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Le gel des frais de scolarité envisagé à la Faculté des sciences

Posted on 28 novembre 2013 by admin

Dans le cadre de sa campagne de financement, la Faculté des sciences envisage de créer un fonds dont les intérêts serviraient à annuler l’indexation des frais de scolarité décrétée par le gouvernement de Pauline Marois.

Nicolas Jourdain

La campagne de financement, qui a débuté en février, a largement dépassé son objectif de 600 000 $, ayant recueilli à ce jour près de 760 000 $ grâce aux dons des employés de la Faculté. Une différence marquée par rapport à la précédente campagne, pendant laquelle 165 000 $ ont été amassés.

Des discussions sur l’utilisation d’une partie des fonds amassés par la Faculté sont actuellement en cours entre Jean Goulet, vice-doyen à l’enseignement et responsable de la campagne de financement, et l’Association générale des étudiantes et des étudiants en sciences (AGES).

À ce montant s’ajoutera la contribution financière des entreprises, des retraités et des diplômés. « Le financement externe est habituellement dix fois plus important que le financement interne », soutient Jean Goulet. Si la même tendance est observée cette année, la somme amassée pourrait donc être bonifiée de plus de 7 millions de dollars.

La totalité des intérêts générés par les placements de la somme recueillie est retournée d’une façon ou d’une autre aux étudiants, particulièrement sous forme de bourses. Jean Goulet évoque la possibilité d’aller plus loin avec un projet commun rassemblant l’ensemble des étudiants de la Faculté.

Le vice-doyen explique qu’à la Faculté de génie, un projet commun de salon de création a été mis de l’avant. Or, les besoins matériels des étudiants de la Faculté de sciences étant très différents selon le département, le point commun se situe plutôt dans le domaine des frais de scolarité, d’où l’idée d’instaurer un véritable gel des frais de scolarité.

« Ce serait un clin d’oeil aux revendications étudiantes du printemps 2012 », mentionne Jean Goulet. Les crédits d’impôt accordés à la philanthropie sont en quelque sorte une contribution des gouvernements provincial et fédéral. »

Le vice-doyen souligne d’ailleurs que globalement, il y a une baisse d’inscriptions en science. Bien que l’impact des frais de scolarité sur les inscriptions soit incertain, il admet qu’il peut y avoir un effet psychologique ayant pour conséquence de décourager un élève du secondaire ou du cégep à poursuivre des études universitaires. « Plus une société est scolarisée, plus elle est libre », affirme le professeur, en espérant qu’un tel projet fasse augmenter le nombre d’inscriptions.

Selon lui, un fonds initial de 350 000 $ générerait suffisamment d’intérêts pour pallier à perpétuité l’indexation des frais de scolarité. Le fonds serait géré par la Fondation de l’Université de Sherbrooke, qui garantit un taux d’intérêt de 4 %. L’abolition complète des frais de scolarité avait été considérée, mais ensuite écartée, puisque le fonds initial requis aurait été trop imposant.

Vers une contribution étudiante?

Contrairement à la Faculté de génie, qui a dès le début obtenu la contribution de ses étudiants par le biais d’une cotisation automatique non obligatoire déjà en place, les responsables de la campagne interne de la Faculté des sciences voulaient d’abord démontrer que toute la communauté pouvait mettre la main à la pâte, à commencer par le personnel.

Maintenant que la preuve est faite, l’attention se tourne vers les étudiants. Du côté du Regroupement des étudiants-chercheurs en sciences de l’Université de Sherbrooke (RECSUS), un effort a déjà été réalisé, l’Association ayant doublé les dons de ses membres jusqu’à concurrence de 300 $. Il était également possible pour les étudiants diplomés de convertir leurs coupons de 5 à 8 en don.

« Nous croyons qu’il est important de soutenir la science et la recherche afin d’offrir un meilleur environnement de travail à nos membres, en plus de les soutenir financièrement. Nous voulons envoyer un message clair aux donateurs externes que c’est important pour nous et donc, que ça devrait l’être pour eux. Leur contribution va avoir un réel impact sur la vie et le travail de plusieurs jeunes chercheurs talentueux », affirme le président du RECSUS, Vincent Ducharme, qui est également l’un des responsables de la campagne interne.

Pour sa part, l’AGES n’a toujours pas pris de décision quant à sa participation dans la campagne de financement, mais le sujet devrait être discuté lors de son premier conseil des représentants de l’hiver, puis soumis à son assemblée générale annuelle. Sans sa contribution, la réalisation d’un projet de gel des frais de scolarité pour ses quelque mille membres est loin d’être assurée

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