Par Simon RD 

Au printemps93, Thomas Sandstrom, ailier gauche des Kings de Los Angeles, allait vivre l’un de moments les plus historiques du hockey : le clin d’œil de Patrick Roy. Une nouvelle ère s’amenait-elle dans l’univers des gardiens? Depuis, non seulement les gardiens de but à Montréal ont fait leur place et semblent avoir gagné en notoriété comme jamais auparavant, le tout s’est parfois traduit en pression injuste à leur égard. S’inscrivent-ils finalement comme un mythe chez le bleu-blanc-rouge?  

Au début de la saison actuelle, le Canadien de Montréal enregistrait une série de victoires considérable, laissant presque croire que le «club» était enfin prêt pour atteindre la coupe Stanley que les «fans» attendent depuis 1993. Or, récemment, l’équipe a eu un parcours plutôt tumultueux et une question était sur toutes les lèvres des analystes sportifs et des gérants d’estrade également : Price est-il encore l’homme de la situation 

Cette tendance à mettre une pression indue sur le gardien de but à Montréal, est-elle devenue un réflexe tordu, car à quel point Price peut-il tolérer une telle pressionPar ailleurs, Marc Bergevin a mis à la porte Claude Julien pour ensuite remercier l’entraineur du gardien Stéphane Waite. Price avait alors devant lui un message qui disait : reviens et reviens vite. 

Néanmoins, Price ne semble pas être un cas si particulier. En effet, souvent, une pression énorme est mise sur un gardien, ou encoreun gardien devient automatiquement une vedette ultra médiatisée chez le bleu-blanc-rouge. Cela porte à se demander si les gardiens n’incarnent pas un certain mythe, le mythe du grand sauveur, d’une légende vivante qui mènera l’organisation vers la gloire et le prestige.  

Carey Price est certes une légende vivante, par la façon dont l’organisation et les médias semblent vouloir le construire, mais ce qui paraît chicoter le plus les gens, c’est le fait que lui, il aime être «low profile» et il réussit quand même assez bien. Effectivement, on en sait trop peu sur ce qu’il pense et sur sa vie personnelle. Allons donc voir, un peu dans lhistoire, depuis la dernière coupe Stanley, le traitement réservé à dautres gardiens de but. 

Les gardiens sous pression 

Depuis bien longtemps, les gardiens de but semblent effectivement être représentés comme des légendespar exemple Jacques Plante, gardien mythique du Canadien de Montréal. Cependantc’est devant l’attitude et le charisme de Roy que le traitement autour des gardiens semble s’être modifié. Depuis le début des années90, on a l’impression que le gardien a été transformé en superstar à Montréal et cela implique certainement un niveau de pression inimaginable 

Nous avons vu Jocelyn Thibault garder les buts. Thibault arrivait pour remplacer Patrick Roy alias «Casseau», après un départ très amer de Montréal. Ce dernier s’était disputé avec l’ancien entraineur des Canadiens, Mario Tremblay. Thibault avait alors définitivement beaucoup de pression et de plus, un jeune gardien talentueux s’amenait dans le paysage de l’équipe, José Théodore. 

Dans une entrevue que Jocelyn Thibault a donnée sur les ondes de TVA Sportsce dernier a même affirmé que la pression était tellement forte pour lui qu’il a demandé, à l’été et avant la saison98-99, une transaction.  

Bien entendu, il se pourrait que la situation soit un peu similaire dans les autres équipes de la LNH. Toutefois, il semble toujours y avoir ce genre de compétition malsaine que les médias et le public génèrent quand un gardien connaît de bons ou de mauvais moments. L’art de garder les buts devient pratiquement un téléroman à Montréal. 

Parlons aussi de José Théodore. Une ancienne vedette à Montréal et gagnant du Trophée Hart qui désigne le joueur le plus utile à son équipe, dans ses belles années. Sans compter qu’il fréquentait le «show bizz» étant donné sa relation amoureuse avec Stéphanie Cloutier. José Théodore a été un gardien de but de talent et une flèche montant dans la LNH. Le public aimait Théo.  

Mais, aussitôt que son rendement a diminué, un battage médiatique s’est produit concernant quelques fautes dans son parcours hors glace. Il a alors été échangé chez l’Avalanche en 2006 contre David Aebisher 

Fait intéressant, après l’échange et avant la partie qui devait avoir lieu entre les Canadiens et l’Avalanche du Colorado, RDS avait rapporté que certains partisans du CH et ses dénigreurs espéraient voir Théodore jouer pour le huer… De héros à zéro comme beaucoup d’autres gardiens. Il faut se rappeler que José Théodore avait sûrement permis à Montréal, aux débuts des années2000, de faire les séries éliminatoires après une longue absence dans cette compétition.   

Les héros et le mythe 

Un autre aspect très intéressant à explorer est l’idée du prodige qu’on veut voir détrôner le gardien numéro un : vive le roi, le roi est mort! Pensons aux jeunes numéros deux qui ont su faire douter les partisans concernant la pertinence des grands gardiens qui incarnent le mythe : Mathieu Garon, Jeff HacketJaroslav Halak et maintenant Jake Allen… ou presque. Une vraie saga! Des gardiens numéro deux qu’on a vus, ou qu’on verra comme ceux qui sont élus pour déloger le roi en place.  

Quand on regarde l’ensemble du battage médiatique autour des gardiens de but des Canadiens de Montréal, on a l’impression que les gardiens représentent quelque chose comme un mythe. Une pression énorme et toxique pèse sur ces joueurs talentueux, dans l’espoir de les voir nous ramener la coupe Stanley. Patrick Roy serait-il l’instigateur du «rôle» du gardien héros, chez les partisans du Canadien de Montréal?  

Il faut se rappeler que même au-delà de l’attitude fracassante et de la personnalité du Casseau, il est le dernier gardien qui «nous ramené» les deux dernières coupes Stanley, faisant de lui le dernier sauveur de la Sainte Flanelle.

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