Par Megan Morin-Gendron

CRITIQUE/L’auteur-compositeur-interprète Frank Custeau, qui dit faire partie de la génération Xénial, a sorti un tout nouvel album de style thérapeutique qui fera du bien à plus d’un! Ne se sentant ni dans la génération Y ni dans la génération X, la génération Xénial (un mélange des X et milléniaux) s’est bien collée à lui, de là le nom de l’album.  

Sûrement que certains connaissent Frank Custeau par le groupe Les conards à l’orange, un groupe pionnier du ska-punk, où il a commencé sa carrière. Lorsque le groupe s’est dissout, en très bons termes, Frank Custeau a eu une révélation de partir en solo: explorer ce monde de la musique pour se dévoiler encore plus. 

Ce deuxième album autobiographique, Xénial Blues, en dévoile davantage sur ce chanteur estrien pour qui la gêne, la vérité et la transparence ne sont pas tabous. Bien au contraire, nous avons là une magnifique exposition de sa personne. En réalité, l’inspiration de base lui est venue par sa crise de la mi-trentaine«J’avais le sentiment que ma vie et celle de mes amis prenaient des voies complètement différentes et ça me rendait triste et anxieux», explique-t-il en entrevue téléphonique.  

Pour lui, ce que ses amis accomplissaient n’était pas quelque chose qui le faisait rêver, comme le témoignent la musique et la première chanson de son album. «C’est un peu la bougie d’allumage de tout l’album, c’est par rapport à ma gang proche où nos chemins se séparent», mentionne Frank Custeau. Le sentiment au cœur de cet album est l’impression qu’il était resté dans son rêve de jeunesse, et que ses amis avaient des accomplissements et pas lui. 

Cette œuvre musicale nous amène à entrer dans la vie plus intime du chanteur, à comprendre son inspiration, ses doutes et ses incertitudes. C’est pour lui un exutoire, un journal intime, une belle façon de sortir de l’anxiété. Surement que certains se reconnaîtront et trouveront que c’est un album de type thérapeutique et réconfortant pour le moral. 

Une pandémie qui donne un magnifique résultat 

Comme pour plusieurs, la pandémie a causé de l’anxiété chez Frank Custeau. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé sans emploi et sans date de spectacle. «Ça été très dur au début, j’étais barman dans une salle de spectacle et nous avons été les premiers tassés, donc j’ai perdu mon job super vite, on ne pouvait plus faire de show ou travailler au bar. J’étais tout seul en appartement et il y a eu une dégradation de ma santé mentale», explique-t-il en toute transparence.  

Il a néanmoins réussi à retrouver le moral en allant se réfugier à la campagne avec sa copine, où il a retravaillé ses chansons. «Avoir un deadline, ça m’a donné un boost incroyable, et quand tu vois que les chansons s’empilent, ça donne envie de continuer à écrire. J’avais le temps de travailler sur mes chansons, et j’ai travaillé fort, et ça m’a vraiment sauvé la vie», déclare le chanteur, heureux.  

Pour ce chanteur dévoué, la pandémie lui aura apporté du temps pour travailler et se discipliner pour offrir à son public un magnifique album, dans lequel vous y verrez une certitude, une confiance en lui. Il savait où il s’en allait et avait une vision d’ensemble. Ses choix sont totalement assumés et véridiques. Un album qui vous fera voyager l’instant d’un moment pour vous libérer de votre quotidien.  

Si la situation le permet, il y aura un lancement pour l’album Xénial Blues au mois de mai. Ce sera un spectacle devant public, sinon un plan B est préparé pour permettre un spectacle virtuel, indique le chanteur. 

« Je m’en vais faire des patates au four, si ça peut inspirer en certains!» a déclaré avec humour Frank Custeau à la fin de l’entrevue.


Source photo @ Slamdisques  

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