Le nouveau cabinet fantôme : l’occasion d’enterrer la hache de guerre

Par Marc-Alexis Laroche

Au cours de la soirée du 7 octobre dernier, il fut possible de connaître en direct l’identité du nouveau chef du Parti Québécois à la suite des résultats du vote organisé par le parti. C’est Jean-François Lisée qui en est ressorti grand vainqueur avec 50,63 % d’appuis après seulement deux tours de scrutin. Bien que son élection au rôle de chef de l’opposition soit un moment important pour le Parti Québécois, plusieurs attendaient avec impatience le dévoilement de la composition de son cabinet fantôme. L’Assemblée nationale définit le concept de cabinet fantôme comme étant « l'ensemble des députés de l'opposition officielle agissant comme porte-parole de leur parti dans les divers domaines d'intervention de l'État ». Ainsi, chaque député se voit attribuer un domaine d’intervention et son rôle est d’agir comme critique de ce domaine face au gouvernement. Il est donc primordial de placer des gens d’expérience dans certains domaines clés afin d’être en mesure de bien questionner et parfois même déstabiliser le gouvernement.

Toutefois, la composition du cabinet fantôme de Jean-François Lisée allait sans aucun doute retenir l’attention. Il est essentiel de rappeler que la course à la direction du Parti Québécois fut âprement disputée, ce qui a parfois laissé quelques remous entre certains candidats. Il était donc intéressant d’observer si la course à la direction avait pu laisser quelques cicatrices au sein des relations entre les candidats à la direction. En observant la composition du cabinet, il y a lieu de conclure que ce ne semble pas le cas.

Alexandre Cloutier, qui était le meneur au début de la course, reprend ses fonctions comme critique en matière d’éducation. C’est d’ailleurs son travail de député dans ce domaine qui lui avait permis de se faire connaître et remarquer par plusieurs membres de son parti. Martine Ouellet, quant à elle, se voit attribuer un nouveau poste. Elle est maintenant critique en matière de culture et d’économie numérique. Celle-ci avait d’ailleurs affirmé vouloir occuper ce poste en conférence de presse, elle qui avait pris position pour nationaliser internet durant la course à la direction du parti. De son côté, Paul Saint-Pierre Plamondon, qui n’est pas élu comme député à l’Assemblée nationale, fut nommé au poste de conseiller spécial du Parti Québécois. Jean-François Lisée a d’ailleurs affirmé lors d’une entrevue radio que Paul Saint-Pierre Plamondon serait chargé de renouveler le Parti Québécois et de mener des consultations publiques auprès de la population. Véronique Hivon, qui avait dû se retirer de la course à la direction du parti en raison de problèmes de santé, occupera le poste de critique en matière de justice et de réforme des institutions démocratiques.

Il est donc possible d’observer que Jean-François Lisée semble vouloir profiter de cette occasion afin d’envoyer le message que le Parti Québécois est maintenant réuni et qu’il suit une seule et même direction. Néanmoins, il sera intéressant d’observer si cette unification saura durer sous le règne de Jean-François Lisée, qui a promis de ne pas tenir de référendum lors d’un premier mandat au pouvoir, position qui ne fait pas l’unanimité au sein de son parti.


Crédit photo © Montreal Gazette

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