Le droit de grève : un privilège?

Par Stéphanie Bénard

Récemment, le journal Le Devoir a sorti un article sur le droit de grève étudiant et le flou juridique qui l’entoure. À cet effet, la clinique Juripop proposait trois scénarios pour mieux codifier la démocratie étudiante.

 

Tout d’abord, qu’est-ce que la grève? Selon le dictionnaire d’Antidote, la grève se veut d’être la « cessation volontaire et collective du travail par des salariés afin de défendre des intérêts communs ». Plus précisément, au niveau des étudiants, la grève se résume à l’arrêt volontaire d’une activité par un groupe dans le but précis d’attirer l’attention sur des revendications ou sur une situation jugée défavorable.

Pour celles et ceux qui sont moins familiers avec le concept, une grève étudiante est généralement votée lors d’une assemblée générale des membres d’une association. Le vote doit être réalisé de façon démocratique, et il est nécessaire qu’une majorité de membres vote en faveur de la grève pour que celle-ci soit appliquée. Plusieurs raisons peuvent mener à un mouvement de grève chez les étudiants, notamment l’opposition aux augmentations des frais de scolarité, comme au printemps 2012, ou bien aux mesures d’austérité.

Outre l’aspect démocratique du vote, qu’en est-il du droit de grève? Au terme légal, la question du droit de grève des étudiants demeure nébuleuse. La clinique Juripop offre des propositions pour encadrer ce droit lors des conflits étudiants à venir. En effet, jusqu’où la majorité l’emporte lorsque des demandes d’injonction se multiplient pour détourner la décision de l’assemblée générale?

La grève forme d’abord et avant tout des individus. L’implication des étudiants dans un tel mouvement leur apporte bien souvent les notions de la démocratie et le principe de se battre pour ses convictions. Que nous soyons d’accord ou non, nul ne peut nier l’apport que l’implication à une cause peut nous apporter, en plus de nous former en tant que citoyen. Alors non, le droit de grève ne devrait pas être un privilège, mais une option pour faire entendre sa voix et pour faire progresser la société.

Au final, il faut retenir que la grève est un moyen pour les étudiants de mettre de l’avant leurs revendications. Le mouvement de grève qui se crée tranquillement réussira-t-il à défendre l’accès à l’éducation et à faire reculer le gouvernement? Seul le temps nous le dira, mais il faut garder en tête qu’avant de s’en plaindre, il faut d’abord écouter les revendications de ces étudiants engagés.


Pour consulter l'article de la chef de pupitre campus sur la position des différentes associations étudiantes sur la grève à venir, cliquez ici.


© Cathie Lacasse Pelletier

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