Le Diable à Cinq après la graduation : d’étudiants à musiciens reconnus sur la scène québécoise

Par Mai Lie Caya

Le 5 décembre dernier, le groupe de musique traditionnelle québécoise Le Diable à Cinq a lancé son album intitulé Debout! au Boquébière de Sherbrooke. Se définissant comme de fervents défenseurs de la langue française et de la culture québécoise, les membres sont unis par leur passion pour la musique. Le Collectif est allé à la rencontre des deux frères jumeaux, Samuel et Félix Sabourin, pour parler de leur expérience après avoir été diplômés de l’UdeS.

Lancement de l’album Debout!

Le 29 novembre dernier, Le Diable à Cinq débutait sa tournée de lancement d’album à la Place du Marché à Ripon, ville d’origine de quelques-uns des membres du groupe. Lors de l’événement de lancement, les musiciens ont présenté leur tout récent album depuis celui qui est paru en 2017. Leur petit dernier, intitulé Debout!, se veut un album destiné à appeler les gens à se lever et danser pour célébrer la vie. « Avec Debout!, nous avons voulu sortir des sentiers battus de la musique traditionnelle et trouver notre son; créer quelque chose d’entraînant, d’actuel et de populaire. L’album est un bel équilibre entre des pièces issues du répertoire traditionnel qu’on a complètement revirées de bord, tout en gardant leur essence et des compositions engagées », explique Éloi Gagnon-Sabourin, pianiste du groupe. Sur cet album, les mélomanes pourront trouver 11 pièces dont 6 compositions originales. Comme l’explique Samuel Sabourin, l’inspiration de ces œuvres musicales provient « principalement des choses qu’[il] côtoie ou réalise avec [son] parcours de vie. Lorsqu’une situation [le] dépasse ou [l’] inspire, [il se] met tout de suite à réfléchir à des idées pour transposer cela en musique, que ça soit avec des paroles ou encore avec seulement des instruments ».

L’enseignement à temps partiel

Le défi pour Samuel et Félix est de jongler avec leur vie musicale et celle qu’ils occupent à l’extérieure des pratiques, des tournées et des spectacles. Pour Félix Sabourin, la conciliation passion et travail se fait assez bien : « je suis privilégié d’avoir ma famille proche pour m’aider et soigner les animaux lorsque je suis parti pour des spectacles. Je m’occupe de la terre familiale avec mon grand-père où j’y fais l’élevage d’agneaux, de poulets et de dindes en plus d’aider à la cabane à sucre familiale. Je fais également de la suppléance dans les écoles de la commission scolaire du coin ». Quant à Samuel, la première chose qui lui vient à l’esprit lorsqu’on lui parle de sa carrière, c’est la notion de sacrifices et de réalisme par rapport à sa manière de composer ses horaires afin d’arriver à tout faire sans se surcharger. Il avoue la chance qu’il a d’être « entouré de gens qui comprennent [sa] réalité ». En tant qu’enseignant en éducation physique, il a pu puiser dans sa banque de congés de maladie. « Disons qu’[elle] est épuisée », avoue-t-il en considérant le lancement de leur deuxième album.

Aimer la musique, mais étudier en enseignement

Samuel et Félix Sabourin sont tous deux diplômés de l’Université de Sherbrooke. Ce qui rend leur parcours encore plus distinct est leurs choix d’études qui, faute est de constater, n’ont aucun lien avec la musique. Alors que Félix a complété un certificat multidisciplinaire avec des cours en éducation et que Samuel a réalisé un baccalauréat en enseignement de l’éducation physique et de la santé, leurs choix d’études prouvent que la multidisciplinarité des musiciens leur a porté fruit. Félix remarque d’ailleurs la chance qu’il a eu d’avoir pu jumeler ces deux implications : « Nos domaines d’études respectifs ne sont aucunement en lien avec la musique. Pour l’instant nous vivons le meilleur des deux mondes, qui nous permet de combiner les deux, [la musique et le travail en enseignement].

Un style musical aux racines québécoises

Le groupe Le Diable à Cinq, regroupant également André-Michel Dambremont, Rémi Pagé ainsi que Éloi Gagnon-Sabourin, anime les foules de ses compositions folkloriques. Il fait revivre la musique aux racines québécoises qui pour certains peut être définie comme chose du passé, mais qui pour Le Diable à Cinq représente une passion actuelle. La formation du groupe, établie par des liens familiaux entre cousin, frères et ami, est animée par cette musique traditionnelle qui fait danser les familles dans les fêtes du Jour de l’an et dans les cabanes à sucre. Félix et Samuel, les deux jumeaux du groupe, ont notamment été élevés dans cet univers folklorique au fort attachement à la culture québécoise. Félix précise son rapport à la musique : « Personnellement, ayant un grand-père qui joue de l’accordéon, ça m’a donné la piqure d’en acheter un moi-même et de commencer à jouer ». Cette aspiration pour le style musical du Diable à Cinq est plus qu’une préférence, c’est une « musique traditionnelle québécoise [qui] a traversé des générations pour se rendre jusqu’en 2019. Pour ce faire, des gens l’ont chantée, jouée et dansée pour garder la tradition bien vivante ». Félix parle au nom du groupe en affirmant la nécessité de préserver cette musique aussi riche en la partageant avec les autres.

Voir plus grand!

Après avoir fait la première partie des Cowboys Fringants cet été à la Saint-Jean-Baptiste à Saint-Constant, le Diable à Cinq peut se compter fier d’avoir performé auprès d’une de leurs influences musicales. « Cette prestation représentait bien tout le millage que nous avons parcouru comme band pour arriver à cet accomplissement », avoue Félix Sabourin en indiquant que 300 000 personnes se sont déplacées pour l’événement. Même avec cette fulgurante apparition sur scène, le Diable à Cinq demeure un groupe accessible qui souhaite entretenir la relation qu’il a avec la foule. « Il faut toujours rester soi-même. Être proche de son public, c’est vraiment important pour le Diable à Cinq, peu importe où le spectacle a lieu », précise Félix. D’ailleurs, le succès du groupe tient au travail d’équipe et à l’accomplissement des rôles distribués à tous et chacun. Selon Samuel, c’est ce qui tient l’équilibre du groupe. La recette gagnante du Diable à Cinq serait de réussir à le faire connaître à travers le Québec ainsi qu’outre-mer et de garder cette belle cohésion entre ses membres. Samuel termine l’entrevue sur cette réflexion touchante : « J’espère que nous allons toujours être ensemble et surtout que nous n’allons pas perdre notre flamme, que nous avons à jouer, à composer et à nous rassembler. Je pense que nous avons une belle complicité qui mérite de s’étendre sur encore plusieurs dizaines d’années ! ».


Crédit Photo @ Le Point de Vente

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