Le Festival de cinéma du monde de Sherbrooke réfléchit sur la laïcité

Par Samuel Morier

La laïcité, vous connaissez? Avec le projet de loi 21 déposé par la CAQ dernièrement, c’est quasiment impossible de ne pas avoir entendu parler du débat qui déchire le Québec depuis plus d’une décennie maintenant. Le débat est tellement vif qu’il n’y a pas un jour qui passe sans en entendre parler. Aujourd’hui n’est pas différent, puisque l’enjeu de la laïcité s’est invité au Festival du cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS) le vendredi 5 avril dernier lors de l’annuel Ciné-Débat.

Dans le salon côté Mont-Bellevue du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, une vingtaine de festivaliers se sont réunis pour assister à la projection du long-métrage documentaire Quand les pouvoir s’emmêlent. Réalisé par Yvonne Defour, le documentaire met en vedette le comédien Vincent Graton, qui parcourt le monde pour observer de quelle façon les droits humains, et plus particulièrement ceux des femmes, sont bafoués lorsque les institutions religieuses s’immiscent dans le pouvoir politique.

Le périple débute en Tunisie, se poursuit en France, puis aux États-Unis et se termine ici, au Québec. Partout où le film s’arrête, il est possible de remarquer un nette recul du droit des femmes. Militantes féministes, professeurs, chercheurs et même quelques citoyens offrent à travers ce long-métrage leur point de vue sur la place du pouvoir religieux dans le monde moderne. Ainsi, le film s’éloigne de sa prémisse de départ sur l’état du droit des femmes dans le monde pour s’aventurer sur le territoire de la laïcité afin de tenter de présenter une certaine réflexion sur le sujet. Malgré les différences culturelles, un point commun semble émerger : la religion et la politique, lorsqu’elles se trouvent entremêlées, font rarement bon ménage. Pour les participants du documentaire, il ne fait aucun doute que la laïcité de l’État doit devenir une priorité et qu’en aucun cas la religion ne doit réussir à s’infiltrer dans la sphère politique.

Au bout d’un peu plus d’une heure et demie de visionnement, la projection s’est terminée et les festivaliers étaient invités à rester sur place pour participer à une période de discussion animée par Renée Dumais-Beaudoin, journaliste à Radio-Canada, et à se prononcer sur cet enjeu. Plusieurs ont choisi de raconter une anecdote personnelle ou une expérience qui les a profondément marqués, d’autres ont préféré partager leurs opinions et certains ont profité de la présence des panélistes invitées, Louisa Déry et Michèle Grondin, productrices du documentaire, pour approfondir le propos du film.

La nature très polarisante du sujet peut faire peur et amène parfois les esprits à s’échauffer et même à s’emporter, mais il n’en fut rien. Il faut croire qu’avec la formule du Ciné-Débat, le FCMS a trouvé une façon d’encadrer, mais surtout, de favoriser les échanges d’idées et d’opinions de façon respectueuse. Les productrices ont même tenu à souligner la qualité du débat et des idées présentées par les festivaliers. Il s’agissait, selon eux, d’un des débats les plus diversifiés auxquels elles ont assisté.

C’était la 6e édition du FCMS et, par le fait même, la 6e édition du Ciné-Débat. Avec la présentation du documentaire Quand les pouvoirs s’emmêlent, le festival a frappé juste et fort et nous invite à cogiter un enjeu sociétal majeur. Qui a dit que le cinéma n’était qu’un bête divertissement?


Crédit Photo @ Cinoche

Partager cette publication

Laisser une réponse