile de se perdre dans cette marrée d’informations et d’en devenir victime.

On peut encore une fois tenir responsable les médias de l’information qu’on emmagasine. Mais on peut aussi décider de faire des recherches de terrain sur les informations qui nous semblent nébuleuses. Le but d’un média est de faire véhiculer l’information à la communauté, mais plusieurs types de journalisme y font abstraction.

Les journaux satiriques 

Une des tendances médiatiques de l’heure est le journalisme ironique, loufoque, satirique. Cette tendance consiste à manier l’ironie et l’humour, et dans certains cas, l’humour noir. Cette presse est là pour nourrir les sujets tabous, les sujets dont la presse traditionnelle n’ose parler, ou n’ose aborder d’un certain angle.

On se rappellera de la bombe qui est tombée sur l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo il y a un peu moins d’un an. Des actes terroristes avaient alors enlevé la vie à 12 personnes. À leur défense, on peut même voir «journal irresponsable» sous le logo du journal. Charlie Hebdo consiste en une grosse blague de plusieurs pages où l’idée d’informer le lectorat de la vérité n’est pas. Il s’agit plutôt de l’amuser et de le faire réagir.

Somme toute, les journalistes, blogueurs et véhiculeurs d’informations de ce monde ont une certaine responsabilité sociale quant à l’information qu’ils traitent, et de l’angle choisi pour le faire, mais ne sont pas nécessairement responsables de ce que la classe populaire peut croire comme information. Il faut savoir faire la part des choses; s’empêcher de lire serait aussi néfaste que de lire tout ce qu’on peut trouver dans ce monde où l’information coule à flot.

Pour lire l'éditorial relié à cet article, c'est ici.


© Cathie Lacasse Pelletier

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