Le gym de l’Université : un endroit sain pour tout le monde?

Par Judith Desmeules

Les femmes doivent traiter un enjeu bien existant lorsqu’elles pensent à s’entraîner en salle : se faire regarder, voire juger par la gent masculine lorsqu’elles sont en action. Énergie Cardio est d’ailleurs l’une des compagnies ayant pris le problème au sérieux en instaurant plusieurs gyms pour femmes seulement depuis la fin des années 90, les appelant Énergie Cardio pour Elle. Selon la coordonnatrice marketing Mariève Tardif, « le sentiment d’appartenance y est très développé [et] l’ambiance n’est pas intimidante ».

Ces endroits sont utiles, car effectivement, plusieurs femmes s’empêchent d’aller s’entraîner en raison des regards portés sur leurs formes ou leur poitrine. Les conséquences de ce problème semblent différentes pour chaque femme. Selon les commentaires de sportives, certaines ne se préoccupent pas d’être reluquées, ça ne les dérange pas, alors que d’autres au contraire apprécient de se faire regarder. Pour la plupart, il est difficile de se sentir comparée ou observée, surtout pour celles qui ne sont pas bien dans leur corps.

Le Centre sportif qui travaille pour tout le monde

Ceci étant dit, on doit se demander si le problème touche le gym de l’Université de Sherbrooke. Chose certaine, l’UdeS possède un règlement préventif pour ces situations : la politique sur le harcèlement sexuel. Effectivement, un gars qui reluque une fille au gym est considéré comme du harcèlement. Le règlement est clair : « Le Service du sport et de l’activité physique applique la politique en vigueur à l’Université de Sherbrooke. Cette politique vise à assurer à chaque membre de la communauté universitaire un environnement sain pour étudier, travailler ou se recréer. » Les filles jugeant leur droit brimé sont libres de porter plainte. Si un désagrément avait à survenir à l’Université, le Service des sports serait en mesure d’intervenir.

Selon les commentaires d’étudiantes utilisant la salle d’entraînement, la plupart ne remarquent pas de regards dérangeants. Cette information semble être confirmée par le fait que le directeur général du Service du sport et de l’activité physique n’a, à ce jour, reçu aucune plainte de la part d’utilisatrices se sentant brimées de leur droit de s’entraîner sans se faire harceler. Celui-ci affirmait aussi que des surveillants sont présents en permanence, donc cela pourrait expliquer pourquoi ce genre d’événement ne semble pas répandu en sol universitaire.

Un fléau qui ne touche certainement pas juste les filles

Il est facile de nous mettre d’accord sur le fait que le stéréotype des garçons reluquant les filles est en vigueur, mais on parle rarement du problème opposé. Pourquoi ne parle-t-on pas de cet enjeu qui devrait en principe paraître aussi important? Mesdames, ne mentez pas, nous sommes plusieurs à nous rincer l’œil au gym! Toutefois, il n’existe généralement pas de perception négative de la part des garçons qui seraient victimes de ce comportement de la part des filles. Les gars ne portent habituellement pas plainte et sont moins choqués de ce comportement ce qui montrerait encore une fois la différence entre les perceptions des sexes.

Il est bien difficile de dire si le gym du Centre sportif est un endroit complètement « sécuritaire » pour toutes utilisatrices moins à l’aise d’aller s’entraîner dans un gym mixte, mais une chose est certaine, il a sa part d’utilisatrices féminines et à ce jour, aucune plainte au dossier. Pour celles qui pourraient encore douter, de plus en plus d’options entièrement féminines s’offrent à vous, il ne manque plus qu’à les découvrir puisque toutes les raisons sont bonnes de vous garder en forme.


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